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Entretiens

entretien avec Marie Ferranti - Marguerite et les grenouilles

Ecrit par Valérie Debieux , le Mardi, 13 Mai 2014. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

Avec Marguerite et les grenouilles, Marie Ferranti nous invite à effectuer un voyage en Corse, sa terre natale, et elle nous présente St-Florent, son village, un lieu unique aux saveurs sublimes, colorées et enchanteresses. L’auteure nous dépeint la beauté de son île avec une plume sensible et élégante. Son texte, d’une profonde tendresse, constitue un vibrant hommage à toutes celles et ceux qui incarnent St-Florent, au passé comme au présent.

 

Valérie Debieux : Marie Ferranti, à la lecture de votre roman, j’ai été très touchée par le soin et le souci du détail avec lesquels vous avez dépeint les personnages de votre récit. Certains d’entre eux sont vos amis, d’autres le sont devenus. Vous avez parfois mêlé fiction et réalité, « La Cumparsita » illustrant ce propos. Qu’est-ce qui vous a incitée à travailler sur ce projet ?

Pour une Maison de l’écriture, entretien avec Virginie Lou-Nony

Ecrit par Valérie Debieux , le Lundi, 14 Avril 2014. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

« L’écriture, comme la parole, est à tout le monde : prenez-la ! »

Martin Winckler

Valérie Debieux : Virginie Lou-Nony, quel a été l’élément déclencheur vous incitant à écrire ?

 

Virginie Lou-Nony : J’ai mis longtemps à le discerner – et encore, que sait-on de ses motivations profondes ? – mais il me semble que c’est le silence. Un silence protéiforme qui va de la violence verbale au mutisme en passant par le bavardage. Un silence qui consiste à utiliser le langage non pour dire mais pour masquer, et masquer qu’on masque en faisant du bruit. Les conséquences meurtrières d’un mésusage de la langue, du mensonge – intime, historique, idéologique – ; la puissance destructrice d’adjectifs envoyés comme des projectiles par un dépositaire de pouvoir contre un « inférieur », et tout particulièrement les blessures irréparables infligées aux enfants par des adultes censés les éduquer, les crimes de langage et, au revers de la médaille, le silence farouche gardé sur l’essentiel, l’inaccessibilité de chacun à soi-même, la difficulté à formuler ce qui nous importe le plus, l’inadéquation des mots à nos ressentis profonds m’ont, dès la petite enfance, marquée pour toujours.

Entretien avec Yann Suty - Cubes

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 12 Avril 2014. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

Extrait de Cubes, premier roman de Yann Suty :

« Alexis est revenu vers moi et m’a persuadé d’y jeter un œil de plus près. Je me suis relevé. Quand je me suis retrouvé au pied de l’un des cubes, j’ai levé la tête sans pouvoir en distinguer le sommet. Après avoir hésité, j’ai prudemment tendu la main et mon index a effleuré la paroi en verre. Une sensation de froid m’a envahi. Ensuite, j’ai posé la main à plat et une vague de chaleur m’a submergé. Un instant, j’ai cru que le cube avait ressenti ma présence et qu’il tentait d’établir le contact. Ce n’était pas le cube, mais moi. Un goût rance a inondé ma bouche et je me suis rendu compte que je saignais du nez. En me penchant en avant, j’ai éclaboussé l’herbe d’un sang qui m’a paru noir malgré la clarté de la nuit ».

 

Valérie Debieux : Yann Suty, quel est l’élément catalyseur vous ayant incité à écrire des romans ?

Alaïss l’immortelle, entretien avec Geny Laffitte

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 10 Avril 2014. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

Valérie Debieux : Geny Laffitte, vous avez embrassé la vocation de danseuse dès l’âge de cinq ans. Chacun imagine, sans difficultés, le chemin particulièrement âpre et difficile que vous avez ainsi suivi pendant toutes ces années pour devenir, consécration suprême, danseuse étoile à l’Opéra d’Hanovre. Aujourd’hui, vous avez choisi la voie de l’écriture et vous avez déjà publié plusieurs romans. Pouvez-vous nous dire comment s’est passé le passage de la danse à l’écriture ?

 

Geny Laffitte : Il n y a jamais eu un réel passage entre la danse et l’écriture. L’écriture a toujours fait partie de ma vie. J’étais encore très petite quand j’ai posé mes premiers mots sur le papier en écrivant des poèmes pour ma famille. L’appel de l’écriture était aussi présent que celui de danser mais dans l’ordre des évènements de ma vie je devais d’abord me réaliser au travers d’une carrière de ballerine.

Entretien avec Paul Fournel - Une vie d’écriture, consacrée à l’amour des mots

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 05 Avril 2014. , dans Entretiens, Les Dossiers, La Une CED

 

Valérie Debieux : Paul Fournel, quel a été l’élément déclencheur vous incitant à écrire ?

 

Paul Fournel : Incontestablement la lecture. Ce sont mes lectures d’enfance qui m’ont conduit sur le chemin de l’écriture, « naturellement », dirais-je, comme si l’écriture était le prolongement inévitable de la lecture.

Durant mes premières années de lecture intensive, pendant mon enfance stéphanoise, deux librairies qui ont été décisives dans mon destin d’aspirant écriveron. La grande et la petite.

La grande était celle des Plaine, père et fils. C’était la librairie du lycée, célèbre dans toute la ville. Les deux libraires étaient connus comme des loups blancs et pas un lycéen ne leur échappait. C’était ma librairie des listes de rentrée des classes, ma librairie des besoins urgents à la sortie des cours, ma librairie savante.