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Entretien avec Bénédicte Heim

Ecrit par Matthieu Gosztola 10.07.13 dans La Une CED, Entretiens, Les Dossiers

Entretien avec Bénédicte Heim

 

« Vivre, aimer, créer sont au présent. Et il n’y a rien d’autre ».

 

Matthieu Gosztola : Une voix, des voix. Une polyphonie. La maison du livre : maison de personnes tenues ensemble ?

 

Bénédicte Heim : Il n’y a pas de maison, ni du livre ni autrement. La maison, c’est la clôture, l’enfermement sans horizon, l’asphyxie. Donc pas de maison mais un foyer, ouvert, et des voix, oui, qui, depuis ce centre-là, fusent, se croisent, se percutent, s’éprouvent, se répondent, se façonnent mutuellement. Ce sont des personnes, en effet, ou plutôt des personnes en devenir, des voix qui s’essayent, se cognent les unes aux autres et tentent, au travers de la confrontation, du heurt à l’altérité, de se dégager, de se distinguer, d’accéder à l’état de personne entière, inaliénable.

Matthieu Gosztola : Un regard. Est-ce cela qui est au commencement du geste d’écrire ?

 

Bénédicte Heim : Non, le geste d’écrire ne procède pas d’un regard : je regarde peu et mal ou toujours de façon si orientée, obsessionnelle, polarisée, que la majeure partie des choses échappe à mon regard. J’ai une approche floue, floutée, biaisée des choses, je regarde « de travers », obliquement, je ne vois presque pas ce qui se présente tant je veux voir ailleurs, au-delà, tant je désire percer, dégager la verticalité et aller directement à l’invisible. Donc écrire ne procède pas d’un regard mais d’un état. Je tente, chaque fois, de transcrire au plus juste, une intériorité, une sensation brute, crue et telle qu’elle surgit et s’impose à moi dans l’instant. Mes textes sont donc des compositions bizarres, des instantanés successifs de sensations, d’émotions. Je suis un photographe qui n’aurait pas d’œil et qui radioscopie l’invisible.

 

Matthieu Gosztola : Votre regard est toujours une écoute de l’être, de son intériorité. Acide, mais d’un infini respect, posé goutte à goutte sur le plâtre de l’être, votre regard creuse. Sonde. Il explore, pour faire advenir. A la surface. Cela même qui est contenu en l’être et que ce dernier ignore contenir. Et il fait advenir cette vie à la surface du monde grâce à la prose. Grâce à la lueur et au tranchant des phrases. En quoi votre regard est-il littérature ? Autrement dit, en quoi la mise à jour de la substance même de l’intériorité la plus profonde, la moins aperçue, ne peut-elle advenir que par le chant, le rythme, l’ambiguïté, le souffle, la réserve, la déflagration propres à la littérature ?

 

Bénédicte Heim : Quelquefois je me dis que j’aurais aimé avoir un talent pictural ou photographique. Ou cinématographique. Fixer les secrètes pulsations de l’âme par l’image ou à traits crus sur une toile. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si je mets très fréquemment en scène des peintres, des photographes dans mes romans. Leur geste artistique, la geste que constitue leur œuvre me fascine. Et, c’est un poncif, mais la peinture offre une approche tellement plus immédiate et charnelle du sujet, de l’objet visé ! Dans l’écriture, il y a, inévitablement, médiation, détour cérébral qui peut égarer. Mais, rien à faire, mon instrument, mon outil de prédilection, c’est la langue, le verbe. Et c’est, au fond, une gageure exaltante de faire advenir sur la page les frémissements et les torsions de la chair. Il s’agit d’un détournement, d’un rapt de la langue qui n’a pas, a priori, vocation à dire, à cracher cette crudité-là. C’est donc à un inlassable, un incessant travail de forage, de torsion et de détournement, précisément, que je me livre. Il faut, sans relâche, pétrir, charrier, modeler et ciseler au plus aigu cette langue rétive pour la rendre viscérale, pour lui faire rendre gorge et abjurer tout ce qui ne relève pas de l’épidermique, du tripal à l’état. C’est une opération alchimique qui remplit, soulève, qui prend tout le corps.

