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Murambi, le livre des ossements, Boubacar Boris Diop

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mardi, 27 Septembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Afrique, Roman, Zulma

Murambi, le Livre des ossements, avril 2011, 269 pages, 18 €, réédition 11 ans après la sortie du livre, assorti d’une postface. . Ecrivain(s): Boubacar Boris Diop Edition: Zulma

 

Et puis, il y a ce livre là…

Rwanda des grands lacs de sang – on connaît tous : génocide, Hutu, Tutsi, machettes, images, récits, souvenirs – 1994, cadavres basculés par le lac Victoria au pays voisin des safari de lumière… débats ; rôle des occidentaux, la main sur le cœur – la France, notamment ; le passé qui ne passe pas, une fois de plus ; silence assourdissant du monde : « la coupe du monde de foot allait bientôt débuter aux États-Unis, rien d’autre n’intéressait la planète… la même vieille histoire de nègres en train de se taper dessus »… On en a lu des livres et, des beaux – pensons à Dans le nu de la vie et Une saison de machettes de Jean Harzfeld ; on en a entendu des témoignages qui laissent sans voix…

Mais il y a ce livre là… des pages serrées, millimétrées, tressées de phrases sèches qui disent tout : « sur cette rivière, le Nyabarongo, on a dénombré pendant le génocide jusqu’à 40.000 cadavres en train de flotter en même temps. On ne pouvait même plus voir l’eau… ».

Barroco tropical, José Eduardo Agualusa

Ecrit par Pierre Barbier , le Mardi, 27 Septembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Langue portugaise, Métailié, La rentrée littéraire

Barroco tropical, traduit du portugais (Angola) par Geneviève Leibrich, 276 pages, 19 € . Ecrivain(s): José Eduardo Agualusa Edition: Métailié


Du baroque, Agualusa semble retenir au moins le « maniérisme », c’est à dire l’usage exacerbé d’artifices. Barroco tropical est un vrai feu d’artifices. On ne sait plus où donner de la tête et des yeux tant la désorientation (organisée) fait littéralement imploser le lecteur.

Serait-ce une des singularités des Tropiques ? L’auteur nous la fait partager en tout cas. Et ce Tropique, baroque, n’est pas triste.

Imaginez, une femme tombe du ciel (ça n’arrive pas tous les jours), votre maitresse vous quitte (ça arrive plus souvent, surtout quand il s’agit d’une maitresse), et, du coup (tropisme du pli et du dépli ?) le narrateur décide (ou ne décide pas, c’est sans doute un destin) de chercher, quêter, enquêter…

Dès lors les phénomènes deviennent phénoménaux – sans blague.

Et les personnages, bien campés et concrets, défilent et déferlent dans des tableaux d’une exposition littéralement explosive.

Sunset Park, Paul Auster

Ecrit par Yann Suty , le Dimanche, 25 Septembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, USA, Roman, Actes Sud, La rentrée littéraire

Sunset Park, septembre 2011, 320 pages, 22,80 € . Ecrivain(s): Paul Auster Edition: Actes Sud

Il paraît bien loin le temps des livres majeurs. De ces œuvres qui marquent durablement, comme Paul Auster en a publié entre la fin des années 80 et le début des années 90. Un âge d’or, une période de grâce, avec des livres comme Cité de verre, La Chambre dérobée, Leviathan ou La Musique du hasard. Et puis, il y a ensuite comme une cassure, qu’on pourrait dater de l’époque de Smoke, le film (d’ailleurs fort charmant et habile) dont Paul Auster signa le scénario pour Wayne Wang. Est-ce que le cinéma a dynamité la verve créatrice de l’écrivain new-yorkais ? Car après cette première incursion avec lendemain, Paul Auster ne nous livra plus d’œuvres aussi mémorables. Il baissa d’un cran. Il alterna les ouvrages de bonne facture, mais qui n’atteignirent pas des sommets (La Nuit de l’oracle, Le livre des illusions), avec d’autres moyens, voire franchement médiocres (Tombouctou, Seul dans le noir).

Et Sunset Park, dans quelle catégorie est-il à ranger ?

Ça commence bien, même très bien, comme du bon Paul Auster. Le livre raconte l’histoire d’un homme, Miles Heller qui, rongé par la culpabilité après avoir provoqué la mort de son demi-frère, Bobby, a tout claqué. Il a abandonné ses études, quitté le domicile new-yorkais parental pour errer de petits boulots en petits boulots. Sept ans plus tard, il se retrouve à Miami, en Floride, à vider les maisons  abandonnées en hâte par leurs habitants victimes de la crise des subprimes.

Tom Waits, une biographie, Barney Hoskyns

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 25 Septembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, USA, Biographie, La rentrée littéraire, Payot Rivages

Tom Waits, une biographie. Traduit de l'anglais (USA) par Corinne Julve.Septembre 2011. 450p. 23€ . Ecrivain(s): Barney Hoskyns Edition: Payot Rivages


Small Change got rained on with his own thirty-eight,

And nobody flinched down by the arcade

And the marquees weren't weeping, they went stark-raving mad,

And the cabbies were the only ones that really had it made

And his cold trousers were twisted,

And the sirens high and shrill,

And crumpled in his fist was a five-dollar bill


(…)


Printemps, Mons Kallentoft

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 24 Septembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Polars, Pays nordiques, Le Serpent à plumes, La rentrée littéraire

Printemps, traduit du suédois par Frédéric Fourreau, 2011, 549 pages, 24€. . Ecrivain(s): Mons Kallentoft Edition: Le Serpent à plumes

Encore un polar suédois, me direz-vous ! Et oui, encore un et nous irons même jusqu’à vous présenter la quatrième aventure d’un de ces incontournables inspecteurs venus du froid. Après Hiver, Eté et Automne, Mons Kallentoft poursuit sa méthodique variation sur les saisons et aboutit à un Printemps où les désirs se réveillent avec violence, où les espoirs de renouveau se heurtent au passé, prégnant et tourmenté.

En ce matin de mai 2010, les habitants de Linköping savourent l’insouciance et les rayons du soleil retrouvés. Sur la place principale, les terrasses sont remplies et une mère et ses deux fillettes dévorent un sandwich. Le vide se fait, un grand souffle emporte cette vision idyllique, ne laissant plus que des amas de chair, des débris et un sentiment d’hébétude. Puis viennent l’affolement, les cris, la douleur. Une bombe vient de pulvériser une banque et toutes les certitudes.

La police enquête sur les inévitables réseaux terroristes de tous poils, barbus ou chevelus, défenseurs de la foi ou de la sainte nature. Sans aucun résultat probant. Ici intervient notre héroïne, Malin Fors, mère plutôt indigne, en proie à ses démons, tentant de ne pas replonger dans l’alcool. Un flic femme qui ne fait pas dans la dentelle et qui a des intuitions peu avouables dans un univers de déductions et de preuves tangibles.