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Entretiens

Les mille veuves, entretien avec Damien Murith

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 21 Novembre 2015. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

« Assises devant les maisons, les femmes raccommodent les mailles déchirées des filets. Leurs doigts sont gercés ; par habitude ils ne saignent plus.

Elles parlent des hommes, de la mer, elles parlent des mains affolées qui s’agitent au bout des quais, des lèvres qu’il faut pincer car au fond de la bouche cogne la nausée des grandes peurs, des tumultes du cœur quand l’attente a le souffle de la cire et de l’encens, elles parlent, elles chantent, et leurs voix comme des brouillards s’élèvent immenses et lasses » (Quatrième de couverture).

 

Valérie Debieux : Damien Murith, après La Lune assassinée et Les mille veuves, vous êtes en cours d’écriture du troisième volet de ce triptyque peu ordinaire. L’évocation du « ciel » va-t-elle ainsi succéder à celle de la « terre » et de la « mer » ?

Damien Murith : Le ciel aura effectivement une présence importante dans les trois volumes. Il est celui qui regarde les hommes, le témoin des drames à venir, celui par qui les saisons viennent, s’en vont. Par contre, il ne sera pas la suite de la terre et de la mer ; le troisième volume aura pour cadre la pierre, plus précisément, la ville.

Entretien avec Karim Younès (La tragédie des Morisques. Ou la nouvelle géographie du monde)

Ecrit par Nadia Agsous , le Mercredi, 11 Novembre 2015. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

Les éditions Casbah (Algérie) publient un livre d’histoire qui nous immerge dans le passé afin d’éclairer le présent et pouvoir ainsi appréhender le futur. Rencontre avec l’auteur, Karim Younès !

 

Votre ouvrage traite de la conquête musulmane de la Péninsule ibérique menée par Tariq Ibn Ziyad au début de l’année 711. Quelle est l’idée centrale de ce livre ?

 

L’histoire a été écrite par les vainqueurs avant que la narration objective ne retrouve sa place dans les universités. Nous n’échappons pas à la règle. Notre riche passé est délibérément occulté et les leçons que nous pourrions en tirer ne nous apparaissent pas clairement malgré les progrès de la recherche historique.

« Bad », entretien avec Daniel Fazan

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 04 Novembre 2015. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

« Dans une campagne d’ici naît un garçon pas comme les autres. Il compte tout, les cheveux, les pétales des fleurs, les pas nécessaires pour rejoindre la lune. Sa mère veuve s’affole. Elle a de quoi s’inquiéter, il deviendra un Einstein bis. Un cerveau génial et cependant un handicapé de l’affection, évidences qui pousseront cette octogénaire, Reine Lélène, à vivre encore vingt années de folies.

Toute la tonicité de la révolte, celle du bonheur de vivre en sens contraire. La félicité se brosse parfois dans l’autre sens du poil.

Reine Lélène, mère oubliée, nous redonne ce qu’elle a découvert : la joie inconnue qui attendait patiemment le soleil sous l’amertume enterrée » (Quatrième de couverture).

 

Valérie Debieux : Daniel Fazan, votre dernier-né, « Bad », vous l’avez écrit, selon vos dires, un « Ange sur votre épaule » et ce, en l’espace de trois jours. Avez-vous la sensation que cet Ange n’est présent à vos côtés que lorsque vous écrivez ou à d’autres moments de votre existence ?

« Jésus & Marie », entretien avec Jon Ferguson

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 29 Octobre 2015. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

« Petit à petit, Jésus se mit à percevoir la vie comme une sorte de jungle, une contrée sauvage. Il réalisa que la seule chose qui dirigeait le monde était le pouvoir. Hérode avait eu du pouvoir. A présent, c’était son fils qui tenait le pouvoir. Ponce Pilate avait du pouvoir. Certains rabbins possédaient du pouvoir. Le pouvoir se passait d’une personne à une autre, d’un groupe à un autre. Les esclaves n’avaient pas de pouvoir, les femmes non plus. Ce n’étaient jamais eux qui commandaient les autres, qui faisaient les règles » (Extrait de Jésus & Marie).

 

Valérie Debieux : Jon Ferguson, votre nouveau roman s’intitule « Jésus & Marie » et votre préface commence par ces mots : « Tout ce que l’on a écrit sur Marie-Madeleine est faux. Tout ce que l’on a écrit sur Jésus est faux ». Et, toujours dans cette même préface, vous précisez : « Le récit que je choisis de faire de l’histoire d’amour entre Jésus et Marie-Madeleine n’est que le fruit de ma seule imagination. Et je n’attends de personne qu’il me suive ». Qu’est-ce qui vous a incité à écrire cette histoire ?

Trois gouttes de sang et un nuage de coke - Entretien avec Quentin Mouron

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 23 Octobre 2015. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

« Le ton est vif, le style léché. A mi-chemin entre le roman social et le thriller, Trois gouttes de sang et un nuage de coke laisse le lecteur sans voix » (quatrième de couverture).

 

Valérie Debieux : Quentin Mouron, dans « Trois gouttes de sang et un nuage de coke », l’un de vos personnages, un romancier, dit : « Vous ne vous figurez pas le nombre de faces de gland qui s’apportent à mes séances de signature pour m’expliquer comment j’aurais dû écrire mon livre, comment je dois écrire les prochains et comment je suis censé être, moi, humainement ». Pareille situation vous est-elle déjà arrivée ?

Quentin Mouron : Absolument ! J’ai d’abord pensé que c’était à cause de mon jeune âge… Mais tous les écrivains que j’ai interrogés ont vécu cela au moins une fois. Et cela ne concerne pas que les écrivains ! Chez l’homme, la volonté est forte de poser en professeur, peu importe la matière, peu importe les compétences réelles !