 

Matthieu Gosztola : Le travail sur le rythme est très important dans vos livres. Comment s’effectue-t-il ? Est-il de l’ordre de l’instinct ? Est-il grammaire du regard, mais une grammaire que le regard n’a pas à apprendre (et ainsi à énoncer), puisqu’il est sa vie même ?

 

Bénédicte Heim : Oui, c’est instinctif, en effet. J’entends, je façonne et j’orchestre musicalement mes textes à mesure que j’écris. J’éprouve le besoin que mes phrases soient aussi proches que possible du poème. C’est une exigence musicale, encore une fois, et il n’y a pas préméditation ou calcul, tout s’agence organiquement en moi et surgit, dans son entièreté, sur la page.

 

Matthieu Gosztola : Le travail sur le rythme est-il façon de rendre audible le rythme même de l’être, ou plutôt le rythme de la lente mise à nu de l’être, jusqu’au plus profond de lui-même ?

 

Bénédicte Heim : Certainement. Mais, une fois de plus, il ne s’agit pas d’un processus réfléchi ni planifié d’aucune manière. La mise à nu est en effet l’exigence première qui préside à tous mes textes. Et cet impératif génère spontanément la forme et le rythme qui sont les plus à même de rendre sensible cet arrachement progressif des peaux et des oripeaux, ce creusement jusqu’à l’os que je vise jusqu’à épuisement…

 

Matthieu Gosztola : Chacun de vos livres me semble une mise à jour, mais comme on dirait : naissance. Et cette naissance n’advient pas uniquement par le langage, et par les moyens dont dispose la littérature ; elle advient également par la narration, par son cours, par sa structure, par son élan, par le rythme qui lui est propre. Pouvez-vous évoquer la façon dont la narration trouve en vous son rythme, sa nécessité ? Est-ce peu à peu ou brusquement, comme une révélation ?

 

Bénédicte Heim : Comme dit précédemment, c’est un processus organique que je ne contrôle pas ou peu. Tout se fomente, s’ourdit au secret de mon corps. Il s’agit d’une fermentation ou germination au long cours qui se cristallise à mesure dans les mots et jaillit par saccades successives, jour après jour. L’écriture se fait donc par fragments, par blocs qui adviennent entiers, sans reprise ni repentirs. La moisson du jour ne nécessite pas de retouche car elle a suffisamment infusé souterrainement. Et pour moi il s’agit bien, chaque fois, oui, d’une révélation : j’ignore ce que la livraison du jour me réserve, c’est toujours une surprise et, en même temps, comme je suis quand même mue par un dessein assez clair, je ne suis pas complètement prise de court non plus : ce qui vient répond à un désir secret, à la dictée de l’âme.

 

Matthieu Gosztola : Chacun de vos livres me semble une occasion qui est donnée à vos personnages de naître à eux-mêmes. Véritablement. Loin du confort faussement lumineux auquel nous a réduit la société. Dans un martèlement nu d’être, de corps, de sueur. Car la naissance à soi-même ne peut advenir que par l’autre, que face à l’autre, dans un rapport à l’autre qui est avant tout rapport amoureux, n’en déplaise à Lacan. Naissance à soi et naissance à l’autre se conjuguent alors, indivisiblement. Pouvez-vous revenir sur la façon qu’a votre écriture d’être toujours tournée vers l’autre, vers le mystère qui le constitue, et qui le rend (et pour le à jamais de notre pensée) planète inscrite dans l’orbe inlassable de notre imaginaire ?

 

Bénédicte Heim : Tout ce que vous pointez est très juste. Il n’est pas d’éclosion, de surgissement, d’advenue à soi qui puisse faire l’économie de l’autre. Le passage par l’altérité, si rude et parfois crucifiant soit-il, est la condition sine qua non pour accéder à soi-même. Mes personnages visent tous le dépassement, l’illimité ou, du moins, la pulvérisation des limites ordinaires. Ils veulent l’extase au sens étymologique : la sortie, le saut hors de soi, hors des limites dans lesquelles l’ego est étroitement circonscrit. Mais l’extase ne peut se produire sans arrachement voire sans déracinement. C’est une déflagration qui, toujours, est suscitée par le heurt, la friction, féconde ou destructrice, avec l’autre. Car l’autre est à la fois point d’achoppement et tremplin. Il est le lieu de l’ambivalence pure, il conjugue les limites et l’illimité. L’autre est le splendidement irréductible, l’énigme jamais percée, le lieu de la quête éperdue. Il est celui (et de manière privilégiée dans l’extase amoureuse) par qui j’accède au sacré, il est la vie accélérée, intensifiée. Il est aussi l’agent des remaniements, refontes, révélations/révolutions qui m’altèrent pour que, précisément, je donne ma pleine mesure. Oui, l’autre m’altère, non pas pour m’aliéner mais pour que je devienne plus pleinement moi-même. C’est du moins là l’enjeu de mes textes : que l’autre contre qui je me cogne ne soit pas une impasse. Il s’agit, au fil de l’écriture, de faire en sorte que l’impasse se mue en passage.

