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La Une Livres

Réponds correctement !, Eva Janikovszky

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 04 Février 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Pays de l'Est, Jeunesse, La Joie de lire

Réponds correctement !, illustrations de Lászlò Réber, traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly, septembre 2012, 40 pages, 12,20 € . Ecrivain(s): Eva Janikovszky Edition: La Joie de lire

 

« Quand on me pose une question, je sais que je dois donner la bonne réponse » se dit le petit garçon de cet album vif et impertinent. La difficulté, c’est que ses réponses conviennent rarement aux adultes. De plus les questions d’adultes sont rarement pertinentes et intéressantes. En résulte un calvaire de tous les instants pour l’enfant partagé entre l’envie de bien faire et ses propres désirs. « Réponds correctement » lui intime-t-on ! Mais quelle est la réponse correcte à « Tu peux me dire pourquoi tu brailles ? », « Qu’est-ce que tu veux manger demain, mon lapin ? », « Alors, quoi de neuf ? »…

L’enfant est fasciné par le langage des adultes où existent mille et une façons de dire oui, non et bonjour. Il ne sait jamais comment les satisfaire, sans s’attirer reproches, moqueries ou réprimandes. Que peut-il répondre aux invités lorsqu’ils lui demandent s’il préfère son papa ou sa maman ? s’il aime l’école ou ce qu’il veut faire plus tard ? Alors le petit garçon se tait et il sait que ce n’est pas la bonne réponse.

Les oliviers du Négus, Laurent Gaudé

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 02 Février 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Nouvelles, Babel (Actes Sud)

Les oliviers du Négus, 172 p. 7 € . Ecrivain(s): Laurent Gaudé Edition: Babel (Actes Sud)

La folie des hommes

 

Le lecteur assidu de Laurent Gaudé sait que cet auteur offre à la littérature française actuelle des compositions aux multiples facettes. Il y a le roman, il y a bien sûr des pièces de théâtre mais aussi des nouvelles. Les oliviers du Négus appartient au dernier genre. L’ouvrage comporte quatre nouvelles : Les Oliviers du Négus, Le Bâtard du bout du monde, Je finirai à terre, et enfin Tombeau pour Palerme.

Chaque nouvelle s’interroge sur la destinée humaine et ce que les hommes laissent derrière eux, une fois décédés. Dans la nouvelle-titre, le vieil homme Négus est-il un sage ou un fou ? Négus est-il la voix de la terre qui parle à ses enfants ou bien est-il obsédé par les folies d’un empereur dont l’audace est connue de tous pour avoir provoqué la Mort ? De même, que penser de ce ceinturon, fils du Destin envoyé par les insoumis pour annoncer la chute de Rome ? Et ce « golem », enfanté par la Mère Terre, fruit de sa haine et son désir de vengeance ? Négus est mort seul. Les villageois ne l’ont point entendu. Se peut-il que la Terre désavoue ses enfants qui tuent et qui massacrent au point de vouloir les anéantir ? La tragique vie des jumeaux de Palerme traquant le crime et leur mort constituent-il l’absurde combat perdu d’avance ou bien un regain d’espoir ?

La Méridienne : Saint-Malo Bamako, Marc Roger

Ecrit par Lionel Bedin , le Samedi, 02 Février 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Récits

La Méridienne : Saint-Malo Bamako, Éditions Folies d’encre & Merle moqueur, 2012, 18 € . Ecrivain(s): Marc Roger

Bamako (Mali). Il y a une cinquantaine d’années un homme apprend par le tam-tam qu’il est père, et se rend à la maternité pour la naissance de son fils, Marc, à qui ce passage dans cette partie du monde donnera le goût de lire, peut-être en souvenir des lectures « à l’ombre tutélaire des baobabs ». Saint-Malo (France) le 31 mai 2009. Face au Grand Bé, Marc Roger et « Babel (…) un âne commun de type grand noir » partent sur les routes. Destination : Bamako. Via l’Espagne, le Maroc, le Sénégal. De pays en pays, de ville en ville. Pour voyager, écouter, noter, mais aussi pour dire, lire, raconter. « Lorsque l’oralité et l’écriture seront complices, je m’incarnerai en griot blanc ». En route !

 

Voyager

La Méridienne est un récit de voyage. On y lira toutes les joies et les vicissitudes de la randonnée. Gites et salles de repos diverses accueillent l’équipage. À défaut : nuit à la belle étoile. La route, parfois « morceau de route heureuse », parfois euphorique – l’ivresse du marcheur –, parfois difficile (conditions météo, solitude, aléas de la géographie, fatigue, déprime, belles ou mauvaises surprises…) est ponctuée de rencontres, d’anecdotes, émaillée de souvenirs et de digressions. On quitte souvent le chemin bien tracé (quatre ans de préparation) pour bifurquer, pour divaguer.

Le méchant petit Poucet, Vincent Vanoli et Cédric Demangeot

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 02 Février 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Contes

Le méchant petit Poucet, La Pastèque, mai 2012, 48 pages, 15,50 € . Ecrivain(s): Vincent Vanoli et Cédric Demangeot

 

 

Ce Poucet là ne s’adresse pas aux enfants. En effet voici une terrible revisitation du célèbre conte qui fera date assurément : elle fait froid dans le dos et vous empêchera de relire les aventures des sept frères perdus avec votre naïveté d’antan. Avec un trait pesant et gras, Vincent Vanoli nous brosse dans son univers tranché, en noir et blanc, le paysage : une montagne, le versant sombre d’une vallée, une « cabane de bois mouillé à l’orée de la forêt », la solitude. Dans cette modeste demeure, vivent Poucet et ses parents, de pauvres hères qui n’ont plus que la peau sur les os et rongent les racines et les écorces pour lutter contre leur faim dévorante. La ribambelle de frères a disparu : c’est sur Poucet tout seul que s’abat la malédiction familiale et les coups du père, rustre devenu alcoolique lorsqu’il ne parvient plus à vendre son bois. Ici on n’abandonne pas ses enfants, on les exploite et on les martyrise. Nul besoin d’aller se confronter à un ogre, il est déjà là, au sein même de la maison. Pas de bottes de sept lieues quand on marche pieds nus dans une forêt que l’on connaît par cœur.

Les gens sont les gens, Stéphane Carlier

Ecrit par Guy Donikian , le Vendredi, 01 Février 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Le Cherche-Midi

Les gens sont les gens, 160 pages, 7 février 2013, 13 € . Ecrivain(s): Stéphane Carlier Edition: Le Cherche-Midi

 

Les vies bifurquent parfois au hasard qui peut ne pas en être un. D’aucuns appellent cela une destinée, d’autres opteront pour une décision consciemment prise. En tout cas, il y a des moments dans nos vies qui offrent des opportunités qu’il faut savoir saisir, des moments dont on sait bien qu’ils offrent le moment à ne pas rater.

Nicole Rivadavia est psychanalyste, elle a 57 ans, elle vit à Paris. Son métier ne la satisfait plus. Elle s’ennuie pendant les séances quand il faut avoir une oreille attentive aux récits fantasques des uns et des autres, qui affirment avoir été enlevés par des extraterrestres, ou qui s’exhibent dans les allées d’une grande surface. Mais l’incident le plus révélateur est le reproche d’un de ses patients, s’être endormie.

Son couple ne va pas beaucoup mieux. Jean-Pierre, son mari, ne la touche plus depuis longtemps, et lorsque Nicole décide de rendre visite à Elisabeth Cucq, son ancienne voisine qui s’est installée dans un village du sud de la Bourgogne, il ne suspecte même pas une liaison amoureuse, c’est dire l’état du couple.