Identification

Entretiens

Entretien avec Frédéric Martin, Directeur des Editions Le Tripode

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Jeudi, 09 Avril 2015. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

Lorsqu’au sortir de la Seconde Guerre mondiale, on demanda à Francis Ponge pourquoi il avait préféré écrire sur une forêt (Le Carnet du bois des pins, éditions Mermod, 1947) au lieu de rédiger comme les autres poètes des manifestes sur la Liberté, il répondit, tranquillement, que son ambition était de concevoir des bombes à retardement, et non des mitraillettes. La maison d’édition Le Tripode reprend pour lui cet état d’esprit. Depuis ses débuts, elle est au service d’auteurs dont elle admire la seule liberté possible : privilégier la sensibilité aux doctrines, le cheminement dissident de l’imaginaire à l’immédiateté du discours. Le lyrisme de Jacques Abeille, l’exigence de Robert Alexis, l’irrévérence d’Edgar Hilsenrath, l’iconoclasme d’Andrus Kivirähk, l’espièglerie de Jacques Roubaud, la virtuosité de Juan José Saer, le désir sans limite de Goliarda Sapienza, la rigueur de Jonathan Wable, la lucidité de Louis Wolfson ou encore la fantaisie de Fabienne Yvert… Voici quelques-uns des regards qui, de façon salutaire, nous sortent de la marche ordinaire du monde : Frédéric Martin.

Entretien avec Cécilia Dutter - Conseils de séduction à l’usage des hommes de mauvaise volonté

Ecrit par Laurent Bettoni , le Jeudi, 19 Mars 2015. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

D’ordinaire, Cécilia Dutter écrit des ouvrages sérieux. On lui doit, entre autres, un magnifique essai, Etty Hillesum, une voix dans la nuit (Robert Laffont, 2010), les romans Lame de fond (Albin Michel), prix Oulmont de la Fondation de France. Elle a récemment dirigé pour les éditions Salvator la publication de l’œuvre collective Un cœur universel, regards croisés sur Etty Hillesum. Mais elle a décidé de donner cette fois-ci dans la légèreté, puisqu’elle nous revient avec un guide pratique de séduction à l’usage des messieurs maladroits et de mauvaise volonté. Et force est de constater que Cécilia Dutter fait mouche aussi bien dans l’humour que dans la réflexion. Elle mêle d’ailleurs habilement les deux dans ce guide érudit, qui permettra à chacun de trouver sa chacune.

 

Laurent Bettoni : Comment passe-t-on d’Etty Hillesum aux conseils de séduction ?

Entretien avec Gilles Paris, écrivain et attaché de presse

Ecrit par Valérie Debieux , le Mardi, 10 Février 2015. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

« Attaché de presse dans l’édition : c’est un métier de l’ombre, où il faut savoir s’effacer derrière l’auteur, et surtout face à son livre. On ne fait pas de miracle sur un mauvais livre. Tout doit se préparer en amont bien avant que le livre rayonne en pile dans les librairies. Au calme. En réfléchissant avec l’éditeur et l’auteur à la meilleure manière de lancer le livre. Dossiers de presse, programmes, épreuves, faux livres avec couvertures envoyés aux médias, voyages de presse sur les traces du héros du roman ou du récit, montée en puissance des rumeurs propagée par les médias, déjeuners ou dîners avec auteurs et journalistes de la presse nationale ou régionale afin de mieux le faire connaître » (Gilles Paris)

 

Valérie Debieux : Gilles Paris, vous avez une longue expérience dans le milieu du livre et de l’édition. Vous avez œuvré dans la communication pendant plusieurs années, vous avez réalisé de nombreux portraits d’artistes, vous avez été critique également ; depuis 2006, vous êtes attaché de presse indépendant. Qu’est-ce qui vous a incité d’ouvrir votre propre agence en tant qu’attaché de presse ?

Entretien avec Saïd Oussad - Les Chemins inutiles

Ecrit par Mohammed Yefsah , le Jeudi, 15 Janvier 2015. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

 

Les Chemins inutiles, publié aux éditions L’Harmattan en France, est le premier roman de Saïd Oussad. Grand reporter au quotidien Liberté, il est le premier journaliste à avoir interviewé un chef terroriste lors de la décennie noire algérienne. Son roman, aux accents noirs, s’inspire de cet épisode. Cette œuvre est riche d’une écriture captivante et de la rétrospection du personnage principal, pris dans la spirale de la violence.

 

Entretien :

Vous venez de publier votre premier roman en France, « Les Chemins inutiles ». Commençons par le titre. Quel sens lui donnez-vous ?

Interview de Pablo Casacuberta, auteur de Scipion

Ecrit par Didier Bazy , le Mercredi, 14 Janvier 2015. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

Pourquoi Scipion comme titre ? Clé ou énigme ?

 

Nous élaborons tous l’histoire de notre vie autour de ce que Freud appelait « la scène primitive ». Une sorte de phrase initiale, d’image au caractère quasi religieux qui permet d’expliquer les miracles et les martyres de notre vie. Le personnage principal de Scipion, Hannibal, sent que son nom est chargé d’attentes, et il assume le fait que s’il lui faut entrer dans le costume de son personnage historique, il a besoin d’un adversaire aux dimensions proportionnellement épiques. C’est pourquoi il baptise intimement son père du nom de son archi-ennemi historique. Et tout comme Hannibal dans les guerres puniques, il finit par perdre. Le titre permet de souligner qu’Hannibal continue, même devenu adulte, à croire que ce qui lui arrive prend naissance à l’extérieur de lui plutôt que dans son propre esprit.