 

Matthieu Gosztola : Vos personnages ne sont pas personnages, ne sont pas construction de papier, ne sont pas petits êtres de papier, mais sont véritablement des êtres. Sont véritablement vivants. Sont véritablement des cœurs qui ne cessent de battre. Comment se construit votre rapport à eux, dans l’écriture ? Les laissez-vous vivre, vous chuchoter leurs actions, celles qu’ils doivent faire, ou qui doivent être faites, bien qu’ils puissent, en leur tréfonds, les redouter, puisqu’ils se trouvent en partie modelés par une réserve et une soif d’habitude et de confort, choses auxquelles ils sont bien souvent comme éperdument attachés (surtout les personnages masculins), bien qu’elles freinent leur envol dans la nudité.

 

Bénédicte Heim : Je me laisse habiter, hanter par mes personnages à moins que ce ne soit moi qui les vandalise, les vampirise : le mouvement est double, réciproque. Toujours est-il que leur voix et la mienne se confondent et que c’est comme un phénomène de possession magnétique et fascinant. Je prends et me laisse prendre, surprendre. J’aiguise mon écoute, je fais silence pour capter les gisements les plus profonds, les filets de voix les plus ténus. Pour les personnages qui me sont une énigme, je tâche de faire taire toutes les agitations, tous les mouvements parasites, tous les conditionnements et les élans réflexes de l’âme qui pourraient faire obstruction. Ce sont souvent les personnages masculins qui me sont étrangers, c’est vrai, et dont je m’évertue à percer les motivations mais pas toujours. Et il s’agit, là encore, d’une opération chimique et alchimique : je comble au maximum l’écart qui me sépare de l’autre, je fais le grand écart, je fais monter la voix de l’autre en moi, c’est comme une marée, je me laisse envahir et je transcris alors ce qui m’est dit ou dicté.

 

Matthieu Gosztola : Chacun de vos livres me semble être le lieu d’une révélation. Est-ce révélation, par le chant propre à la prose, de l’essence même de l’humain ? Cette essence se confondant, à bien des égards, avec un élan vers l’autre, et par conséquent avec le désir ?

 

Bénédicte Heim : J’aimerais que chacun de mes textes soit le lieu, le creuset d’une révélation. D’une révolution aussi. Celle qui advient quand bat l’exigence instante, quand perce et s’énonce la part de lumière. Je crois, fermement, profondément, qu’il existe, en chaque être, un recel de pépites, un filon aurifère et qu’il s’agit, de travailler, de pétrir sans relâche (mais pas de façon volontariste) les âmes que nous croisons afin qu’elles livrent leur or. Il en va de même pour mes personnages : je les malaxe, les exténue jusqu’à leur faire rendre gorge, jusqu’à ce que fuse le chant très pur tapi en leur fond. Et, pour ce faire, je ne crois pas qu’il existe d’aiguillon plus aigu, plus persuasif que le désir. Il faut, encore une fois, être traversé et retourné par l’autre (et, dans l’hypothèse haute, par l’autre aimé) pour accéder au meilleur de soi.

 

Matthieu Gosztola : Votre regard creuse en l’être jusqu’au feu, mais aussi jusqu’à la glace. Pouvez-vous revenir sur cette dualité si forte dans votre œuvre ? Dans votre œuvre, la glace me semble être un trait proprement masculin, tandis que le feu me semble appartenir à l’essence féminine, à ce mouvement de découverte et de passion qui la caractérise.

