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Entretiens

Rencontre avec le dessinateur, illustrateur, photographe, Jean-Claude Claeys, par Philippe Chauché

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 01 Février 2017. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

Dans les années 80, c’est son imaginaire, sa plume et son crayon qui « illustraient » les couvertures des romans policiers, que publiaient les Nouvelles Editions Oswald. Une collection consacrée pour majorité aux auteurs de langue anglaise, beaucoup d’américains, quelques anglais : Helen McCloy, John Dickson Carr, Robert Bloch, Jack Vance ou encore Howard Fast et John Evans, on y trouvait également des romans noirs de Frédéric Fajardie et de Léo Mallet. On reconnaît immédiatement le style de Jean-Claude Claeys, son dessin en noir et blanc, ses visages, ses corps d’héroïnes, d’hommes déformés par la peur. Le trait est net, vif coupant comme une lame de couteau, un dessin pour une situation, très théâtralisée, une situation pour raconter un roman. En parallèle, Jean-Claude Claeys signe quelques livres scénarisés et dessinés, dont Magnum Song, Lame Damnée (avec Nolane) et La Meilleure façon de tuer son prochain (qui reprend ses fameuses couvertures), un style fait de noirs et de gris, un art de la mise en « scène » de la page, beauté du trait, richesse des combinaisons de gris, de noirs et de blancs, Jean-Claude Claeys manie à dessein les armes du dessin. Son univers doit beaucoup aux films noirs de la Warner ou de la RKO, taxis dans la nuit, rues sombres, clubs de jazz enfumés, femmes fatales, armes de poing, cris et déchirements, musiciens solitaires, c’est toujours Autour de Minuit que tout se joue.

Entretien avec Thomas Kelly, le virtuose romancier des bâtisseurs de New-York

Ecrit par Jérôme Diaz , le Samedi, 14 Janvier 2017. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

Malgré l’intérêt du lectorat français pour le roman noir américain, le New-Yorkais Thomas Kelly, auteur de trois romans publiés chez Rivages, reste peu connu du grand public (1). Points communs à toutes ses histoires ? La ville de New-York, le milieu ouvrier, la diaspora irlandaise, les relations politico-mafieuses, le tout mariné dans des ambiances de bistrots et de batailles politiques à des périodes-clé du XXe siècle… Bref, un univers à situer quelque part entre Dennis Lehane et la série de Martin Scorsese, Boardwalk Empire. Bref, du lourd. Et du super bon. Excellent connaisseur des arcanes de la politique locale pour s’y être lui-même impliqué, Thomas Kelly a bâti une œuvre qui, des tunnels aux gratte-ciels en passant par les restaurants chics et les quartiers où il vaut mieux ne pas traîner ses guêtres, rappelle aussi bien Jack London et Emile Zola que Colum McCann et James Ellroy. En 1998 sortait son premier roman, Le ventre de New-York (2), et son traducteur Pierre Bondil réalisait le seul entretien paru à ce jour dans la presse française (3) – et grâce à qui ce qui suit a pu être réalisé. Et depuis, silence radio… jusqu’à aujourd’hui.

Entretien avec Jean-Luc Romero, conseiller régional d’Ile-de-France

Ecrit par Michel Tagne Foko , le Vendredi, 13 Janvier 2017. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

Nous recevons aujourd’hui Jean-Luc Romero, à l’occasion de la sortie de son nouveau livre : SurVivant ! Mes 30 ans avec le sida (Ed. Michalon) Une œuvre documentée, mêlée un peu par la genèse du virus du sida et l’histoire vraie de l’auteur. Une si belle leçon de courage !

Pour revenir à l’auteur, il est le seul homme politique de la République française à avoir révélé sa séropositivité. Maire adjoint du XIIe arrondissement de Paris, chargé du Tourisme et de la Culture. Conseiller régional d’Ile-de-France. Investi par Anne Hidalgo, maire de Paris, d’une mission spéciale sur le tourisme LGBT et la nuit à Paris. Etc.

 

Michel Tagne Foko : À un moment, dans votre livre, vous parlez du 3e congrès d’Africités, qui se déroulait au palais des congrès à Yaoundé au Cameroun, et qui rassemblait de nombreux élus, chefs d’État, ministres, etc., où vous deviez intervenir, militer un petit peu. Comment expliquez-vous le manque d’intérêt pour ce genre de débat ?

Panorama de la littérature en Moldavie de nos jours (3) - Entretien avec Aliona Grati, critique littéraire de Moldavie

Ecrit par Maria Augustina Hâncu , le Samedi, 26 Novembre 2016. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

Vous avez parlé des prosateurs, des romanciers. Mais quel est l’état de la poésie aujourd’hui, quelles sont les préoccupations des poètes de langue roumaine de la République de Moldavie ? Comment résonnent-ils avec la poésie de Roumanie et d’Occident ?

On écrit beaucoup et de la bonne poésie en langue roumaine en République de Moldavie : une poésie variée du point de vue thématique et comme art poétique. On traverse une période tolérante à tous les types de poésie pourvu qu’elle soit de qualité. Des volumes de jeunes auteurs paraissent, mais aussi des anthologies de poètes seniors. Il existe de la poésie ludique, érudite, livresque, textualiste dans l’esprit de la postmodernité, ainsi que de la poésie qui n’a pas abandonné l’esthétique de la modernité. On écrit avec la rime des vers libres, de la poésie métaphorique et une poésie des combinaisons rhétoriques, de la poésie métaphysique, hermétique et de la poésie connectée au concret autobiographique et prosaïque. En servant l’esprit de l’époque, la plus grande partie des poètes ont une identité multiple en étant simultanément modernistes, métaphysiciens, prophètes du nouveau monde, textualistes, ironiques.

Panorama de la littérature en Moldavie de nos jours (2) - Entretien avec Aliona Grati, critique littéraire de Moldavie

Ecrit par Maria Augustina Hâncu , le Lundi, 14 Novembre 2016. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

Dans quelle mesure ces sujets sociaux peuvent rendre nos écrivains intéressants, attractifs pour le public occidental ?

 

Maintenant je vais faire abstraction de la poésie qui, en vertu du modèle, participe peu aux phénomènes extra-littéraires, même si les poètes de notre espace géographique et culturel n’ont pu que rarement s’en éloigner, et je vais faire référence au roman. Ce genre est en règle générale plus porté sur la vérité sociale et politique. On aime croire que depuis 1991 jusqu’à aujourd’hui le roman roumain de Moldavie a réussi à dire quelque chose d’essentiel sur la condition humaine et que, libérés par les blocages idéologiques de la période soviétique ou bien encouragés par l’ouverture vers le modèle européen, nos écrivains ont offert à ceux des autres cultures et littératures qui sont intéressés un matériel pertinent qui décrit l’expérience, les traumatismes spirituels que les Moldaves ont subis sous le régime totalitaire. Les vérités désagréables sur une humanité agressée par un régime diabolique distinguent nos écrivains et avantagent leur encrage dans l’horizon de l’époque, préfiguré en ce sens par Aleksandr Soljeniţin, Alexandr Zinoviev, Milan Kundera, Ismail Kadare, Czeslaw Miłosz, Adam Michnik, etc.