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Critiques

LSD 67, Alexandre Mathis

Ecrit par Stéphane Bret , le Mardi, 07 Janvier 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Serge Safran éditeur

LSD 67, août 2013, 568 pages, 23,50 € . Ecrivain(s): Alexandre Mathis Edition: Serge Safran éditeur

 

Le titre du roman d’Alexandre Mathis fait référence à la drogue du même nom ; le sigle est aussi l’abrégé de trois prénoms de ce récit : Liliane, Sony, Dora.

Nous sommes au Quartier Latin, en 1967. Une bande de marginaux, adeptes de la défonce, de l’utilisation massive de stupéfiants et hallucinogènes de toute nature : amphétamines, LSD, cocaïne, morphine, acide, vit dans la marginalité la plus totale. On y trouve, outre les trois déjà cités : Chico, Cybèle, Gégé, JF, Doudou.

Leur but : « Affirmation du non péremptoire à toute choses établies, imposées. Façon d’être, prenant une importance démesurée, essentielle. Décalée ».

C’est le cinéma qui oriente ces jeunes marginaux vers cet état d’esprit : « Nous maintenant dans une idéologie de révolte permanente contre l’art établi ».

Yo-Yo, Steinunn Sigurdardottir

Ecrit par Jean-Baptiste Pedini , le Mardi, 07 Janvier 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Pays nordiques, Roman, Héloïse D'Ormesson

Yo-Yo, traduit de l’islandais par Catherine Eyjólfsson, octobre 2013, 176 pages, 17 € . Ecrivain(s): Steinunn Sigurdardottir Edition: Héloïse D'Ormesson

 

« Martin Montage. Sorte de revenant. S’obstine à courir dans le noir avant le point du jour ». Cette citation pourrait à elle seule résumer l’obscurité et les ombres qui entourent le personnage principal du nouveau roman de Steinunn Sigurdardottir.

Martin, brillant cancérologue berlinois, est rattrapé par son passé quand il découvre une tumeur en forme de yo-yo chez un patient tout aussi lâche qu’énigmatique. « La tumeur a parfois la même personnalité que celui qui l’abrite ».

Le trouble déroule son pas lent au fil des pages. Que s’est-il passé jadis alors que l’enfant rentrait chez lui ? Cet enfant qui depuis lors « revient de l’école tous les jours ». Il va maintenant devoir affronter ses fantômes, avec l’appui précieux de son ami, ex-patient, ex-vagabond. Presque âme sœur de Martin.

Expansion du vide sous un ciel d’ardoises, Christophe Tostain

Ecrit par Marie du Crest , le Lundi, 06 Janvier 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Théâtre, Espaces 34

Expansion du vide sous un ciel d’ardoises, 2013, 90 pages, 13,80 € . Ecrivain(s): Christophe Tostain Edition: Espaces 34

 

 

SUPER !

 

C. Tostain reprend en exergue de son site un propos de Sobel, qui en quelque sorte éclaire le sens de son entreprise théâtrale et de son texte, Expansion du vide sous un ciel d’ardoise : « le théâtre donc la mise en scène du monde, ça a toujours été de parler de l’outrage que l’humanité faisait à l’humanisme ». Il est effectivement question dans sa pièce de notre monde contemporain, celui que nous partageons ici et maintenant. Société de consommation, diktat managérial au cœur de la grande distribution, qui écrasent les individus. Ce n’est d’ailleurs sans doute pas le fruit du hasard si la photo de la première de couverture du volume est illustrée par une photographie de C. Tostain qui regarde comment nous vivons, coincés entre les rayons du supermarché. Pas si super que cela.

Mais qui lira le dernier poème ?, Eric Dubois

Ecrit par Etienne Ruhaud , le Lundi, 06 Janvier 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Poésie, publie.net

Mais qui lira le dernier poème ? 52 p. 2,99€ (Ebook) . Ecrivain(s): Eric Dubois Edition: publie.net

 

Blogueur, homme de radio, fondateur et animateur de la revue en ligne Le Capital des mots, Eric Dubois semble opposé à toute forme d’hermétisme, tant dans ses choix de publication que dans sa propre production littéraire. Déployant une langue à la fois sobre et néanmoins souple, harmonieuse, Mais qui lira le dernier poème ? évoque la vie quotidienne, au risque d’un certain prosaïsme, parfois, une sorte de simplicité volontaire, ascèse stylistique, qui n’est pas sans rappeler, par moments, Bukowski ou Houellebecq :

Le temps s’étire comme un chewing-gum/La bite perdue dans les poils et les plis/du pantalon/Dans la poussière/et les temps morts.

Editeur du recueil sous forme numérique, François Bon parle lui d’écriture concrète. Poésie de l’actuel, de l’immédiat, les vers brefs et précis d’Éric Dubois évoquent la cité d’aujourd’hui, son décor froid, inamical mais familier :

Encore l’œil électronique/de désirs fantasmés/Par l’unité centrale/La caméra et l’écran/dans la nuit du commerce.

Le Jeûne des yeux et autres exercices du regard, Jean-Baptiste Para

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 20 Décembre 2013. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Arts

Le Jeûne des yeux et autres exercices du regard, « notes sur l’art », Éditions du Rocher, collection Voix intérieures, 2000, 17 euros 99 . Ecrivain(s): Jean-Baptiste Para

 

En cette période de fêtes, quel est le plus beau cadeau que nous puissions offrir aux lecteurs de La Cause littéraire ? Ma réponse a été immédiate.

Un extrait du Jeûne des yeux et autres exercices du regard de Jean-Baptiste Para, magnifique recueil de critiques d’art où la justesse et l’absolue précision d’un regard épousent au plus près l’élan d’un souffle d’âme.

Une âme qui se donne à lire au moyen de l’intensité d’une langue à nulle autre pareille (chez Para, la métaphore est une flèche qui atteint le cœur du sensible, – ou le cœur du silence, ce qui revient au même).

Et cette langue et ce regard, si étroitement rejoints qu’il est impossible de les disjoindre, suscitent en nous continument la ferveur.

Une ferveur envers la vie. Envers la peinture. Envers la poésie.