 

Bénédicte Heim : Votre approche est décidément perspicace. Il est vrai que le feu est (pas toujours quand même car il est des personnages masculins – récurrents du reste – particulièrement incandescents) la plupart du temps l’apanage des femmes dans mes récits. C’est le fruit de mon observation, de longues radioscopies et c’est aussi une réfraction brute (et assez brutale !) de la vie car, c’est une évidence, presque un axiome : les femmes sont, dans leur grande majorité, bien plus intrépides et brûlantes que les hommes. Elles n’hésitent pas à se jeter, à corps et fonds perdus, au feu. Les hommes, en revanche, si vive soit leur passion, veillent toujours à se réserver. Rares sont ceux qui embarquent sans retour et sans provisions. Ils ne sont pas très doués dans le registre de l’improvisation amoureuse, ils n’aiment guère danser dans le feu, se laisser peler vifs, se faire torches vivantes et plonger sans preuves et, encore une fois, sans provisions… Un homme qui m’est cher a coutume de dire qu’il aime à se jeter, comme moi, dans le vide à cette différence près que lui ne se jette jamais sans parachute… Il se trouve aussi que j’aime radiographier, forer, sonder les extrêmes et je mets donc en scène des hommes atteints par une forme excessive et intrigante de gel et qui vont se frotter à des femmes de feu. Le résultat est à la fois attendu et inattendu…

 

Matthieu Gosztola : La passion, cette façon qu’a l’être d’être emporté au-delà de la société, et des conventions qui lui sont rattachées, au-delà des topoï, mais aussi au-delà de lui-même, en-deçà de ses doutes, de ses empêchements, la passion habite les êtres qui habitent vos romans. Si elle appartient, par essence, aux êtres féminins, elle colore de son empreinte, jusqu’à manger leurs doutes, les personnages masculins. Votre prose révèle la passion contenue dans le cœur, et révélée par les inflexions de ce dernier, par chacun de ses battements, et contenue dans le corps, et révélée par sa musique, par chacun de ses mouvements, et contenue dans l’âme, et révélée par son ébullition, par chacune de ses efflorescences, – et déployée dans la vie, dans son mouvement. Mais, dans le même temps, votre prose exhausse la passion contenue dans la vie, dans ses tressautements, dans l’électricité des fleurs et des ruisseaux au cours infini. Votre prose dit la passion et en l’exprimant la fait advenir. Comme pour la première fois. Il n’y a pas restitution de la passion, d’un passé, mais éclosion d’une passion, dans le présent, par l’écriture, par votre style. Cela m’amène à songer que le cours de l’écriture et l’écriture de la vie sont, chez vous, indissolublement liés (d’une musique indissoluble, comme l’est toute musique). Comment naît l’écriture en vous ?

 

Bénédicte Heim : Il n’y a, en effet, pas césure, divorce, distorsion, écart ou écartèlement entre l’écriture et la vie. Ou le moins possible. J’ai à cœur qu’elles procèdent l’une de l’autre, se nourrissent et pratiquent un échange incessant comme le flux impérieux, sauvage du sang. Aussi, ce que je vis se reverse (sous une forme ou une autre) dans l’écriture et réciproquement, ou réversiblement, l’écriture anime, exhausse, sublime ce que je vis. C’est un processus organique, là encore, il est sans trêve et sans repos et il galvanise et exalte toute chose.

 

Matthieu Gosztola : L’écriture est chez vous ontologiquement musique. Comment advient la musique des mots ? Révèle-t-elle de la musique de l’être ?

 

Bénédicte Heim : Il m’est impossible de répondre à cette question. Disons que c’est ce à quoi je tends mais je ne suis pas en mesure de juger du résultat. Mes lecteurs sont seuls juges.

 

Matthieu Gosztola : Vous partagez, avec de nombreux lecteurs, (notamment) vos impressions de lectures sur le site Livres addict (http://www.livres-addict.fr/Livres.html). Cette déflagration de votre style et de la musique qui lui est propre est passerelle tendue entre le livre et le lecteur, passerelle qui révèle quelque chose de l’intériorité du livre. Intériorité tout à la fois du livre commenté et de vos propres livres. La lecture, et l’exhalaison de la lecture par votre style, est-ce une danse à deux, entre vous et l’auteur du livre commenté ? Pouvez-vous revenir sur cette part de votre vie ? Comment se conjugue-t-elle au quotidien ?

