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La Une Livres

Les plus belles berceuses de Jazz, Misja Fitzgerald Michel

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Mercredi, 06 Février 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Jeunesse

Les plus belles berceuses de jazz, Livre-disque, chansons choisies par Misja Fitzgerald Michel, paroles traduites par Valérie Bouzeau et illustrées par Ilya Green, Didier Jeunesse, septembre 2012, 45 pages, 23,80 € . Ecrivain(s): Misja Fitzgerald Michel et Elya Green

 

Les soirées d’hiver sont certainement les meilleures pour se pelotonner dans un fauteuil et paisiblement siroter une belle ballade jazz en feuilletant le superbe album qui accompagne cette sélection de standards.

Choisies par le guitariste Misja Fitzgerald Michel, ces mélodies viendront vous bercer agréablement et feront découvrir aux amateurs de tous âges les contrées enchantées des grandes voix du XXe siècle. Passant de la voix enfantine et cristalline de la pianiste Blossom Dearie (Once upon a summertime) au registre chaud et moelleux de Franck Sinatra et son big band (Brahm’s Lullaby), des envolées scat de Sarah Vaughan (Lullaby of birdland) à la fêlure de Lady Day (God bless the Child), cet éventail musical réussit le tour de passe-passe de trouver une harmonie et une même coloration à des œuvres et des interprètes de style et d’époques divers. Et si certaines sont spécifiquement des berceuses (Russian lullaby d’Ella Fitzgerald), d’autres s’en rapprochent simplement par le souffle tendre de leur timbre (My funny Valentine, Chet Baker).

Le coeur de l'homme, Jón Kalman Stefansson

Ecrit par Yann Suty , le Mardi, 05 Février 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Pays nordiques, Roman, Gallimard

Le cœur de l’homme (Hjarta Mannsins), trad. de l’islandais Eric Boury, 2013, 452 p. 22,90 € . Ecrivain(s): Jon Kalman Stefansson Edition: Gallimard

 

« Où résident le bonheur et la plénitude, si ce n’est dans les livres, la poésie et la connaissance ? »

Après le magnifique Entre ciel et terre, prolongé par La Tristesse des anges, qui était déjà un ton en-dessous, Jón Kalman Stefánsson conclut sa trilogie avec Le cœur de l’homme. Disons-le tout de suite : c’est l’épisode le plus faible.

L’intrigue de ce troisième opus commence là où celle du deuxième se terminait. Jens le postier et le gamin ont manqué de ne pas sortir vivants de la tempête de neige qu’ils ont bravée. Ils ont été recueillis par le médecin d’un village. Le gamin se réveille avec l’impression de revenir soudain à la vie. Il n’est d’ailleurs pas certain d’être toujours vivant.

« As-tu décidé si tu voulais vivre ou mourir ? s’enquiert cette femme ou plutôt cette jeune fille. Elle est rousse, les cheveux des défunts sont roux. Je ne sais, répond-il, je ne suis pas sûr de connaître la différence, et je ne suis pas non plus sûr qu’elle soit si grande ».

L’hiver cède bientôt la place au printemps et à l’été. La nature devient moins hostile. On ne risque pas la mort en sortant de chez soi.

La nuit du loup, Javier Tomeo

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 05 Février 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Espagne, Christian Bourgois

La nuit du loup, Janvier 2013, traduit de l’espagnol par Denise Laroutis, 150 p. 15 € . Ecrivain(s): Javier Tomeo Edition: Christian Bourgois

 

