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Vide alentour, Jean-Baptiste Pedini

Ecrit par Cathy Garcia , le Vendredi, 27 Janvier 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Poésie, Encres vives

Vide alentour. Encres Vives (Coll. Encres Blanches n°488) 2011 - 16 pages – Préface de Patrice Maltaverne - Prix 6.10€ . Ecrivain(s): Jean-Baptiste Pedini Edition: Encres vives

Le vide on ne s’y fait pas, écrit Jean-Baptiste Pedini, en 10 poèmes qui tournent autour de ce vide alentour. Le vide, il le creuse, le fouille, le traque, tente de lui donner forme en quelque sorte, de lui donner sens. Des poèmes comme des corps pour englober ce qui échappe, questionne pourtant, obsède même. Le vide révèle comme une éternelle insatisfaction.


« on décompose espaces

gestes

fouilles au corps

toujours plus simples

toujours à rechercher

d’autres possibles. »

Vie animale, Justin Torres

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 26 Janvier 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, USA, Roman, L'Olivier (Seuil)

Vie animale (We the animals). Trad de l’anglais (USA) par Laetitia Devaux. janvier 2012. 142 p. 18 € . Ecrivain(s): Justin Torres Edition: L'Olivier (Seuil)

La lecture de ce livre est un véritable basculement dans un univers littéraire « autre », une authentique rupture avec le paysage éditorial ambiant. Tant en ce qui concerne l’écriture, syncopée, haletante, stylo au poing comme on dit « caméra au poing » pour traquer au plus près l’étrange spectacle des êtres dans l’incroyable hypothèse qu’est une famille nucléaire, que dans le portrait de personnages plus qu’improbables et pourtant d’une familiarité absolue !

La famille du narrateur. Paps, Ma et les trois frères (en le comptant, il est le plus jeune). Tous déjantés ? Oui, en apparence, gueulards, brutaux, un peu (!) cruels, rigolards, imprévisibles.

« Quand on se battait, on se battait avec des bottes et des outils, des tenailles qui pincent, on attrapait tout ce qui nous tombait sous la main et on le jetait ; on voulait plus de vaisselle cassée, plus de verre brisé. On voulait plus de fracas. »

Le fracas est le fil rouge de ce roman familial pas comme les autres. Le bruit et la fureur. Et la fragilité des êtres aussi, et surtout. Parce que, dans la dérive de cette famille pauvre et marginale, il surnage quand même de l’amour. Un amour étrange et dévastateur qui laisse peu de place à l’épanouissement des trois frères.

Les poings sur les îles, Elise Fontenaille et Violeta Lopiz

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Jeudi, 26 Janvier 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Contes, Jeunesse, Le Rouergue

Les poings sur les îles, septembre 2011, 15€ . Ecrivain(s): Elise Fontenaille et Violeta Lopiz Edition: Le Rouergue


Les poings sur les îles est le premier album d’Elise Fontenaille, qui n’en est pourtant pas à son coup d’essai aux Editions du Rouergue. Si elle a plutôt l’habitude des textes longs destinés aux plus grands, elle s’est lancée avec succès dans la rédaction de cet opus en duo avec la plasticienne espagnole Violeta Ruiz, qui publie, elle, pour la première fois en France.

Les poings sur les îles est un album enchanteur dédié à tous les grands-pères du monde. Le narrateur a 6 ans, il apprend à lire et à écrire ; les mercredis et les dimanches il se rend chez Luis, son pépé, qui vit dans une petite maison entourée d’un jardin fabuleux et foisonnant d’oiseaux et de fleurs plus colorées les unes que les autres. Luis s’est installé ici il y a longtemps, quittant l’Espagne

« quand il avait onze ans. Il a traversé les montagnes, les collines, la campagne, et puis il est arrivé en France. Il fuyait la guerre et la misère, papa m’a dit il n’a pas eu d’enfance. »

L'homme à la carrure d'ours, Franck Pavloff

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 26 Janvier 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Albin Michel

L'homme à la carrure d'ours. Janvier 2012. 208 p. 15 € . Ecrivain(s): Franck Pavloff Edition: Albin Michel


Laponie russe. Finlande à l’Ouest. Mer de Barents au Nord et mer Blanche au Sud. Années 2010. Toile de fond : Voulkor, une ancienne ville minière russe rasée ; ses galeries servent d’entrepôt aux déchets nucléaires depuis près de vingt ans.


« Puis un jour d’automne, l’harmonie entre les hommes et la terre arctique fut tranchée par un ordre d’évacuation d’urgence signé des Autorités, doublé d’un décret sans appel ordonnant au trust de détruire l’usine et les docks de la baie, de faire sauter à l’explosif les immeubles de Voulkor et de colmater les puits des galeries de mine. […] Tout fut enseveli sous des tonnes de ciment et de mâchefer amenées par des cargos non identifiés qui se frayèrent un passage parmi les sous-marins nucléaires à l’abandon dans la baie. […] Plus aucun obstacle ne s’opposa au vent du nord. Sur les cartes de protection civile, les Autorités, gommant le nom des villes martyres, hachurèrent un large quart de cercle reliant la baie à la Plaine. Les fjords poubelles et l’isthme de terre lapone rongées de galeries bourrées de déchets d’origine inconnue furent rayés de la carte ».

Potemkine ou le troisième coeur, Iouri Bouïda

Ecrit par Yann Suty , le Mercredi, 25 Janvier 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Russie, Roman, Gallimard

Potemkine ou le troisième cœur. Traduit du russe par Sophie Benech, janvier 2012, 162 p. 17,50 € . Ecrivain(s): Iouri Bouïda Edition: Gallimard

Quand un film change une vie.

Paris, 1926. En prenant son ticket de cinéma pour aller voir l’une des toutes premières séances du Cuirassé Potemkine, de Sergueï Eisenstein, Fiodor Ivanovitch Zavalichine, dit Théo, n’imaginait pas que « soixante quinze minutes après le début de la séance, sa vie allait connaître un changement irréversible. »

En tant que militaire, il avait participé à la répression de 1905 et « c’est seulement alors, en découvrant sur l’écran sur qui il avait tiré bien des années auparavant, que cet homme dit avoir compris l’horreur du crime auquel il avait participé sans s’en rendre compte ».

Il se rend à la police en se déclarant coupable d’avoir commis un crime épouvantable.

« Un hasard m’a ouvert les yeux et j’ai compris que j’étais un criminel. J’ai commis un crime, il y a vingt et un ans, et je viens seulement de l’apprendre… A l’époque, je croyais juste exécuter un ordre. Je croyais tirer sur des insurgés, et voilà que maintenant, j’ai découvert que ce n’étaient pas des insurgés, mais des femmes et des enfants. »