 

Bénédicte Heim : Le travail que j’effectue sur Livres-addict est une modalité ou modulation oblique (mais pas accessoire pour autant) de ce que je mets en œuvre dans mes textes : là aussi, à travers la lecture, je me laisse traverser, habiter, soulever par l’autre, par sa voix singulière qui m’emporte, me transporte, m’éclaire. Ensuite, à travers les chroniques que je rédige, je rends compte de cette singularité qui m’a frappée et parfois foudroyée, je rends compte d’un éblouissement, d’une fascination, d’une radicale nouveauté qui m’est entrée dans le corps, qui m’est entrée dans la peau. Je rends compte mais c’est, beaucoup, une façon de rendre grâce.

 

Matthieu Gosztola : L’écriture, un présent inlassable

 

Bénédicte Heim : Oui, tout, pour moi, se conjugue au présent car tout concourt au présent, tout converge dans le présent. Seule importe la présence, entière, sans réserve, au monde. Vivre, aimer, créer sont au présent. Et il n’y a rien d’autre.

 

Propos recueillis par Matthieu Gosztola

 

*

 

Jalons pour découvrir l’œuvre de Bénédicte Heim, publiée intégralement chez Les Contrebandiers éditeurs :

 

Je suis l’autre moitié de ton péché, 3 janvier 2013, collection Blanche.

Présentation :

« “Je m’invente les scènes que nous n’avons pas su vivre. J’invente mes cheveux coulant dans vos mains, ma nudité fluide sous votre paume et nos corps étreints par une chaleur qui serait d’après l’orage et même d’après la calcination. Je m’invente pliée nue, corps tout ensemble d’affût et de langueur, corps d’oiselle et de coureuse de fond, corps d’avant la cambrure et d’avant le bond, noyé et cardé d’attente dans un riche fauteuil grenat, corps intérieurement éclaté, écarlate. Corps replié nu dans l’attente de vos soins et de vos exactions. Les saccages et les prévarications opérés valant, surpassant tous les soins”.

Ce sont des lignes et des voix. Des consciences affolées qui traquent une vérité introuvable.

Un homme et une femme, créateurs tous les deux, se sont aimés d’amour fou.

L’homme, l’artiste à présent vénéré, est mort.

Un jeune homme, magnétisé, vient interroger la survivante de ce couple devenu légendaire.

Progressivement, il fait affleurer l’indicible, il débusque l’inavouable, le mythe s’effrite, s’humanise.

Sur une autre ligne, la femme s’adresse à un homme muré qu’elle aime, qu’elle a aimé aussi et en même temps que son aimé.

Et puis il y a la femme blanche qui habite et tapisse le corps de la femme centrale.

Qui est-elle ? D’où vient-elle ? De quels confins ?

C’est elle, peut-être, l’absolument incaptable, l’énigme personnifiée, qui détient la clef de tout.

Un texte dont le tracé complexe, hypnotique, plonge au plus profond du mystère, de la difficulté d’être et d’aimer.

Un texte aux accents incantatoires qui emporte vers la paît, qui toujours se dérobe, du divin ».

 

Extrait :

« Ne pas lâcher les chevaux cabrés qui ruent dans les entrailles, qui ruent en plein cœur du ventre. Ne pas lâcher les mots. Ne pas lâcher les chevaux sinon c’est les chiens, aussi, qui seront lâchés.

De profil, découpé, et qui enfonce les coins de ma vie, est-ce vous, est-ce vous ?

Et cette femme blanche et bleue, veinée d’absence, pourquoi me traverse-t-elle le corps ?

Il y a tous ces états du vent qui nous traversent, il y a tous ces états de la matière que nous traversons. Vous le savez : il n’y a pas que l’étroite pointe brûlante du désir, il y a les vastes plaines de l’esprit et tout est parcouru et soulevé, toutes les écorces sont percées, toutes les strates fracturées.

Poser les mots, tenir contre l’effacement. Embrasser toute cette noirceur pour la dissoudre. Et la blancheur, la traverser pour ne pas se contaminer d’absence.

