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Récits

Endetté comme une mule, Eric Losfeld

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 30 Mars 2017. , dans Récits, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie

Endetté comme une mule, Ed. Tristram collection souple, mars 2017, 300 p. 11,40 € . Ecrivain(s): Eric Losfeld

 

 

A Joelle Losfeld

 

C’était un temps (les années 50) où devenir éditeur – ou en tout cas vouloir l’être – était un élan purement militant. Envisager la « carrière » pour gagner de l’argent relevait, à de rares exceptions près, du fantasme. Dans tous les cas, Eric Losfeld a été d’abord un militant, avant toute ambition professionnelle. Militant littéraire en premier lieu, chaque livre qu’il a publié – que ce fût ou pas une bonne idée – a été un engagement personnel. Militant idéologique ensuite, la détestation de la droite, du colonialisme, du racisme, chevillée au corps. Militant éthique enfin : tous les grands combats pour la justice, contre la censure, pour la liberté d’expression, ont été les siens, avant, pendant et après Mai 68.

Au jour le jour, Paul Vacca

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 29 Mars 2017. , dans Récits, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Belfond

Au jour le jour, Février 2017, 379 p. 19,50 € . Ecrivain(s): Paul Vacca Edition: Belfond

 

« Sue, comme Eugène ? » demandait Simone-la dame de la poste, dans ce « télégramme » qu’on a tous dans l’oreille, tandis que la voix – unique – d’Yves répondait, légèrement agacée devant l’évidence : « Oui, Eugène Sue ».

Il y a comme ça des références tellement inscrites en nous – une langue, un passeport transgénérationnel, qu’en effet, ça va de soi. Eugène Sue – Les mystères de Paris, en sont. En même temps, difficile de ne pas convenir que ce genre de rivière, à force d’être souterraine, peut disparaître. Cherchez donc dans un manuel scolaire ; plus aucune trace des « mystères and co » ; tentez un micro trottoir – tranche des 14/18 ans : qui était Eugène Sue ?

D’où peut-être – en plus de l’indéniable et cabriolant talent de son auteur – l’intérêt, l’utilité même de cet Au jour le jour dont le titre claque comme feuilleton en page de journal, loin, dans le siècle d’avant le dernier, tout en étalant insolemment, une paradoxale modernité.

Mon Père, je vous pardonne, Daniel Pittet

Ecrit par Valérie Debieux , le Lundi, 27 Mars 2017. , dans Récits, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Editions Philippe Rey

Mon Père, je vous pardonne, février 2017, avec la collaboration de Micheline Repond, 240 pages, 18 € . Ecrivain(s): Daniel Pittet Edition: Editions Philippe Rey

 

Un titre qui interpelle.

Une préface percutante, celle du Pape François.

Prise de conscience de la souffrance endurée. Demande en pardon à toutes les victimes de pédophilie et à leurs familles. Message de compassion envers toutes celles et ceux qui ont souffert et souffrent encore de ces actes odieux.

Cri de colère lorsque le Successeur de Saint Pierre rapporte les paroles du Christ : « Celui qui est un scandale, une occasion de chute pour un seul de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu’on lui accroche au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’il soit englouti en pleine mer » (Matthieu, 18,6).

Exigence absolue, celle de « faire preuve d’une grande sévérité pour ces prêtres qui trahissent leur mission, ainsi que pour leur hiérarchie, évêques ou cardinaux, qui les protégerait, comme cela été le cas dans le passé ».

L’écume des voyages, Vincent Jacq

Ecrit par Lionel Bedin , le Jeudi, 16 Mars 2017. , dans Récits, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Voyages

L’écume des voyages, La Nouvelle Escampette, octobre 2016, 224 pages, 16 € . Ecrivain(s): Vincent Jacq

 

L’écume des voyages est une publication originale qui regroupe trois récits : Lisbonne, nuits intranquilles (poèmes) ; Vingt-trois moments de l’embouchure, des « clichés » écrits à Rabat dans les années 1980 et publiés en 1993 après « remuement de la langue », et surtout : Odeur d’encre, odeurs d’îles, un recueil de textes publié en 1991, peu connu du grand public ni des amateurs de littérature de voyage, et pourtant très littéraire et très voyageur.

« Plus on découvre de villes, de paysages, plus le mystère s’affine, et on parvient parfois à démêler quelques-unes de ses propres obsessions à mesure que chacune revêt le visage d’un lieu ».

Au fil d’une trentaine de chapitres, Vincent Jacq nous entraîne dans ses lieux, dans ses lectures, dans ses voyages, dans ses obsessions peut-être, en tous les cas dans une sorte d’abécédaire (mais sans ordre) de l’histoire des voyages, avec des thèmes variés.

Dieu, Allah, moi et les autres, Salim Bachi

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Lundi, 20 Février 2017. , dans Récits, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Maghreb, Gallimard

Dieu, Allah, moi et les autres, janvier 2017, 180 pages, 16 € . Ecrivain(s): Salim Bachi

 

Rompant avec une œuvre essentiellement romanesque initiée en 2001 par la publication remarquée du Chien d’Ulysse, ce dernier opus de Salim Bachi, auteur d’origine algérienne installé à Paris depuis une vingtaine d’années, est un récit très personnel où il nous raconte sa vie partagée entre l’Algérie et la France, s’interrogeant avec sincérité et lucidité sur sa religion, son rapport aux femmes et son destin d’écrivain. Un récit autobiographique empreint d’ironie et d’autodérision, de colère puis d’apaisement et dont émane, au-delà de sa vitalité, une profonde mélancolie.

Mort et vie, d’emblée intimement mêlées (tant du fait de la mort fondamentale de sa petite sœur que de sa propre maladie) sont au cœur de ce livre dont le déclic fut pour Salim Bachi le décès de son ami Hocine Ammari qui emporta avec lui tout un pan de lui-même : celui de sa jeunesse étudiante au cœur des années noires, de ce « féroce appétit de vivre et d’échapper à la guerre », que retraçait déjà son premier roman dont Hocine, le narrateur principal, accompagnait Mourad, son double fictionnel. Et « ce livre est en partie une tentative de sauvetage de ce qui n’est plus ».