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Critiques

Poèmes du festin céleste, Jean-Yves Masson

Ecrit par Didier Ayres , le Vendredi, 15 Novembre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Poésie

Poèmes du festin céleste, L’Escampette, 2002 . Ecrivain(s): Jean-Yves Masson

 

Nombres à propos des Poèmes du festin céleste, anthologie personnelle de Jean-Yves Masson

 

Aborder la riche livraison des poèmes de l’anthologie personnelle de Jean-Yves Masson nécessite de petits préliminaires. Au regard de la question des temps et de la composition – 1983/1995, donc du très jeune âge du poète qui débute jusqu’au devant de la personne adulte, dont la trace est visible au fur et à mesure de la lecture – et le saut jusqu’au livre, je voudrais dire deux ou trois choses. Paru en 2002, donc presque une dizaine d’années après ma propre intervention ici – dix années de plus, après la dédicace que l’auteur m’a fait en 2003 –, je ne peux que dire que cela intéresse plus le sujet de l’auteur que ne le laisse entendre cette anecdote des nombres.

En effet, l’étoffe poétique de Jean-Yves Masson a souvent traité la question du mètre en poésie. Il est d’ailleurs connu pour des onzains et des neuvains chez Cheyne éditeur. L’anthologie que j’ai dans ma bibliothèque est dédicacée ainsi pour Didier Ayres : cet « album de vers anciens » revus, mais légèrement par celui que je suis aujourd’hui […] janvier 2003.

La vie secrète d'Emily Dickinson, Jerome Charyn

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 14 Novembre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, USA, Roman, Rivages

La vie secrète D’Emily Dickinson. Traduit de l’anglais (USA) par Marc Chénetier septembre 2013. 427 p. 24,50 € . Ecrivain(s): Jerome Charyn Edition: Rivages

 

Il faut en avertir le futur lecteur : quelle que fût la vie réelle d’Emily Dickinson, vous ne pourrez plus jamais penser à elle, ou rencontrer l’un de ses textes, sans donner au personnage une autre « réalité » que celle que bâtit Jerome Charyn dans ce livre brillant, attachant, délicieux !

Car c’est bien une partie importante de la vie de la grande poétesse américaine qui constitue le sujet de ce livre. Biographie alors ? Définitivement non, même si Charyn s’est armé jusqu’aux dents des outils nécessaires à rendre sa fiction parfaitement vraisemblable. Il s’agit bel et bien d’un roman dont l’héroïne est Emily Dickinson – la Emily Dickinson de Jerome Charyn, éperdument amoureux du personnage qui fut le premier poète qu’il ait jamais lu.

« Elle était le premier poète que j’eusse jamais lu, et je fus d’emblée accroché, hypnotisé, parce que son écriture enfreignait toutes les règles. Les mots provoquaient leur propre réaction en chaîne, leur propre feu. Elle était capable d’abasourdir, de charmer et de tuer « avec des dagues de mélodie ». Je ne me suis jamais vraiment remis de l’avoir lue. »

Le Turquetto, Metin Arditi

Ecrit par Victoire NGuyen , le Jeudi, 14 Novembre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Babel (Actes Sud)

Le Turquetto, juin 2013, 285 pages, 8 € . Ecrivain(s): Metin Arditi Edition: Babel (Actes Sud)

 

Splendeur et misère d’un peintre


En 2001, à l’occasion de l’exposition Venise ou la couleur retrouvée organisée par la ville de Genève, le Louvre lui a prêté la toile L’homme au gant du maître vénitien, Le Titien. Ce prêt a permis à un historien de l’art d’expertiser la signature du peintre et de conclure qu’il s’agit là vraisemblablement d’une œuvre d’un de ses disciples : « Du fait de la chronologie (le T a selon toute logique été peint en premier, dans l’atelier de l’auteur), on peut émettre l’hypothèse que le tableau n’est pas de la main du Titien ».

Reprenant donc cette analyse, Metin Arditi brode, imagine et laisse son esprit ainsi que sa main vagabonder sur du papier blanc. Il en résulte une histoire, une intrigue qui enchante les yeux, l’esprit et l’imagination du lecteur. L’auteur partant de l’hypothèse d’un peintre mystérieux qui se cache derrière la toile Renaissante, donne trait à un personnage hors du commun et façonne son histoire qui ne peut qu’être extraordinaire : Elie Soriano.

Un parfum d’herbe coupée, Nicolas Delesalle

Ecrit par Laurent Bettoni , le Jeudi, 14 Novembre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman

Un parfum d’herbe coupée, StoryLab, avril 2013, 3,99 € . Ecrivain(s): Nicolas Delesalle

 

À travers huit moments précis de son existence a priori anodins qui rythment le récit en autant de chapitres, Kolia, un homme presque quarantenaire, dresse un premier bilan de sa vie et saisit l’alchimie du bonheur. En réalité, ces petits riens, ces petits souvenirs de jeunesse constituent les étapes qui marquent le passage de l’enfance à l’âge adulte. Nicolas Delesalle nous montre là des instantanés empreints de nostalgie, de tendresse, d’humour, bref de tout ce qui fait le sel d’une vie.

 

« Le jour où mon père a débarqué avec son sourire conquérant et la Renault GTS, j’ai fait la gueule. Mais j’ai ravalé ma grimace comme on cache à ses parents l’odeur de sa première clope. J’ai dit “ouais”, j’ai dit “super”, la mort dans l’âme, même si j’avais compris que la GTS pour la GTX, c’était déjà le cinquième grand renoncement, après la petite souris, les cloches de Pâques, le Père Noël, Mathilde, la plus jolie fille de la maternelle, et ma carrière de footballeur professionnel ».

Une fille comme les autres, Jack Ketchum

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 13 Novembre 2013. , dans Critiques, Les Livres, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Folio (Gallimard)

Une fille comme les autres (The Girl Next Door, 1989), traduit de l’anglais (USA) par Benoît Domis, Folio Policier, septembre 2013, 381 pages, 7,70 € . Ecrivain(s): Jack Ketchum Edition: Folio (Gallimard)

 

 

Dans une petite ville du New Jersey, au cœur des années 1950, David, douze ans, rencontre Meg. Un peu plus âgée que lui, Meg vient d’aménager avec sa petite sœur chez les voisins de David, les Chandler, après que leurs parents sont morts dans un accident de voiture. Dans ce petit quartier résidentiel, au cœur de l’été, la belle Meg constitue une nouvelle attraction. Mais petit à petit David se rend compte que les frères Chandler et leur mère, Ruth, entretiennent vis-à-vis de Meg une relation étrange et inquiétante. Dans cette maison dont la cave abrite un lugubre abri antiatomique, David, partagé entre la fascination et la répulsion, va être le témoin d’actes odieux.

« Vous serez effrayé de tourner ces pages, mais vous ne pourrez pas vous en empêcher » affirme Stephen King dans la préface qu’il a écrite pour ce roman ; et il s’y connaît.