Est-ce que l’orage va passer sans que jamais vraiment il n’éclate ?

Je suis seule, nue et grelottante, au centre du bûcher. Mais je tiens. Je suis la flamme verticale et glacée.

Paume contre paume, c’est aussi peau contre peau, non ?

Pendant que vous êtes là, en face, je ne veux pas vous voir, rien fixer, rien empreindre de vous, c’est trop cru, ça creuse trop dru et votre regard me fuit et votre corps est une réalité sablonneuse qui tout de suite fuit et dans une poignée de minutes tout sera soufflé alors… »

 

Tu ne mourras pas, 6 juin 2011, collection Bande dessinée

« Une jeune fille. Un enfant. Déjà, elle s’enlise dans une existence trop plane.

Il est débordé par sa singularité. Ils vont se rencontrer, s’espérer, se rejoindre.

Au-delà de ce qui est admis et supportable.

Pour quelques saisons en paradis, quelques saisons en incandescence.

Jusqu’au drame. Car la jalousie du monde profane veille ».

 

Extrait :

« Avant, elle marchait le long des trottoirs en regardant d’un œil distrait l’intense circulation qui saturait les grands boulevards. Avant, elle enfonçait ses poings dans ses poches, elle les serrait très fort, animée contre le monde d’une rage qu’elle ne s’expliquait pas. Avant, sa vie était divisée en quartiers proprement découpés qui ne communiquaient pas entre eux. Avant, elle flottait dans son corps comme une étoffe trop large, une maison inhabitée. Avant, elle n’avait qu’un seul prénom. Avant, elle croyait que tout avait une cause. Avant, elle lisait beaucoup de romans d’amour où elle ne reconnaissait rien et des essais austères. Avant, elle avait un amant, des amis, des cours à la fac. Avant elle, n’était rien, mais elle ne le savait pas. Avant, le temps lui manquait. Avant, elle s’ennuyait. Avant, elle divisait ses expériences en deux catégories : les corvées et les menus plaisirs, elle n’imaginait pas d’alternative à cette médiocrité ».

 

Nues, 5 janvier 2011, collection Blanche

Présentation :

« Soit quatre personnages en quête non d’auteur mais de sens. Quatre personnages requis. Diversement, mais au même degré extrême par la beauté. Deux hommes, deux femmes. Un peintre, un photographe, une dramaturge anciennement mannequin star, et une très jeune top model.

Ensemble, ils vont expérimenter, l’espace de quelques séances de pose, et jusqu’au vertige, les tournoyantes figures du désir et l’hypothèse de l’amour. Chacun surgira définitivement autre de cette friction décisive à l’altérité. Chacun sera, à un moment donné, corps et âme intégralement mis à nu. Une exploration minutieuse, poussée dans ses plus infimes et improbables ramifications, des combinaisons et des possibilités offertes par le désir. Par le choc pris dans la double aspiration de l’art et de la nudité.

Un texte troublant, aussi magistralement sensuel que cérébral.

Une plongée hypnotique dans l’opacité des êtres, dans les arcanes du désir et de la création ».

 

Extrait :

« Lui, il ne dit pas non. Il ne dirait pas non peut-être. Comment savoir ? Il reste là tapi dans son antre. Il attend qu’on vienne le déloger. Ou pas. Elle, elle n’ose pas cogner. D’autant moins qu’il y a cette transparence. Affichée. Mais c’est peut-être une vitre. Et elle craint les éclats de verre. Fichés sous la peau, ils restent bien après le sang. La douleur résiduelle est la pire. Pourtant, elle, la glace ça la connaît, elle s’est armoriée avec, elle s’est retroussé l’âme à force de la soumettre à des stages frigorifiques, le froid extrême, les conditions polaires sont ses alliés mais elle a beau faire, elle n’est pas mithridatisée et là, c’est le saisissement tétanique qu’elle n’a su anticiper, prise elle qui se présumait déprise de tout. Qui se réputait guérie de ça.

