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Entretiens

Entretien avec Evelyne Castellino - La Cie 100% acrylique

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 12 Juillet 2013. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

 

Fondée en 1983, la Compagnie 100% Acrylique est dirigée par Evelyne Castellino, en collaboration avec Nathalie Jaggi. Située à l’intersection des formes langagières, la Compagnie draine des spectateurs intéressés par la danse, le théâtre et les arts visuels. C’est entre les zones étranges du dit et du non-dit qu’elle ancre ses gamberges. La plupart des spectacles ont été créés à Genève et à Lausanne et certains ont tourné en Suisse et à l’étranger. […] Lorsque les corps ne peuvent se rejoindre, les mots viennent ravir ce que les corps ont perdu. Lorsque les mots se taisent, chaque geste est un aveu. Poésie des corps, poésie du son et des sens.

 

Evelyne Castellino vient de mettre en scène une nouvelle version de Electronic City (Falk Richter) qui s’est jouée récemment au Théâtre de la Parfumerie à Genève.

Entretien avec Frédéric Landenberg - Electronic City

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 11 Juillet 2013. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

Tom, businessman suractif, passe d’un aéroport à l’autre, d’un hôtel à l’autre, de telle sorte qu’il en vient à oublier s’il est à Tokyo, New York ou à Rome. Joy, la femme qu’il aime, travaille comme caissière pour une chaîne d’aéroport. Ils essaient de se croiser, de se retrouver, l’espace de quelques instants mais, infernale, l’exigence de productivité de leur entreprise respective les isole.

 

A travers une histoire d’amour entre le trader et la working girl, Richter dénonce un mode de vie en déroute. Les personnages n’ont plus de repères, vu qu’on les déplace tout le temps. Pour vivre leur histoire d’amour, ils se croisent entre deux chambres d’hôtel identiques ou d’un hall d’aéroport à un autre. Je veux montrer la perdition qui advient dès lors qu’on perd ses références. Et l’absence de communication qui naît dès lors qu’on multiplie à l’infini les supports de communication. Comment vit-on une relation amoureuse par messages et écrans interposés ? C’est le drame d’une hypercommunicabilité qui esseule. Mais on remarque aussi que la perdition que subissent les personnages finit par les ramener à leur humanité. A un moment donné, ils réalisent que quelque chose en eux crie « au secours ! », « je veux un autre rôle ! »

Entretien avec Bénédicte Heim

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 10 Juillet 2013. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

« Vivre, aimer, créer sont au présent. Et il n’y a rien d’autre ».

 

Matthieu Gosztola : Une voix, des voix. Une polyphonie. La maison du livre : maison de personnes tenues ensemble ?

 

Bénédicte Heim : Il n’y a pas de maison, ni du livre ni autrement. La maison, c’est la clôture, l’enfermement sans horizon, l’asphyxie. Donc pas de maison mais un foyer, ouvert, et des voix, oui, qui, depuis ce centre-là, fusent, se croisent, se percutent, s’éprouvent, se répondent, se façonnent mutuellement. Ce sont des personnes, en effet, ou plutôt des personnes en devenir, des voix qui s’essayent, se cognent les unes aux autres et tentent, au travers de la confrontation, du heurt à l’altérité, de se dégager, de se distinguer, d’accéder à l’état de personne entière, inaliénable.

Entretien avec Sophie Renée Bernard

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 04 Juillet 2013. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

Matthieu Gosztola : Vous venez de faire paraître deux livres aux éditions des Vanneaux : un roman intitulé La Bonne part et un recueil de poèmes qui a pour nom Traduites de la nuit. Dans ces deux livres, une présence éclot à chaque page, et même arrivée à floraison, elle ne cesse de continuer d’éclore : l’amour. L’amour comme intense présence à soi et à l’autre… L’amour comme intense proximité avec soi et avec l’autre…

 

Sophie Renée Bernard : C’est la même idée je crois. L’amour, quand il n’est pas qu’un jeu ou un passe-temps, bouscule les jalons de la perception, nos pensées familières. On reste soi, mais un soi détourné, décentré, tendu vers un autre. Un soi qui se découvre capable d’une certaine bonté, comme si l’être aimé renvoyait sa clarté propre, se faisait satellite par lequel la lumière des astres se réfléchit. Sans craindre le poncif, il me semble qu’aimer, c’est devenir meilleur, nécessairement. Car c’est remplir ses pensées de la beauté réelle ou rêvée de l’autre, c’est tendre vers cette beauté, chercher à s’en rendre digne.

Entretien avec Francis Huster - Albert Camus, un combat pour la gloire

Ecrit par Valérie Debieux , le Mardi, 25 Juin 2013. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

« Albert Camus, le héros de ce Combat pour la gloire, n’a jamais écrit une seule ligne de ce récit. J’ai pris sa peau et sa voix pour lui rendre hommage, et le coucher sur papier par la plume de son vrai stylo Parker – que Catherine Camus m’a fait l’honneur de m’offrir au soir de la première des neuf cent soixante-trois représentations de La Peste. […] Vous allez donc lire ou plutôt entendre, ce que j’ai noté non pas à sa place, mais en place de lui. Ici. Sur les planches du théâtre. Le lieu du monde où il a été le plus heureux. Là où il sera, à jamais, vivant. Pour que vous puissiez enfin partager avec lui, par l’au-delà, son combat pour la gloire ».

Francis Huster

 

 

Valérie Debieux : Francis Huster, vous venez de rendre un magnifique hommage à Albert Camus en écrivant « Albert Camus, un combat pour la gloire ». A quand remonte votre passion pour l’œuvre de Camus ?