Identification

La Une Livres

Comme chiens et chats. Histoires de frères et soeurs

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 08 Juillet 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Nouvelles, Thierry Magnier

Comme chiens et chats. Histoires de frères et sœurs, collectif, 2011, 159 p. 9 € Edition: Thierry Magnier

Neuf nouvelles autour des relations fraternelles, neuf approches différentes et sensibles qui toucheront, questionneront et amuseront les adolescents et, comme tout bon ouvrage de littérature jeunesse, leurs parents.

« La randonnée du quinze août » de Véronique M. Le Normand réunit une fratrie devenue adulte pour un rituel estival imposé par les parents. Le cadet des quatre enfants y rejoue le scénario sans cesse répété du vilain petit canard, mais trouve cette fois sa place, sans « la douloureuse sensation de nager à contre-courant ». Un fils cesse d’être unique, adoptant son grand frère sans retenue, à la différence des adultes rétifs et méfiants face à une paternité mise en doute. Une adolescente parvient à faire disparaître par magie son horrible petite sœur et n’aura de cesse de la retrouver. Florence Thinard souligne que le lien qui se tisse entre sœurs n’est pas seulement le fait d’une relation de famille mais le fruit de rencontres et de coups de cœur. « Mes parents m’ont donné un frère et la vie m’a offert des sœurs ». Avec un frère ou une sœur, on se perd de vue car l’un des deux a déjà mis un pied dans le monde adulte, parce qu’il souffre ou a sombré dans une addiction. Mais ce lien ineffable et complexe n’a de cesse de se recréer, de se refondre à chaque étape de la vie.

Rosa, Jonathan Rabb

, le Jeudi, 07 Juillet 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Polars, USA, 10/18

Rosa, Trad. De l’anglais (USA) par Eric Moreau. Grands détectives, 567 p., 9,40 € . Ecrivain(s): Jonathan Rabb Edition: 10/18


La collection « Grands détectives » investit, comme on sait, lieux et époques les plus divers, parfois les plus originaux. Cette fois, c’est l’Allemagne d’après la Grande Guerre, le Berlin de 1919, quelques semaines après la Révolution spartakiste, quelques jours après le meurtre de Rosa Luxemburg, qui avec Karl Liebknecht la fomenta et en fut la théoricienne (on profitera de l’occasion pour aller (re)lire ses écrits).

Rosa Luxemburg donc, dont la disparition du cadavre puis sa réapparition plusieurs mois après, qui souleva bien des mystères, constitue la trame de l’intrigue, où se mêlent aussi tueur en série (inévitable) et complot d’extrême-droite (inévitable aussi).

L’époque est rendue avec un souci de réalisme, voire de pédagogie, l’action très détaillée, les personnages crédibles ; tandis que l’atmosphère est assez captivante, avec quelque chose d’un film expressionniste, entre ombres et lumières, nuits, réverbères et blancheurs hivernales, quelque chose qui, plus avant, pourrait rappeler M. le Maudit.

Métamorphose du sentiment érotique, Jean-Jacques Pauvert

Ecrit par Laurence Pythoud Grimaldi , le Dimanche, 03 Juillet 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais, Jean-Claude Lattès

Métamorphose du sentiment érotique, 2011, 348 p. 20€ . Ecrivain(s): Jean-Jacques Pauvert Edition: Jean-Claude Lattès


Le sentiment érotique… Georges Bataille, cité par Jean-Jacques Pauvert, écrivait dans ses notes : « Science sexuelle égale rien ». Ici tout l’enjeu de ce très précis et précieux voyage du dit du sexe à travers le temps, les pays et les gens. Un véritable manuel d’histoire mondiale de l’érotisme en littérature, mais où la France apparaît le centre, par sa langue et son esprit d’emblée faits, dirait-on, pour l’imaginer et le dire. La liberté, mais le secret. Pendant très longtemps. Le meilleur aiguillon sans doute, cette tension.

Sentiment… chaque mot compte. Et dans le domaine érotique, plus encore qu’en tout autre. Sentiment ? Le mot interpelle. Oui, sentiment. Mot flou, mais puissant parce que troublant. Vague, on dirait un parfum. Mais bien réel. Parfait en somme pour qualifier érotique. Tout est dans le sentiment quand il s’agit de parler d’érotisme. Une manière peut-être de clore un instant le sempiternel débat entre érotisme et pornographie, lassant et très usé. Abscons, définitivement.

Truffé de citations, grandement documenté (sans être indigeste, ni élitiste), ce livre engage le lecteur sur un mode gourmand (la curiosité) et subtil (la séduction).

Berthe au grand pied, épouse et mère de rois ... Martina Kempff

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 03 Juillet 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Actes Sud

Berthe au grand pied, Epouse et mère de rois, de Pépin le Bref à Charlemagne, trad. de l’allemand par Claude-Cyrille Laurent, 2011, 303 p. 24 €. . Ecrivain(s): Martina Kempff Edition: Actes Sud


Figure légendaire au nom bien connu, Berthe au grand pied appartient pourtant à la longue liste de personnages méconnus de notre histoire. De cette reine si puissante ne demeurent qu’un sobriquet et des informations fort lacunaires. Le roman de Martina Kempff la met en scène magistralement, comblant les creux de la biographie par une fiction prenante, explorant un Moyen Age complexe et tourmenté d’où émergent la dynastie des Carolingiens et le pouvoir papal.

Le roman se construit sur un habile jeu de suspensions, de révélations autour d’un échange d’identités qui donnera toute sa complexité au personnage éponyme. Liutberga, sœur de lait de Bertrade, épouse à sa place le futur roi Pépin. Eloignée pour un temps de sa fonction, dépouillée de son honneur et de ses privilèges, devant dissimuler son nom, Berthe de Laon survit parmi les humbles avant de se réfugier incognito auprès de son aïeule Bertrade l’Ancienne, fondatrice de l’abbaye de Prüm. Commence un long apprentissage qui développera les qualités de la future reine avant la découverte du subterfuge des vassaux félons.

Ces missiles d'allégresse, Anna Jouy

Ecrit par Cathy Garcia , le Dimanche, 03 Juillet 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Poésie, Atlantique

Avec une reproduction de Rouge de Zèbre, collage de Cathy Garcia. Edition à tirage limité et numéroté – 45 pages - 15 € . Ecrivain(s): Anna Jouy Edition: Atlantique

 

Et la femme fut… Et la femme fuit, de toute part, comme une passoire, et s’enfuit en flaques,


comme un étang pris entre deux écluses

comme une flaque


en rivières,


batik de soupirs teinture de lapements assurant les rivières

incrusté du venin d’ecchymoses

aspire tantôt au puits,