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Critiques

Le canard sauvage, Henrik Ibsen

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Jeudi, 09 Janvier 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Pays nordiques, Théâtre, Actes Sud/Papiers

Le canard sauvage (Vildanden, 1884), traduit du norvégien par Eloi Recoing, Actes Sud–Papiers, 1er janvier 2014, 130 pages, 19 € . Ecrivain(s): Henrik Ibsen Edition: Actes Sud/Papiers

 

 

Le canard sauvage d’Henrik Ibsen, programmé du 10 janvier au 15 février 2014 au Théâtre national de la Colline dans une mise en scène de Stéphane Braunschweig, s’appuie sur une nouvelle traduction d’Eloi Recoing disponible chez Actes Sud-Papiers. C’est l’occasion de redécouvrir cette pièce magistrale du dramaturge norvégien qui semble s’inscrire dans la lignée de Brandt – auquel répond l’intransigeance dogmatique de son héros – et de Peer Gynt, que rappelle le basculement constant vers l’imaginaire de ses quatre derniers actes. C’est une pièce ironique et désabusée dont la noirceur implacable et la complexité semblent le reflet des contradictions et de l’évolution de l’auteur, de ses rêves et de ses désillusions.

Une terre d’ombre, Ron Rash

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 08 Janvier 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, USA, Roman, Seuil

Une terre d’ombre, traduit de l’Anglais (USA) par Isabelle Reinharez, 2 janvier 2014, 243 pages, 20 € . Ecrivain(s): Ron Rash Edition: Seuil

Une ballade pour Laurel


Dans les années 60, un homme est mandaté de façon officielle pour se rendre dans une région isolée de la Caroline. Sa mission est de submerger la ville Mars Hill pour en faire un lac artificiel. L’hostilité des habitants et la découverte d’un cadavre dans un vieux puits ramènent à la surface une histoire tragique qui s’y était déroulée au moment de la Première Guerre Mondiale.

L’habileté du Prologue permet à l’auteur d’introduire son histoire et de braquer la lumière sur deux êtres à part. Il s’agit de Hank Shelton et surtout de Laurel, sa sœur. En effet, victime d’une marque de naissance et de la superstition des habitants, elle est rejetée par ce lieu qui la voit comme une sorcière et une damnée. Laurel est alors pourchassée, humiliée et voit son avenir compromis puisque les pressions de la communauté sont telles qu’elle a dû quitter l’école à regret. Sa vie se passe loin des regards dans une profonde solitude. De surcroît, sa demeure est une vieille maison nichée au creux d’un vallon maudit :

Dans la lumière, Barbara Kingsolver

Ecrit par Cathy Garcia , le Mercredi, 08 Janvier 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, USA, Roman, Rivages

Dans la lumière, Traduit (USA) par Martine Aubert août 2013, 560 pages, 24,50 € . Ecrivain(s): Barbara Kingsolver Edition: Rivages

 

Voici un étonnant roman, un pavé même, qui au début peut faire peur. En effet, on se demande un peu ce qu’on fait là, plongé brusquement dans le quotidien d’une famille américaine moyenne, éleveuse de moutons dans les Appalaches, un milieu rural et clos dont la vie est rythmée par les saisons et l’Église.

Tout démarre au moment où Dellarobia s’apprête à commettre l’irréparable. Dellarobia est la mère de deux jeunes enfants, Cordelia et Preston, et l’épouse presque accidentelle de Cub, suite à une grossesse à 17 ans, dont l’enfant mort-né a basculé dans le silence et un oubli imposé. Ce mariage précipité l’avait empêchée, elle qui était plus brillante que la moyenne locale, d’aller étudier à la fac, pour se retrouver à la place, jeune épouse installée dans la chambre d’enfant d’un jeune homme bon mais lourdaud, écrasé par son père mais surtout sa mère, Hester, une femme de poigne, rude et méprisante. Les parents de Dellarobia étaient morts, la belle-famille était propriétaire d’une exploitation, c’était donc à considérer comme une chance.

La Route, Cormac McCarthy

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 07 Janvier 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, USA, Roman, Points

La route, roman traduit de l’anglais (USA) par François Hirsch, 2009, 253 pages, 6,80 € . Ecrivain(s): Cormac McCarthy Edition: Points

 

C’est un livre comme on en voit peu, dans une vie


Morceaux choisis :

« Le petit était assis et vacillait. L’homme l’observait de peur qu’il ne bascule dans les flammes. Du pied il dégagea des emplacements dans le sable pour les hanches et les épaules du petit à l’endroit où il allait dormir et il s’assit en le tenant contre lui, ébouriffant ses cheveux pour les faire sécher près du feu. Tout cela comme une antique bénédiction. Ainsi soit-il. Évoque les formes. Quand tu n’as rien d’autre construis des cérémonies à partir de rien et anime-les de ton souffle ».

« Il retourna dans les bois et s’agenouilla à côté de son père. Il était enveloppé dans une couverture comme l’homme l’avait promis et le petit ne le découvrit pas mais il s’assit à côté de lui et se mit à pleurer sans pouvoir s’arrêter. Il pleura longtemps. Je te parlerai tous les jours, chuchotait-il. Et je n’oublierai pas. Quoi qu’il arrive. Puis il se releva et fit demi-tour et retourna sur la route ».

Dernier verre à Manhattan, Don Winslow

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 07 Janvier 2014. , dans Critiques, Les Livres, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Seuil

Dernier verre à Manhattan, traduit (USA) Philippe Loubat-Delranc, octobre 2013, 375 p. 21 € . Ecrivain(s): Don Winslow Edition: Seuil

Anniversaire de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy oblige, les éditions du Seuil exhument cette année un roman déjà ancien de Don Winslow mais jamais traduit jusqu’à présent, mettant en scène le futur président des États-Unis au moment où il n’est encore qu’un sénateur aux dents longues, à la fin de l’année 1958. Nul besoin en effet d’une grande culture historique pour reconnaitre JFK et Bobby derrière les frères Keneally de Winslow, ni Jacqueline derrière Madeleine, et encore moins Marilyn Monroe derrière Marta Marlund.

Nous sommes donc à la Noël 1958 à New York. Walter Whiters, ancien agent de la CIA en Scandinavie vient de démissionner pour retrouver Manhattan et a trouvé une place de détective dans une agence de la ville. C’est dans le cadre de ce travail qu’il est amené à veiller sur Joe Keneally, jeune sénateur démocrate comptant bien obtenir l’investiture de son parti pour l’élection présidentielle. Mais Whiters se rend rapidement compte que, plus que d’assurer la sécurité du politicien, il est là pour servir d’alibi et couvrir les écarts d’un Keneally volage trompant sa femme avec l’actrice Marta Marlund. Une mission plus compliquée qu’il n’y paraît lorsque l’on sait que la compagne de Whiters, chanteuse de jazz, ne cache pas ses sympathies socialistes, que J. Edgard Hoover aimerait bien obtenir des dossiers compromettants sur Keneally et que Marta Marlund court au devant d’un destin tragique.