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L'invention du désir, Carole Zalberg

, le Jeudi, 03 Novembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Editions du chemin de fer

L’invention du désir, novembre 2010, 80 p. 14 € . Ecrivain(s): Carole Zalberg Edition: Editions du chemin de fer


C’est l’histoire d’une relation extraconjugale entre deux individus chacun en couple de son côté. L’histoire de la naissance du désir, de l’aveu de cette naissance, de sa concrétisation, jusqu’à ce qu’il se confronte à la réalité, au matériel, au pratique, au terre-à-terre qui semble si peu fait pour aller avec lui.

Sur les circonstances de la rencontre, on ne saura rien, si ce n’est qu’elle n’a pas été provoquée pour combler un quelconque manque : « Car c’est tout l’impossible de toi et moi : tu n’es pas arrivé parce que ma vie ne me suffisait pas » (page 60).

C’est aussi ce qui fait la beauté de cette chose, et sa dureté, car la fin en est connue depuis le début – même si la fin peut-être ne viendra pas, se confondant avec l’éternité.

Le mot adultère ne sera pas prononcé, car le sujet n’est pas les autres – mais eux ; et finalement, quel mal est fait ?

Mort de Bunny Monro, Nick Cave

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 01 Novembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Iles britanniques, Points

La mort de Bunny Munro, Flammarion 2010 (Points Seuil 2011). 336 p. 20 € . Ecrivain(s): Nick Cave Edition: Points

Nom Munro, Bunny Munro. Sa marque de fabrique : une valise remplie d'échantillons, une cravate parsemée de lapins, un sourire enjôleur, une mèche folle qui accroche les cœurs, un charisme certain, un humour estampillé macho plein de préjugés mais si sympathique, une énergie sexuelle frôlant le priapisme. Bunny Munro est le seigneur de la côte méridionale qu'il parcourt, avec fierté, au volant de sa Punto, vibrant sur Spinning Around de Kylie Minogue. Il règne sans concurrence sur une clientèle féminine avide de rêves en tubes, de lendemains qui chantent en onction huileuse, d'un peu de tendresse et de sexe rapide. Bunny Munro, ivre de jour comme de nuit, vend de la jeunesse virtuelle et de l'orgasme au kilo. Il est le héros d'un Californication où le représentant a remplacé l'écrivain, où les beautés bronzées sont doublées par des ménagères en survêtement ou des adolescentes au sourire grillagé. De temps en temps, il vient se ressourcer auprès de son épouse Libby et de son fils de 9 ans Bunny Junior. Ce Don Juan des banlieues britanniques voit son univers s'écrouler lorsque sa femme a la bonne idée de se suicider. Embarquant son fils dans sa Bunny mobile, il entreprend d'apprendre le métier à sa descendance et de profiter au passage de toutes les femmes disponibles.

L'Estivant, Kazimierz Orlos

, le Lundi, 31 Octobre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Pays de l'Est, Roman, La rentrée littéraire, Editions Noir sur Blanc

L’Estivant, trad. du polonais par Erik Veaux, août 2011, 128 p. 14 € . Ecrivain(s): Kazimierz Orlos Edition: Editions Noir sur Blanc


Il y a 50 ans, le narrateur a aimé Mirka, un premier amour adolescent lors de vacances au bord de la mer. Mirka est tombée enceinte, l’a écrit au narrateur.

Cinq décennies plus tard, celui-ci retrouve les lettres qu’il avait fait sortir de sa mémoire. A présent qu’il a construit sa vie, il ressent le besoin de partir à la recherche de ce passé-là, de retrouver Mirka, et leur enfant.

Il quitte le domicile familiale et part ; chemin faisant, il raconte sa quête à son fils officiel.

« J’ai mis bout à bout cette histoire à partir de notes éparses, de feuilles de cahier arrachées, de griffonnages sur des bouts de serviettes en papier du restaurant La Frégate. Et même de coupures de journaux. J’ai commencé à rédiger en novembre et fini en décembre 2003. J’ai tout mis en ordre. Rajouté par ici, enlevé par là. Aligné les jours, les semaines. Qu’après ma mort, le destinataire reçoive un texte clair. Simple, même si l’histoire elle-même, évidemment, n’est pas simple. Voici donc le texte que je destine à mon fils » (page 7).

Le Grand Partout, William T. Volmann

Ecrit par Yann Suty , le Dimanche, 30 Octobre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, USA, Récits, Actes Sud, La rentrée littéraire

Le Grand Partout (Riding Toward everywhere), (2011), trad. de l’américain par Clément Baude, 240 p. 22 €, . Ecrivain(s): William T. Volmann Edition: Actes Sud

Le Grand Partout est le récit d’un périple mené à travers les Etats-Unis par William T. Vollmann, selon la méthode hobo. Suivant les traces d’illustres prédécesseurs comme Henry David Thoreau, Ernest Hemingway, Thomas Wolfe ou Jack Kerouac, Vollmann a pendant de longs mois sillonné le pays en grimpant dans des trains de marchandises, en toute illégalité.

Pendant des heures, il se retrouve à guetter un train dans lequel il pourra sauter, un train dont il ne connaît pas toujours la destination.

« Comme je n’avais aucune raison d’y aller, je me suis embarqué pour Cheyenne ».

Il doit aussi veiller à éviter les « bourrins » les forces de sécurité ferroviaire dont certains membres ont la violence plus que facile envers les hobos qui resquillent.

Le but de Vollmann, comme celui de nombreux hobos qu’il croisera, et avec lequel il fera un bout de route, est d’atteindre « le Grand Partout », où se trouve la légendaire Montagne Froide, lieu mythique décrit par des sages chinois … mais qui ne pourrait s’avérer qu’un leurre.

Beat Hotel, Barry Miles

Ecrit par Didier Bazy , le Dimanche, 30 Octobre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais, Biographie, La rentrée littéraire, Le Mot et le Reste

Beat Hotel, trad. de l’anglais Alice Olatron, septembre 2011, 300 p. 23 €. . Ecrivain(s): Barry Miles Edition: Le Mot et le Reste

Generation B. Aujourd’hui, chacun se prend pour une grande star de la création artistique. Dit Jérôme Bourgeois. Sans doute se rappelle-t-il le mot de Warhol en 1968 : Dans le futur, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale. Nous sommes, à présent, dans le futur. Et ce futur-ci est notre présent. Et Jérôme Bourgeois n’aura pas forcément droit ici à son quart d’heure.

Bien avant la X Generation, il y eut la Beat Generation. C’est Kérouac qui lança la formule en 1948.  Holmes en publia le manifeste dans le New York Times Magazine, le 16 Novembre 1952 : The origins of the word « beat » are obscure, but the meaning is only too clear to most Americans. More than mere weariness, it implies the feeling of having been used, of being raw. It involves a sort of nakedness of mind, and, ultimately, of soul ; a feeling of being reduced to the bedrock of consciousness. In short, it means being undramatically pushed up against the wall of oneself.

Le mouvement Beat est né contre les préjugés et le puritanisme américain d’après-guerre. Alcools, drogues et délires doivent être repensés en termes d’effets et non de causes. Produit par et surtout dans le Système (ici réhabilité…), le mouvement Beat est dépréciation revendiquée par ironie sur son sort, synchronisation et coïncidence, instantanés et connexions, arc électrique tendu en vécu expérimental et Universel historique.