Voici une bien drôle d’histoire, serait-on tenté de dire. Dans une ambiance inquiétante qui frôle le fantastique, Javier Tomeo nous fait assister tout au long de La nuit du loup à une longue et étrange discussion. Cela se passe une nuit de 30 novembre, une date qui n’est pas anodine, cependant le sujet n’est pas là. Le sujet, ce sont deux hommes partis faire un petit tour après le repas, et qui tous deux, à une cinquante de mètres de distance l’un de l’autre, se foulent malencontreusement la cheville. Les voilà donc immobilisés là, dans la lande déserte. Tout proches, et cependant hors de vue, à cause d’un virage qui sépare Macarío, le premier, réfugié sous un abribus, d’Ismael, le deuxième, assis plus loin au bord de la route. Macarío vit à cinq cents mètres à peine de là, c’est un retraité solitaire, poète lyrique et un peu bizarre. Ismael, qui s’est foulé la cheville quelque temps après Macarío, est un assureur qui devait passer une nuit à l’hôtel du village, après avoir vendu quelques assurances-vie à des villageois faciles à convaincre. Un homme qui ne fait rien de plus que son métier, en somme, un citadin, marié, dont la seule bizarrerie serait d’aimer les films de vampires et de loups-garous, ce qui ne peut que nourrir l’imagination un peu plus qu’il ne le faudrait dans une telle situation.

La lettre d'Argentine, Ellen Willer

Ecrit par Valérie Debieux , le Mardi, 05 Février 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Jeunesse

La Lettre d’Argentine, La Grande Ourse, Collection Stardust, septembre 2012, 136 p. 12 € . Ecrivain(s): Ellen Willer

Lui, il se prénomme Elias. Son grand-père, il s’appelle Jacques. Les deux, ils font la paire. Rien ne les sépare. Pas même la « faucheuse » : « Le jour où mon grand-père est mort, j’étais encore petit, et je dois dire que je me suis conduit à la limite du pathologique pendant quelques jours. J’étais sûr qu’il était revenu sous la forme d’un fantôme, et c’était assez bizarre. Il paraît que, quand personne ne regardait de mon côté, je lui parlais à voix haute. J’ai fini par comprendre qu’il n’était pas plus fantôme que ça, mais que je l’avais tellement aimé qu’il vivait encore un peu en moi. Alors je lui ai fait une place, et depuis, donc, on vit ensemble. Quand j’ai besoin de lui, il est là, sinon, il se fait assez petit pour ne pas déranger ».

Jasper, c’est le papa d’Elias. Il n’est que rarement à la maison. Son métier : Tourneur. Une profession qui porte bien son nom. Sa vie, il la passe en tournée, en compagnie des artistes qu’il produit. Emma, sa maman, elle est parolière. Jusque-là, tout va bien. R.A.S. La famille coule des jours heureux. Leur vie est réglée comme du papier à musique, mais un jour, Elias reçoit une missive : « […] une lettre d’elle. De ma grand-mère. […] Mais quand j’ai ouvert sa lettre, que j’ai lu ses mots, que j’ai vu son écriture et sa signature, tracées de sa main, c’est comme si elle était sortie de l’enveloppe pour venir me pincer le menton. J’étais si pétrifié que mes yeux n’arrivaient pas à lire ». Mais qui est donc cette grand-mère « fantôme », vivant en Patagonie, qu’il ne connaît pas ?

Potentiel du sinistre, Thomas Coppey

Ecrit par Stéphane Bret , le Lundi, 04 Février 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Actes Sud

Potentiel du sinistre, février 2013, 215 pages, 19 € . Ecrivain(s): Thomas Coppey Edition: Actes Sud

 

Les romans décrivant le monde du travail, ses rouages implacables, les douleurs innombrables engendrées par les fermetures de sites, les restructurations à répétition, se multiplient dans la littérature française. C’est un signe de vitalité et de lucidité. Dans ce courant de la description sociale et aussi sociologique s’inscrit le roman de Thomas Coppey, Potentiel du sinistre, d’ores et déjà très prometteur.

Chanard, le personnage principal du roman est ingénieur financier. Il est dynamique, professionnel, compétent dans sa spécialité ; il ne manque donc pas l’entretien d’embauche du Groupe. C’est ainsi que se nomme l’entreprise qui va l’employer, comme pour en souligner le caractère anonyme et substituable. Chanard est marié à Cécile qui travaille pour la Société, autre nom générique donné à son employeur. Les collègues présentés à Chanard dès sa prise de fonction correspondent grosso modo à des archétypes de comportements :