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Les cages flottantes et Chéri-Bibi et Cecily, Gaston Leroux

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 09 Septembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Fantastique, Le Masque (Lattès)

Les Cages flottantes et Chéri-Bibi et Cécily, Le Masque, « Labyrinthes », 2011, 285 et 318 pages, 7,50€ chacun. . Ecrivain(s): Gaston Leroux Edition: Le Masque (Lattès)

 

Voici la réédition des aventures du célèbre Chéri-Bibi, forçat de son état, innocent devenu grand maître du crime, matricule 3216. Saluons cette excellente initiative des éditions du Masque qui permet d’offrir cette saga infernale à de nouveaux lecteurs en livre de poche.

Délaissant Rouletabille, Gaston Leroux donne naissance en 1913 à un personnage mythique et à sa célèbre formule Fatalitas ! Chéri-Bibi est un nouveau Jean Valjean poursuivi par son Javert, Costaud ! Car il est bel et bien un héros tragique comme il le souligne lui-même dans le second volet en établissant un parallèle entre sa personne et Œdipe, jouet d’un destin impitoyable. En effet les crimes commis par Chéri-Bibi découlent d’une injustice qui révulse le lecteur. Ce dernier frémit alors, non des méfaits du forçat, mais des délais apportés à la résolution de cette méprise première.


Rue Darwin, Boualem Sansal

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 08 Septembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Maghreb, Gallimard, La rentrée littéraire

Rue Darwin, 2011, 255 p., 17,50€ . Ecrivain(s): Boualem Sansal Edition: Gallimard

Après le magistral Village de l’Allemand, Boualem Sansal réinterroge les fantômes de l’Algérie, en tissant une toile nouvelle à partir de fils narratifs qui lui sont chers : la fraternité et les relations familiales, l’exil, le renoncement, les identités…

Yazid, le narrateur, retrouve sa fratrie à Paris où leur mère se meurt d’un cancer. Les différences entre eux les submergent : chaque enfant est parti à la conquête d’un continent et d’un univers professionnel d’exception, à l’exception de Yazid qui vit d’un travail obscur tout en se dévouant à leur mère malade en Algérie. Ceux qui partent et celui qui reste, ceux qui conquièrent l’avenir et celui qui veille sur le passé.

Une injonction « Va, retourne à la rue Darwin » amène le personnage à se retourner sur ce passé brumeux, refoulé, où il fut un enfant tiraillé, désiré et happé par plusieurs figures féminines en guerre les unes contre les autres.

« Enfant de la guerre ne sait de quoi il est fait, de grandes vérités fondatrices ou de perfides et lamentables complots. Je n’ignore pas seulement mes origines, qui est mon père et qui est ma mère, qui sont mes frères et mes sœurs, mais aussi quel monde est ma terre et quelle véritable histoire a nourri mon esprit.

Là aussi, il faut tout reprendre ».

Un avenir, Véronique Bizot

Ecrit par Yann Suty , le Jeudi, 08 Septembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Actes Sud, La rentrée littéraire

Un avenir, 120 pages, 16 € . Ecrivain(s): Véronique Bizot Edition: Actes Sud

Paul reçoit une lettre de son frère jumeau Odd lui annonçant qu’il part pour un temps indéterminé. Il lui demande de vérifier si le robinet de la grande maison familiale de 20 pièces qu’il vient de quitter a bien été purgé, il doute de l’avoir fait.

Paul fait les 300 km qui le séparent de chez lui pour constater que tout va bien. Il se demande si son frère ne l’a pas plutôt fait venir pour qu’il se rende compte par lui-même de l’accablement physique et mental qui pouvait être le sien dans ce décor.

Il ne peut plus repartir. Il se retrouve bloqué par la neige et doit passer la nuit, puis plusieurs jours, dans la maison glaciale, sans eau, alors qu’il souffre d’un rhume carabiné.

Ce séjour forcé sera pour lui l’occasion de raviver des souvenirs. Mais ce n’est qu’un livre de souvenirs, de digressions, où finalement l’intrigue de départ est très ténue. On aurait aimé qu’elle soit plus creusée, mais Paul ne s’intéresse pas à sa vie, ou il fait exprès de s’en détourner, de se concentrer sur le souvenir d’un voisin, d’une situation, sur des choses plus futiles les unes que les autres, pour ne pas avoir à regarder sa vie en face. Comme une fuite en avant.

Histoire naturelle de Selborne, Gilbert White

Ecrit par Didier Bazy , le Jeudi, 08 Septembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Essais, Iles britanniques, Le Mot et le Reste

Histoire naturelle de Selborne. Traduit de l'anglais (18°) par Nicole Mallet. 2011, 23€. . Ecrivain(s): Gilbert White Edition: Le Mot et le Reste


Traduite pour la première fois en français, l'histoire naturelle de Selborne est un monument. Il était grand temps de découvrir Gilbert White (1720-1789) en France. Car en Grande Bretagne c'est non seulement un classique mais Un des trois livres les plus publiés et réédités. L'hexagone est fermé, il faut le percer du dehors. Les Editions Le mot et le reste s'en occupe.

A première vue, deux séries de lettres destinées à deux savants britanniques. En fait, il s'agit bel et bien d'une grande et belle composition. Et le régime épistolaire nous implique et nous interpelle toujours.

Gilbert White est un pasteur érudit et curieux des choses naturelles. Selborne est un petit village isolé non loin de Londres. White observe, note, vérifie, expérimente. Sa méthode, originale pour l'époque, consiste à analyser les milieux naturels tels qu'ils se donnent et tels qu'ils changent dans le temps. Les plantes, les insectes, les asticots, les oiseaux, la terre, le tout dans cet espace de Selborne et au gré des saisons, voire du climat. Voici le pionnier de l'éthologie, un des premiers écologues modernes.

Le bon, la brute, etc., Estelle Nollet

Ecrit par Yann Suty , le Vendredi, 02 Septembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Albin Michel, La rentrée littéraire

Le bon, la brute, etc. 350 pages, 20 € . Ecrivain(s): Estelle Nollet Edition: Albin Michel

Le bon, la brute, etc. Un titre de western pour un livre qui n’en est pas un.

Le western est l’une des passions de Bang. Il aime en regarder, car, devant l’écran les choses se passent différemment que dans la vie.

« Car il ne regardait pas juste un film, il regardait des gens, oui, il pouvait les regarder à loisir et planter ses yeux dans les leurs, rien ne se passait rien ne s’interrompait rien ne basculait, tout continuait, et ça c’était magique. Il n’avait pas d’emprise sur leur vie. Le héros ne se tournerait pas vers la caméra pour dire qu’il préférait les bottes roses, pour dire que sa selle lui faisait mal aux fesses et qu’il mettait du coton dans sa culotte, pour dire qu’il avait pissé dans les bottes du joueur de poker. »

Bang a un problème. Il suffit qu’il croise une personne dans les yeux pour qu’elle lui révèle ses secrets les plus honteux, des secrets qu’elle n’aurait jamais dits à personne. Mais ce don n’en est pas vraiment un pour Bang, c’était plutôt une malédiction. Ou un coup de pas de bol.

Ses parents les premiers l’avaient abandonné à cause de ça. Nombre de gens qu’ils croisent et qui lui avouent leurs secrets veulent ensuite lui refaire le portrait.