Elle écrit des pièces de théâtre. Des haillons de pièce. Des pièces pulvérulentes. Quelques mots autour des tranchées, des trouées pratiquées par une énergie atomisante. Mais les paroles rabougries, calcinées, les dialogues étiques surgis des décombres plaisent. Des metteurs en scène s’entichent de cette indigence, ils disent radicalité, resserrement autour du noyau, violence salubre, ils se gargarisent, s’exaltent. Ils disent dépouillement, beauté raclée, nudité du nœud, des nerfs à cru.

Elle, la beauté, son commerce, elle connaît. Elle a été modèle, mitraillée, des photos par centaines et avant, au tout début, des poses dans des écoles d’art. La beauté, maintenant, elle veut la défaire, aller contre, voir ce qui reste après. Elle en sait les pièges, les gratifications mensongères. Elle est lasse, surtout, de l’usage grossier qu’on en fait. La beauté, ses séductions faciles et ceux qui (l’immense majorité) y succombent, elle en est saturée. Elle a soif d’exigence. Pour autant, elle récuse aussi le courant antipodique, celui qui se décrète, se veut insurgé et qui, sous prétexte de s’élever contre les canons classiques, les physiques formatés, élit l’insolite, le très bizarre, voire le vulgaire, le glauque et le carrément hideux. Célébration de la laideur, système non moins aliénant que l’autre et aliéné à ce dernier. Si elle était photographe, elle ciblerait moins la beauté que la noblesse ».

 

Soleil cou coupé, 3 décembre 2009, collection Poche

Présentation :

« Elle a 14 ans. Elle tombe follement amoureuse. Jusqu’ici, tout va bien ? Mais c’est d’une femme. Elle a 32 ans. Elle est prof. Comment attirer l’attention de l’aimée qui ne soupçonne rien de ce qu’elle a déclenché ? Comment s’en sortir quand l’amour dont on ignorait tout, le tout premier amour, se mue en passion dévorante et coupable puisqu’il s’adresse à une figure interdite qui n’entend pas donner son consentement ? Existe-t-il une autre voie que de se laisser mourir, de jouer avec sa propre vie jusqu’à éveiller enfin l’intérêt de la seule personne qui importe au monde ? Peut-on trouver une issue quand on heurte l’impossible de plein fouet ? ».

 

Aly est grand, 2 octobre 2008, collection Blanche

Présentation :

« Ce livre retrace le rapport orageux de l’auteur à l’école. Entre détestation et passion, terreur et allégresse, dégoût et exultation, c’est un parcours d’élève puis de professeur qui nous est conté. Parcours jalonnés d’épisodes douloureux voire destructeurs mais aussi d’émerveillements purs, d’éblouissements aussi violents qu’inespérés. On passe d’une paisible école de campagne à un lycée huppé et réputé de centre-ville pour finir dans la tourmente d’un collège de banlieue. Le rapport n’est jamais institutionnel, il ne va jamais de soi car l’auteur est inadaptable et il lui faut emprunter des chemins de traverse, inventer son propre mode d’être dans ce monde qu’est l’école puisque les modèles proposés la rebutent et la blessent. Le chemin de croix se mue finalement en adhésion lumineuse. On croise des figures de professeurs puis d’élèves, tous hors normes qui ont favorisé cette conversion. Aly, à qui il est rendu hommage dans le titre, est l’un de ces êtres d’exception.

En filigrane, on apprend comment la souffrance endurée fut le creuset de l’écriture ainsi que l’épreuve nécessaire pour accéder à une joie tout à fait démesurée, une extase puisque c’est bien d’une relation d’amour et d’un retournement mystique dont il est question… »

 

Extrait :

« Qui eût cru qu’un jour j’en arriverais à cette extrémité, à désirer écrire sur la jubilation d’être dans une salle de classe ? Moi moins que quiconque. J’ai toujours détesté l’école. Que dis-je détesté, je l’ai exécrée, abominée, maudite jusqu’à la plus profonde, la plus insoupçonnable de mes fibres, la plus extrême de mes terminaisons nerveuses. Captive apparemment volontaire, j’ai enduré mille morts, traversé des forêts d’épouvante, j’ai été broyée, anéantie un nombre incalculable de fois, j’ai connu toutes les terreurs, toutes les détresses qui fleurissent dans ce milieu carcéral. J’ai connu l’infernale flambée, l’arrachement des nerfs à vif, mille fois j’ai voulu m’enfuir, tourner le dos définitivement à la quotidienne torture, mille fois j’ai prié pour qu’on éloigne de moi cette coupe, ciguë toujours recommencée qui m’écorchait, qui me rongeait les lèvres et me mangeait l’âme, mille fois j’ai prié pour qu’on substitue à ma présence suppliciée une absence vaporeuse à quoi je tâchais de me réduire. Attachée à la roue du supplice, j’assistais encore et encore, inlassable Prométhée, au démembrement de mon corps. Le saccage n’avait pas de fin. Il célébrait d’ombre mon visage rivé à sa nuit intérieure. J’étais à la fois le souterrain et la poudrière. Mon regard sombre dilué d’effroi réverbérait la mort. Mon agonie trop discrète ne s’ébruitait pas. Mais tour à tour je demeurais prostrée ou je me tordais sous l’enclume ».

