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Récits

L’épitaphe, Felix Macherez (par Charles Duttine)

Ecrit par Charles Duttine , le Lundi, 04 Mai 2026. , dans Récits, Les Livres, Critiques, La Une Livres, L'Arpenteur (Gallimard)

L’épitaphe/ Felix Macherez/ Editions Gallimard collection L’Arpenteur/ Mars 2026/ 152 pages/ 14€ Edition: L'Arpenteur (Gallimard)

Le charme grave des excipits

En déambulant dans un cimetière, qui ne s’est pas attardé, un jour ou l’autre, sur telle ou telle tombe et les épitaphes qui y sont gravées ? On peut être intéressé, surpris, interrogé par certaines d’entre elles ? Quelques-unes ont choisi la sobriété. Simplement un nom et des dates, d’autres optent pour une citation religieuse, littéraire, philosophique ou purement personnelle. Le roman de Felix Macherez « L’épitaphe », publié dans la collection L’Arpenteur chez Gallimard, se focalise étrangement sur ce dernier texte qui vient clore le parcours d’une vie et qui accompagne de nombreux gisants.

On suit un personnage, Cid Sabacqs, aussi curieux que peut l’être son nom, dans une quête tout aussi étrange. Ce Cid Sabacqs n’est pas particulièrement sympathique, mais le protagoniste central d’un roman doit-il nécessairement l’être ? On le présente comme vaniteux, il cultive avec réussite « l’hostilité générale » à son égard, crache sur le « sale petit bonheur des hommes ». Il a trente-trois ans, l’âge de la maturité et semble las de tout, fatigué de la vie et des autres. Celui qui semble être un disciple de Cioran promène une « maigre et hautaine figure » parmi ses semblables ; il vit de désenchantement, d’ennui et de langueur.

Les pommes sauvages, Henry D. Thoreau (par Charles Duttine)

Ecrit par Charles Duttine , le Mardi, 31 Mars 2026. , dans Récits, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Le Mot et le Reste, En Vitrine, Cette semaine

Les pommes sauvages, Henry D. Thoreau, Traduction de l’américain de Nicole Mallet, Editions Le mot et le reste, Janvier 2026, 112 pages, 14€ . Ecrivain(s): Henry David Thoreau Edition: Le Mot et le Reste

 

Des goûts et des couleurs

Il est des livres que l’on peut juger anodins, à première vue ; peut-être le sujet nous paraît insignifiant, mineur, le titre banal ou le livre considéré comme secondaire dans l’œuvre d’un auteur. C’est ce que l’on peut penser en ayant dans les mains l’ouvrage « Les pommes sauvages » de Henry D. Thoreau (1817-1862) que publient les éditions Le mot et le reste. Et pourtant, ce livre est loin de laisser indifférent le lecteur pour peu qu’il soit curieux et imaginatif …

Il est donc question de pommes, « le plus noble des fruits » écrit Thoreau. Il souligne, d’emblée, que la pomme est liée à l’homme, que son histoire est enracinée au plus lointain de l’humanité, dans son quotidien, dans la mythologie, les textes sacrés ou encore la littérature. Toutefois, sans renier les « pommiers civilisés », l’auteur ne voue pas un culte à Pomone, la nymphe des jardins bien entretenus.

Le Cas Marguerite Audoux, Géraldine Doutriaux (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Jeudi, 08 Janvier 2026. , dans Récits, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Editions Des Femmes - Antoinette Fouque

Le Cas Marguerite Audoux, Géraldine Doutriaux, 192 p., 2025, éd. des femmes – Antoinette Fouque, 15 € Edition: Editions Des Femmes - Antoinette Fouque

Une bergère autodidacte

 

Géraldine Doutriaux (autrice, agrégée de lettres modernes, enseignante en REP, prix Annie Ernaux 2008), sort de l’ombre Marguerite Audoux, écrivaine autodidacte née en 1863 à Sancoins, dans le Cher. À l'âge de 14 ans, Marguerite Audoux fut placée en tant que bergère et servante de ferme en Sologne. À 18 ans, elle partit s'installer à Paris et y exerça le métier de couturière. De plus, pour compléter son salaire, elle travailla à la Cartoucherie de Vincennes ou encore à la buanderie de l’Hôpital Laennec. Les médecins lui conseillèrent d'arrêter la couture sous peine de devenir aveugle. Son roman le plus connu, Marie Claire, a reçu le Prix Femina en 1910. Les ventes dépassèrent les cent mille exemplaires.

Marguerite Audoux fréquenta des écrivains, dont Léon-Paul Fargue, Valery Larbaud, Léon Werth, Octave Mirbeau, André Gide et Romain Rolland. Cette petite bergère, en 1933, n’avait lu que « le pays carré et lumineux d’un Fénelon », « les rivières verbales d’un Chateaubriand », et un dictionnaire…

Les Moucherons, Thierry Clech (par Claire Fourier)

Ecrit par Claire Fourier , le Mardi, 18 Novembre 2025. , dans Récits, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Tinbad

Les Moucherons, Thierry Clech, Éditions Tinbad, septembre 2025 Edition: Tinbad

 

Voici, menées au pas de course alternant avec la sinuosité d’un fleuve pas très tranquille, les mésaventures d’un photographe qui a marié le cancer et une invasion de moucherons chez lui, au moment où sévissait le covid.

Quatre mots-clés donc : photographe, moucherons, covid, cancer. Plus le temps, toujours le temps.

 

Photographe, car c’est avec l’œil précis d’un Leica et la recherche du meilleur angle qu’est analysée une ribambelle de misères, les unes dérisoires, les autres en passe d’être mortelles ;

le souci de la qualité de la prise l’emportant sur l’accablement, ce qui réjouit le lecteur, lequel, cruel, demande toujours à un auteur de traiter avec humour les malheurs qu’il a lui-même quelque jour endurés, les traumatismes qu’il subit, ne permettant pas au livre d’en rajouter.

Le Mont Macaron – Itinéraire, Roger Aïm (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 06 Novembre 2025. , dans Récits, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Le Mont Macaron – Itinéraire - Roger Aïm – Editions Infimes – 65 p. – 8 euros – 07/10/25.

 

« Ici, le paysage ne se livre pas. C’est la garrigue distante, indifférente. D’une beauté sévère, sèche, épineuse, immarcessible, piquetée de quelque pins, elle retient le temps. La garrigue a la force des sites ignorés des hommes. »

 

Le Mont Macaron est un cheminement littéraire que l’auteur trace pas à pas sur les sentiers pierreux qui le conduisent sur les hauteurs de Nice, en compagnie de celle qui la première lui a ouvert cette brèche lumineuse vers le Mont Macaron. L’amour, s’il déplace parfois les montagnes, les dévoile souvent. Cheminer ainsi, rend l’auteur heureux, il voit, et écrit. La nature mérite cet attachement du regard et du mouvement, ce territoire arpenté est devenu un pays, son pays. Les couleurs, les pierres – que des hommes oubliés ont transporté là -, la lumière, les bruits minuscules qui réhaussent la profondeur du silence peuplent ce petit livre inspiré.