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La Une Livres

Fureur, Chochana Boukhobza

Ecrit par Alexandre Muller , le Lundi, 02 Janvier 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Bassin méditerranéen, Roman, Denoël

Fureur, 5 janvier 2002, 407 p. 20 € . Ecrivain(s): Chochana Boukhobza Edition: Denoël


Il y a une bande de vieux amis qui se réunissent au café. Un café qui a connu ses beaux jours après la guerre, aujourd'hui un peu usé et vidé. Alexis, Francis, Piat, Jacques, Fanny et Saintonges (un ami ?) eux y gardent leurs habitudes hebdomadaires. Se sont des anciens résistants réunis par le hasard de la guerre. Cinq destins façonnés par des causes d'engagements diverses et des batailles menées différentes. Aujourd'hui, ils entretiennent des souvenirs d'anciens combattants mais ils rient boivent dansent et continuent de croire à leurs manières.

Il y a la question du nucléaire qui depuis la fin de la deuxième guerre a pris une place de premier niveau dans les questions énergétiques modernes. Dont la puissance a bouleversé les rapports diplomatiques mondiaux. Luttes d'influences, enjeux économiques, visées civile ou militaire, Brennilis/Finistère/Bretagne, trafics internationaux de déchets...

Il y a Jo, qui cinq mois en arrière avait un revolver, un salaire intéressant dans une boîte qui n'apparaissait dans aucun annuaire, en offrant comme service de protéger les chefs d'États, les financiers, les diamantaires.

L'écrivain de la famille, Grégoire Delacourt

, le Lundi, 02 Janvier 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Jean-Claude Lattès

L’écrivain de la famille, janvier 2011, 250 p. 17 € . Ecrivain(s): Grégoire Delacourt Edition: Jean-Claude Lattès

Le jeune Edouard, produit, du haut de ses sept ans, un petit poème. Aussitôt, le public familial l’acclame. Le génie n’attend pas le nombre des années, Edouard sera l’écrivain de la famille.

Les fameuses rimes, les voici :

Maman

T’es pas du Zan.

Papa

Tu fais des grands pas.

Mamie

T’es douce comme de la mie.

Papy

Tout le monde fait pipi.

Non à l'individualisme, Collectif (direction Muriel Szac)

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Vendredi, 30 Décembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Récits, Actes Sud

Non à l’individualisme, Actes Sud Junior ; octobre 2011 ; 7,80€ . Ecrivain(s): Collection Ceux qui ont dit non, Actes Sud Junior Edition: Actes Sud


« Le ton triomphant, le gérant ajoute : «Et récurez bien !» C'est la première fois que j'ai vu Yolande pleurer. Depuis, elle a pleuré plus d'une fois. Et bien d'autres ont pleuré comme elle. Ce jour-là, je ne me suis pas levée pour lui tendre un Kleenex ou lui tapoter la main dans le dos » ;


Une histoire banale ? Oui, certainement. Et oui, c’est bien cette banalité qui fait froid dans le dos, cette généralisation de l’individualisme, de l’égoïsme, du « chacun pour soi » qui mine notre quotidien.

Six romanciers en résidence dans la Drôme pour Actes Sud Junior ont, de ce fait, décidé de prendre la plume, comme on prend les armes, pour empoigner notre indifférence à bras le corps et nous infliger un sain électrochoc. Six romanciers donc, six univers différents qui touchent et questionnent des adolescents curieux d’apprendre ou de réapprendre le sens des mots solidarité ou altruisme. Six aventures, qui balayent le temps et l’espace, allant de la deuxième guerre mondiale au 31e siècle, de Paris à l’Amérique latine en passant par l’Afrique.

Esprit chien, Luc Lang

Ecrit par Didier Bazy , le Jeudi, 29 Décembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Stock

Esprit chien, 2010, 270 p., 19 € . Ecrivain(s): Luc Lang Edition: Stock


Luc Lang poursuit son travail avec cohérence. Il écrit après Malcolm Lowry et James Joyce. Joyce surtout. Et digérer Joyce n’est pas rien. Lang serait-il un Valéry Larbaud 100 ans après ? Plus drôle et cruel que cruels, les dernières nouvelles, Esprit chien est une œuvre cynique au sens strict et au sens courant. Qui donc sera réhabilité ? Diogène ou Antisthène ? Monime ou Onésicrite ? Cratès ou Métroclès ? Ménippe ou Ménédème ? Bion ou Cercidas ? Encore un effort, voici Hipparchia ! La cynique femme : Anne-Laure Chinon, fondatrice chic d’une fondation chic pour chiens chics, dans le Neuilly chic. Voisine du narrateur Dante Buzzati, elle le transformera en éperdu toutou amoureux pour mieux mettre le collier à son seul héritage : une maison familiale âprement acquise à coups de marteau de son père mineur italien manchot pas très chic et les pourboires de sa mère, serveuse dans un bistrot. La vie de chien ne saute pas toujours de génération. Délivrez Dante de sa descente aux enfers !

Les chapitres ont l’intitulé de races choisies. On se rappelle la construction cachée de l’Ulysse de Joyce. La langue de Luc Lang oscille entre les djinns de Victor Hugo et le parler djeuns. Un rap classique en somme. Un cocktail explosif où l’on suivra les quelques traces d’un certain Nicolas de Neuilly, d’une Cécilia, d’un Luc Ssébon (grand cinéaste du bleu) et de son copain Jean Nero (éternel plongeur sans bouteille)…

Je n'ai pas dansé depuis longtemps, Hugo Boris

, le Jeudi, 29 Décembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Pocket

Je n’ai pas dansé depuis longtemps, Belfond, janvier 2010, 392 p. 20 € ; Pocket, août 2011, 7,40 € . Ecrivain(s): Hugo Boris Edition: Pocket

Ivan est un cosmonaute envoyé en orbite pour 400 jours, à l’époque de Gorbatchev puis d’Eltsine. Il est médecin, et voyage avec Nikolaï et Viktor. Il réalise sur eux comme sur lui des prélèvements. Très vite, il les croit ligués contre lui. La paranoïa enfle, dopée par l’absence de la femme et des enfants d’Ivan. A mesure que sa peau part en lambeaux, l’apesanteur ayant cette action sur l’épiderme, Ivan voit sa sensibilité croître, sa susceptibilité aussi.

Et il connaît les statistiques : le risque d’y rester est de 7,5%.

Hugo Boris a une écriture froide qui colle à l’ambiance soviétique du roman.

Ici, dans l’espace, comme dans tout lieu clos, les sentiments sont exacerbés. Et l’auteur dissèque les comportements humains, dans cette station où chaque geste prend une signification précise et des proportions démesurées.

Peu à peu, le ton se réchauffe, le cœur l’emporte sur la froideur. Dans ce huis clos original, le suspens grandit à mesure que les jours (les pages) défilent, pour une dernière partie explosive.

Là-haut, le soleil se lève et se couche seize fois par jour.