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Récits

Les yeux bordés de reconnaissance, Myriam Anissimov

Ecrit par Stéphane Bret , le Jeudi, 13 Avril 2017. , dans Récits, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Seuil

Les yeux bordés de reconnaissance, mars 2017, 237 pages, 19 € . Ecrivain(s): Myriam Anissimov Edition: Seuil

 

La frivolité et la superficialité sont-elles des attitudes adéquates, vraiment dignes lorsque l’on est parente de victimes de la Shoah, et que l’on a pour projet d’écrire ? Myriam Anissimov se trouve dans ce cas. Elle tente dans un très beau récit de formuler une réponse à cette question qui marque notre époque de son empreinte depuis 1945.

Le récit se compose de trois parties, d’intérêt inégal, mais illustrant ce mécanisme déclencheur de la volonté de savoir, et d’appropriation d’un événement. Au départ, c’est la vision du film Le Fils de Saul, évoquant l’extermination de quatre cent mille Juifs hongrois à Auschwitz-Birkenau et le rôle de Saul Ausländer qui décide de donner une sépulture à un adolescent déjà mort. Dès lors, c’est la recherche qui est de rigueur, le positionnement vis-à-vis de l’Histoire, de la Shoah, de la place que cette dernière va inévitablement tenir dans la mémoire personnelle de Myriam Anissimov. La première partie, consacrée à la relation qu’entretient Myriam Anissimov avec Romain Gary, est source de révélations très personnelles de la part de l’écrivain. Il avoue ainsi à Myriam ne s’être jamais remis d’un amour de jeunesse, Ilona, jeune femme qu’il avait revue, à ceci près que cette dernière ne l’avait pas reconnu.

Henry et June. Les cahiers secrets, Anaïs Nin

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Lundi, 10 Avril 2017. , dans Récits, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Biographie, Stock

Henry et June. Les cahiers secrets, trad. USA Béatrice Commengé, 329 pages, 19,30 € . Ecrivain(s): Anaïs Nin Edition: Stock

 

Anaïs Nin, l’odyssée des sens

Lorsque Anaïs Nin (1903-1977) écrit ces lignes, elle est âgée de 28 ans, mariée depuis huit ans au banquier Hugh Guiler, n’a encore rien publié et son expérience sexuelle est somme toute limitée. Elle tient un journal depuis l’âge de 11 ans, date de la douloureuse séparation avec son père. Ces cahiers secrets (octobre 1931 à octobre 1932) en constituent un climax. Ils s’ouvrent sur sa rencontre avec Henry Miller, écrivain maudit et insurgé qui s’est exilé à Paris pour tenter de percer dans le milieu littéraire. Fauché, vivant d’expédients, se livrant à une bohème insouciante, il déverse son amertume accumulée depuis vingt ans dans Tropique du Cancer qui deviendra l’un des ouvrages les plus flamboyants et controversés du vingtième siècle.

 

« Je peux aimer Hugo, et Henry, et June »

Endetté comme une mule, Eric Losfeld

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 30 Mars 2017. , dans Récits, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Tristram

Endetté comme une mule, mars 2017, 300 p. 11,40 € . Ecrivain(s): Eric Losfeld Edition: Tristram

 

 

A Joelle Losfeld

 

C’était un temps (les années 50) où devenir éditeur – ou en tout cas vouloir l’être – était un élan purement militant. Envisager la « carrière » pour gagner de l’argent relevait, à de rares exceptions près, du fantasme. Dans tous les cas, Eric Losfeld a été d’abord un militant, avant toute ambition professionnelle. Militant littéraire en premier lieu, chaque livre qu’il a publié – que ce fût ou pas une bonne idée – a été un engagement personnel. Militant idéologique ensuite, la détestation de la droite, du colonialisme, du racisme, chevillée au corps. Militant éthique enfin : tous les grands combats pour la justice, contre la censure, pour la liberté d’expression, ont été les siens, avant, pendant et après Mai 68.

Au jour le jour, Paul Vacca

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 29 Mars 2017. , dans Récits, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Belfond

Au jour le jour, Février 2017, 379 p. 19,50 € . Ecrivain(s): Paul Vacca Edition: Belfond

 

« Sue, comme Eugène ? » demandait Simone-la dame de la poste, dans ce « télégramme » qu’on a tous dans l’oreille, tandis que la voix – unique – d’Yves répondait, légèrement agacée devant l’évidence : « Oui, Eugène Sue ».

Il y a comme ça des références tellement inscrites en nous – une langue, un passeport transgénérationnel, qu’en effet, ça va de soi. Eugène Sue – Les mystères de Paris, en sont. En même temps, difficile de ne pas convenir que ce genre de rivière, à force d’être souterraine, peut disparaître. Cherchez donc dans un manuel scolaire ; plus aucune trace des « mystères and co » ; tentez un micro trottoir – tranche des 14/18 ans : qui était Eugène Sue ?

D’où peut-être – en plus de l’indéniable et cabriolant talent de son auteur – l’intérêt, l’utilité même de cet Au jour le jour dont le titre claque comme feuilleton en page de journal, loin, dans le siècle d’avant le dernier, tout en étalant insolemment, une paradoxale modernité.

L’écume des voyages, Vincent Jacq

Ecrit par Lionel Bedin , le Jeudi, 16 Mars 2017. , dans Récits, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Voyages

L’écume des voyages, La Nouvelle Escampette, octobre 2016, 224 pages, 16 € . Ecrivain(s): Vincent Jacq

 

L’écume des voyages est une publication originale qui regroupe trois récits : Lisbonne, nuits intranquilles (poèmes) ; Vingt-trois moments de l’embouchure, des « clichés » écrits à Rabat dans les années 1980 et publiés en 1993 après « remuement de la langue », et surtout : Odeur d’encre, odeurs d’îles, un recueil de textes publié en 1991, peu connu du grand public ni des amateurs de littérature de voyage, et pourtant très littéraire et très voyageur.

« Plus on découvre de villes, de paysages, plus le mystère s’affine, et on parvient parfois à démêler quelques-unes de ses propres obsessions à mesure que chacune revêt le visage d’un lieu ».

Au fil d’une trentaine de chapitres, Vincent Jacq nous entraîne dans ses lieux, dans ses lectures, dans ses voyages, dans ses obsessions peut-être, en tous les cas dans une sorte d’abécédaire (mais sans ordre) de l’histoire des voyages, avec des thèmes variés.