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Amazonia, Patrick Deville (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 29 Août 2019. , dans La Une Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Les Livres, Roman, Seuil

Amazonia, août 2019, 304 pages, 19 € . Ecrivain(s): Patrick Deville Edition: Seuil

 

Peut-on parler de « roman » à propos de ce livre ? Jacques Lacan se demandait un jour dans quelle encyclopédie on pouvait trouver l’encyclopédie qui contient toutes les encyclopédies. Peut-être est-ce là la tentative (pathétique) de Deville.

Commençons par dire que, de la plume de Deville, on ne doit pouvoir compter que 15 à 20% (au mieux) de ce livre. Le reste, tout le reste, est visiblement un assortiment de copiés/collés venus d’œuvre diverses, de livres d’histoire, de livres de voyages, de biographies etc. Une sorte de macédoine – hélas des plus indigestes – de bouts d’œuvres plus ou moins connues, essentiellement obscures, dont la longue liste mise en fin d’ouvrage ne dit à aucun moment quel morceau vient de quelle œuvre – ce qui constitue une bien étrange conception du référencement littéraire.

Régulièrement, on a même droit à des pages entières du genre Wikipédia et son éphéméride. Pardon d’avance pour la relative longueur de la citation mais elle s’impose, d’autant que Deville y avoue au début toute la méthode de son travail (« je reprenais ces histoires assemblées autour d’Iquitos »). Il s’agit donc ici de l’année 1860.

La Terre invisible, Hubert Mingarelli (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 27 Août 2019. , dans En Vitrine, La Une Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Les Livres, Roman, Buchet-Chastel

La Terre invisible, août 2019, 182 pages, 15 € . Ecrivain(s): Hubert Mingarelli Edition: Buchet-Chastel

 

Que dire après avoir vu ce qu’ont vu les libérateurs des camps d’extermination ? Que dire après avoir vu l’indicible ? Le narrateur de ce roman – le seul personnage à n’avoir pas même de nom – se pose la seule question possible : avons-nous vraiment vu ce que nous avons vu ?

Que dire ?

« Soudain je me penchai vers Collins et lui dis dans un demi-sommeil et sans vraiment réfléchir :

Collins, qu’est-ce que nous avons vu là-bas ? »

L’entrée dans le Camp a tous les traits d’un cauchemar debout, enfoui dans un silence effroyable. L’écriture même de Mingarelli ne trouve plus son souffle dans une interminable phrase.

Un monstre et un chaos, Hubert Haddad (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 22 Août 2019. , dans En Vitrine, La Une Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Les Livres, Roman, Zulma

Un monstre et un chaos, août 2019, 352 pages, 20 € . Ecrivain(s): Hubert Haddad Edition: Zulma

 

C’est dans un voyage au bout du cauchemar que nous emmène Hubert Haddad dans ce roman. Du Shtetl misérable de Mirlek au Ghetto de Lodz, jamais l’horreur ne lâchera le jeune héros de cette histoire. Il y a eu, bien sûr, d’autres fictions situées dans le même cadre, mais Haddad nous prend au cœur par un parti-pris d’intimité. Il dit non seulement le malheur collectif, mais la redéposition de ce malheur sur un enfant solitaire de douze ans qui doit tout inventer pour survivre. Et c’est sur les traces de cet enfant à qui on a tout pris – famille, frère jumeau, maison, table où se nourrir et jusqu’à l’identité – que nous traversons les ruelles et rues dévastées de Lodz en son Ghetto, les lieux où l’humanité (peut-on encore l’appeler ainsi ?) a atteint l’extrême limite de l’Enfer sur terre, les lieux où s’écrivent les traces indélébiles de la sauvagerie des hommes envers des hommes, les lieux enfin qui resteront à jamais inscrits dans la mémoire des êtres de conscience.

Au Pays des choses dernières, Paul Auster (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 04 Juillet 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Cette semaine, Les Livres, Babel (Actes Sud), Roman, USA

Au Pays des choses dernières (In The Country Of Last Things), trad. américain Patrick Ferragut, 267 pages, 7,70 € . Ecrivain(s): Paul Auster Edition: Babel (Actes Sud)

 

Où est Anna Blume ? Elle a assurément quitté ses pénates pour aller se perdre – à jamais ? – dans une ville effrayante, lieu des plus grands désordres qu’elle ait jamais connus, un quelque part de terreur, de douleur et de misère. L’épigraphe du roman, signée Nathaniel Hawthorne, est seule à donner nom à cette ville sans nom.

 

« Il n’y a pas si longtemps, ayant fran-

chi les portes du rêve, j’ai visité cette

Région de la terre où se trouve la

Célèbre Cité de la Destruction ».

La Maison d’Haleine, William Goyen (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 27 Juin 2019. , dans La Une Livres, Critiques, Cette semaine, Les Livres, Roman, USA, Gallimard

La Maison d’Haleine, William Goyen, trad. américain Maurice-Edgar Coindreau, 250 pages, 7,20 € . Ecrivain(s): William Goyen Edition: Gallimard

 

Il faut imaginer un William Faulkner qui serait un pur poète pour se faire une idée de ce roman sudiste, plein d’une nostalgie qui jouxte le désespoir. Un chef-d’œuvre littéraire à placer au plus haut des joyaux du Sud. Et traduit par l’immense Maurice-Edgar Coindreau, autant dire une priorité de lecture absolue.

La Maison d’Haleine est située à Charity, au Texas qui, un temps, a connu le bonheur.

« C’était une grande maison, vaste, vivante, traversée dans toute sa longueur par un long corridor ; et beaucoup de personnes y habitaient : Aunty, l’oncle Jimbob, Tante Malley, l’oncle Walter Warren, Christy, Grand’Maman Ganchion, et tous les cousins et cousines, grands et petits : Swimma, Follie, Barryben, Jessie, Maidie, tous – même miss Hattie Claig qui vint habiter avec nous ».