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Critiques

The Main, Trevanian

Ecrit par Adrien Battini , le Lundi, 21 Octobre 2013. , dans Critiques, Les Livres, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Gallmeister

The Main, traduit de l’anglais (USA) par Robert Bré, 3 octobre 2013, 392 pages, 23,60 € . Ecrivain(s): Trevanian Edition: Gallmeister

 

Auteur mystérieux qui aura entretenu son mythe tout au long de sa vie, Trevanian ne cesse de fasciner par-delà les décennies et les frontières de la mort. Capable de passer du thriller alpin (La Sanction) au western (Incident à Twenty-Mile) en passant par le récit de rônin modernisé (Shibumi), Trevanian est un auteur virtuose sublimant chacune des atmosphères qui l’intéressent. Derrière cette hétérogénéité thématique se cachent néanmoins un amour, une déférence et une loyauté indéfectibles pour le genre du roman noir, chaque nouveau livre étant une nouvelle démonstration de sa richesse et de son potentiel évocateur.

Ecrit en 1976, publié une première fois par Robert Laffont en 1979 et présentement réédité par Gallmeister, The Main est le troisième roman de Trevanian. Après le diptyque mettant en scène un tueur à gages (La Sanction/L’Expert), The Main sonne comme un retour à un certain classicisme autour de la structure traditionnelle du roman policier (meurtre/enquête/résolution). Il n’en reste pas moins que l’écrivain surprend son lecteur en posant son roman dans le Montréal des années 70, une destination guère prisée pour son exotisme, en tout cas assez peu visitée par les cadors de l’écriture policière. Plus précisément, et le titre est une indication assez explicite, Trevanian nous plonge dans la Main, quartier planté au cœur de la ville mais à la lisière de toutes les communautés et des milieux sociaux.

Animaux solitaires, Bruce Holbert

Ecrit par Yan Lespoux , le Lundi, 21 Octobre 2013. , dans Critiques, Les Livres, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Gallmeister

Animaux solitaires (Lonesome Animals, 2012), traduit de l’anglais (USA) par Jean-Paul Gratias, août 2013, 327 pages, 23,60 € . Ecrivain(s): Bruce Holbert Edition: Gallmeister

 

« Il s’était senti justifié de semer le chaos dans le poste de police, mais le taureau était sans aucun doute une riposte déraisonnable. Strawl avait supposé que l’animal se ruerait sur les flics et les coincerait quelque part, le temps qu’il rassemble les documents qu’il recherchait, mais une fois lâché, le taureau s’était révélé trop semblable à Strawl, un projectile, sorti d’un canon qui fonce dans la direction choisie par quelqu’un d’autre, aussi inconscient des dégâts que le plomb lui-même ».

En 1932, dans l’État de Washington, un tueur mutile et expose des corps d’Indiens. Ancien officier de police, Russell Strawl est devenu un mythe. Implacable, n’hésitant pas à abattre les fuyards qu’il était chargé de récupérer (« Pendant les dix ans qui précédèrent son mariage […] Il tua 11 fuyards car, en raison des circonstances, c’était trop compliqué de les ramener vivants »), Strawl est un homme que tout le monde craint, un animal solitaire et imprévisible. Bref il est à la fois l’homme idéal pour mettre la main sur ce tueur et le suspect le plus plausible.

Décembre m’a ciguë, Edith Azam

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 19 Octobre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Récits, P.O.L

Décembre m’a ciguë, janvier 2013, 183 pages, 16 € . Ecrivain(s): Edith Azam Edition: P.O.L

 

Edith Azam narre, en Décembre m’a ciguë, en un récit brusqué dans sa syntaxe, au moyen notamment des « : », l’inimaginable.

Et pourtant advenu. Comme de cauchemar mais un cauchemar si fort qu’il n’y aura jamais aucune réalité pour le cacher. Un cauchemar si fort qu’il s’impose comme seule réalité. Et qu’il dit à tous, ce cauchemar, à chacun dans soi, et qu’il dit à chaque moment, à chaque perte : « je suis la réalité ».

L’inimaginable ? La mort d’un être cher.

Si cher, dans le cas de Décembre m’a ciguë : la grand-mère, par quoi arrive le bonheur. « C’est quoi le bonheur ? », s’interroge l’auteure. « Se lever quand la lumière sonne, le thé vert ou fumé, les perce-neige derrière la fenêtre et puis… et puis dire ton nom ».

Comédies I, Shakespeare en la Pléiade

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Vendredi, 18 Octobre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Iles britanniques, Théâtre, La Pléiade Gallimard

Comédies, I (Œuvres complètes, t. V), La Pléiade, édition bilingue, direction de Jean-Michel Déprats et Gisèle Venet, septembre 2013, traduit par H. Suhamy, J-M Déprats et J-P Richard, 1.450 p., 67,50 € (60 € jusqu'au 31/1/14) . Ecrivain(s): William Shakespeare Edition: La Pléiade Gallimard

 

 

Le volume 1 des Comédies de Shakespeare – cinquième tome des œuvres complètes bilingues initiées en 2002 par Gallimard dans sa prestigieuse collection La Pléiade – réunit les six premières pièces appartenant à la période « maniériste ». Et cette édition intégrale des dix-huit comédies de l’illustre dramaturge anglais se poursuivra avec un deuxième volume concernant la période « baroque », et un troisième les dernières comédies « romanesques ». Outre de réunir tout le théâtre comique en trois tomes qui lui seront spécifiquement consacrés et de proposer de nouvelles traductions, l’atout majeur de cette nouvelle édition réside sans conteste dans la présence du texte anglais original sur la page de gauche, auquel nous pouvons commodément nous reporter depuis sa traduction en vis à vis (à moins que fin angliciste, on opère à  l’inverse…).

L’Amour d’Amirat suivi de Né nu, Oiseaux mohicans, Kilroy was here, Daniel Biga

Ecrit par Cathy Garcia , le Vendredi, 18 Octobre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Poésie, Le Cherche-Midi

L’Amour d’Amirat suivi de Né nu, Oiseaux mohicans, Kilroy was here, préface de Jean Orizet, Cherche Midi, Collection Points Fixes, mai 2013, 335 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Daniel Biga Edition: Le Cherche-Midi

 

Dans la première partie, la plus cohérente on dira, L’Amour d’Amirat (1984), l’auteur a quitté la ville pour vivre, et accessoirement écrire, dans un hameau abandonné sur les hauteurs des Alpes du Sud. Il a quitté son métier d’enseignant pour aller y vivre quasi comme un ermite et y cultiver un jardin, aussi bien extérieur qu’intérieur.

 

ici à la montagne il n’y a que moi

qui tourne et pète dans mon couchage

il n’y a que moi et le froid

la nuit qui n’en finit pas

l’inondation des souvenirs