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Critiques

Réalités et imaginaire des supplices en Grèce ancienne, Monique Halm-Tisserant

Ecrit par Eddie Breuil , le Mercredi, 27 Novembre 2013. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Histoire

Réalités et imaginaire des supplices en Grèce ancienne, Éditions Les Belles Lettres, juin 2013, 213 pages + illustrations, 45 € . Ecrivain(s): Monique Halm-Tisserant

 

Les éditions Les Belles Lettres rééditent en 2013 l’ouvrage de Monique Halm-Tisserant, Réalités et imaginaire des supplices en Grèce ancienne, qui avait obtenu en 2000 le Prix Zôgrapohos. Retour – relatif – de la thématique de la torture, avec – chez le même éditeur – Torturer à l’Antique

Ce thème est l’un des plus importants sans doute pour la connaissance de l’être humain : quelle est la raison pour laquelle, dans ce domaine de bêtise, le cerveau humain rivalise d’imagination ? Malgré tout, le sujet reste difficile à aborder, et est dépendant de relations parfois géopolitiques (on trouvera difficilement par exemple des ouvrages historiques sur les tortures commises par l’armée impériale japonaise dans les pays d’Asie). La morale est un autre mur lorsqu’on aborde ce sujet. Heureusement, Monique Halm-Tisserant s’est lancée dans ces investigations dans le domaine hellénistique, avec une approche méthodique pour recenser froidement (la méthode sans doute la plus juste) et donc objectivement ces supplices.

Un privé à bas bilan, Éric Dejaeger

Ecrit par Cathy Garcia , le Mercredi, 27 Novembre 2013. , dans Critiques, Les Livres, Polars, La Une Livres, Roman

Un privé à bas bilan, Cactus Inébranlable éditions, coll. Cactus Noir, mai 2013, 218 p. 15 € . Ecrivain(s): Éric Dejaeger

Vous connaissez un privé à Babylone ? Voici le privé à bas bilan ! Frédo Loup et Kiki-la-zigue, voilà un duo des plus attachants, voire un peu tachant, pour ce polar décalé, plein d’humour – meilleur bien-sûr grinçant, voire un peu saignant.

Un polar doté de toutes les qualités du genre : une bonne intrigue, un peu de violence (aïe !), du sucepince, un peu de sexe et d’alcool. Enfin, pas mal d’alcool et beaucoup de sexe, mais quand on est un privé qui débute dans le métier, grâce à un ticket à gratter gagnant et sans vouloir s’embarrasser de formalités administratives et autres légalités, finalement un priapisme chronique ça peut servir, et Kiki le fameux participe pleinement et vaillamment, et plutôt deux fois qu’une, à l’aventure. Une enquête triquée donc et drôlement bien menée, entre bar à danseuses pas trop habillées et chaîne porno cryptée, de villa à partouze à snoeuf mou-vit, le sujet est sérieux mais pas le livre, et notre Priape autoproclamé détective, puisque à plus de 28 ans il se voyait sur le point d’être expulsé du domicile parental, comme il l’avait été du chômage, de glandeur né, plutôt alcoolo et qui entrave queue dalle à l’anglais, Frédo Loup, va se révéler en fait plutôt doué pour démêler entre ouisqui, pastis et les états dames de Kiki, les écheveaux d’une double enquête : retrouver une jeune strip-teaseuse disparue et prendre un mari volage en flagrant délit.

Journal d’un écrivain en pyjama, Dany Laferrière

, le Mardi, 26 Novembre 2013. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Grasset

Journal d’un écrivain en pyjama, septembre 2013, 320 pages, 19 € . Ecrivain(s): Dany Laferrière Edition: Grasset

 

 

Les essais sur l’acte d’écriture donnent souvent l’idée de l’aboutissement de toute une carrière littéraire qui vient offrir un regard en surplomb sur toutes les astuces déployées au fil des ans. Avec près de trente ans de métier derrière lui, on peut dire que Dany Laferrière a de la bouteille mais, paradoxe des paradoxes, son travail d’écriture n’en est pas plus facilité :

« Aujourd’hui il me faut travailler durant des heures pour retrouver cette grâce qui donnait l’impression que les images surgissaient au bout de sa tige. […] je ne sais pour quelle raison, je cherche à retrouver toujours cette spontanéité du début. L’écriture est une étrange passion dont il faut retarder le plus longtemps l’explosion si on ne veut pas se retrouver, plus tard, avec un goût de cendre dans la bouche – rien de plus terrible qu’un écrivain qui a terminé son œuvre trop longtemps avant sa mort » (p.25).

« Maudit soit l’homme qui se confie en l’homme » : un projet d’alphabétisation, Angélica Liddell

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 26 Novembre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Théâtre, Les solitaires intempestifs

« Maudit soit l’homme qui se confie en l’homme » : un projet d’alphabétisation, traduit de l’espagnol par Christilla Vassirot, 2011, 63 p. 11 € . Ecrivain(s): Angélica Liddell Edition: Les solitaires intempestifs

 

 

Porque te vas ? ou le regard d’Ana

 

En 2011, Maldito sea el hombra que confia en el hombre : un projet d’alphabétisation, après le choc que représenta La casa de la fuerza, bouleversa à son tour le festival d’Avignon, spectacle de plus de trois heures, avec ses petites filles en robe dorée arpentant le théâtre du monde dans un décor d’arbres en carton et d’animaux empaillés. D’une certaine façon, Liddell revient au commencement de tout : premier volet de la trilogie chinoise et surtout chant rageur de l’enfance perdue,  bafouée, dont l’hymne ne serait autre que la très célèbre chanson du film de Carlos Saura, en version française, chanté par Jeanette, p.32, 33 :

Nowhere to run, Gerri Hirshey

Ecrit par Guy Donikian , le Lundi, 25 Novembre 2013. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Rivages

Nowhere to run, Etoiles de la soul music et du Rythm & Blues, trad. (USA) Nicolas Guichard septembre 2013, 478 pages, 23,50 € . Ecrivain(s): Gerri Hirshey Edition: Rivages

 

C’est en 1984 que Gerri Hirshey publie ce livre et c’est en 2013 que les Editions Payot Rivages proposent cette traduction de Nicolas Guichard. Comme le sous-titre l’indique, Nowhere to run est une histoire de la soul music, du rythm & blues depuis ses origines jusqu’aux constellations que cette musique a engendrées.

Le titre tout d’abord. Nowhere to run est le titre d’une chanson que Martha Reeves interprétait en 1965 avec les Vandellas, chanson dans laquelle elle disait  l’emprise de cette musique « dont on ne peut plus se passer, on est tombé amoureux de cette musique, on ne peut la soumettre, mais on ne peut l’abandonner. » Ceci est vrai des musiciens les plus connus comme de ceux qui ont eu une carrière plus modeste.

Comment expliquer une telle emprise ? Deux réponses sont données par l’auteur ; les origines, les racines de cette musique et pour les musiciens le sentiment d’imprimer (de graver) une phase importante voire essentielle de la musique nord américaine et mondiale.