 

L’âge de l’outrance, 3 janvier 2008, collection Blanche

Présentation :

« Une jeune fille, Vive, qui fuit un foyer asphyxiant et trouve dans la prostitution une liberté provisoire.

Deux adolescents étranges et magnétiques qui entretiennent une relation plus que gémellaire, catalysent les désirs et suscitent les plus folles rumeurs.

Une femme, Eve, professeur charismatique qui entraîne ses élèves dans la revisitation d’une pièce qui débordera sur leur vie.

Une vieille commère, un vieillard raffiné et un jeune homme qui ne peut affronter le monde que par l’entremise d’une caméra.

Tous ces personnages appartiennent à une constellation brûlante et explosive.

Sous le signe de Phèdre, ils prennent corps et se dévoilent à travers une mise en scène qui les exacerbe.

Le mystère règne en maître sur ce texte prenant dont la singularité déroute autant qu’elle captive.

À la fin, les énigmes sont levées mais l’envoûtement demeure ».

 

Extrait :

« Elles sont deux en une. Du même sexe. Du même ventre. Du même sang. Cependant pas du même œuf. Pas même jumelles. Sœurs. Longues. Brunes. Dures. Semblables jusqu’au vertige. Distinctes pourtant. Ne sachant que faire de la dissemblance et de la proximité. Corps frottés, usés contre la même pierre. Pour produire quelle étincelle ? Statues de sel sous quel regard rétroversé ? Fixités érigées par quelles mains ? Énigmes l’une à l’autre par le monde charriées. Lèvres à peine décloses. Nudités interdites. Valves sombres. Mutité et intempérance se cognant dans le même espace. Crues de violence. Bouches strangulatoires. Membres mal suturés. Enchevêtrement de voix feutrées, de proférations basses à la lisière du cri, lignes de fractures tendues. Meurtrières. Oblitération des signes. Elles campent en position de gisantes. Corps d’alerte, âmes vigiles, sentinelles couchées guettant le premier blêmissement du ciel. Lancinantes. Incisives. Précipités pâles que galvanisa le fusionnement des enfances. Migrant à travers la rumeur inaudible du sang. Déduites du foyer. Blessures blanches du souffle à fleur de vent. Comme flammes s’élevant en débord du boisseau. Arpentant une migration qui ne sait pas naître. Elles sont toutes les deux, ensemble et séparément, une entorse aux règles. Quand dehors le printemps verse dans le feu, elles demeurent figées, glaciaires, postées dans la soif que rien ne désaltère. Sombres chatoiements qui à peine ondoient. Filles en embuscade frappées de sidération. Regard braqué sur des chutes en cascade sans relèvement. Cœurs inexpugnables. Elles portent le même outrage sur leurs visages martelés par le même sang tourné, retourné. Veuves de leur vie. Leur crime n’est pas blanchi. Transies, tapies, elles s’annulent dans leurs mouvements prestes, s’émiettent dans le temps qui pantelle. Le même spasme force leur mémoire.

Il y a l’aînée et il y a la cadette. L’aînée pâle tendue concentrée. Noire, cheveux et prunelles. Découpe austère du visage, visage de lame, tranchant de l’épée. Cheveux courts, mise sobre et stricte. La cadette, cheveux flous, couleur auburn, mèches flammées, visage de miel, doux sourire mi-clos, corps vagabond sous des robes dansantes et dentelées, vaporeuses. Héroïne romantique, anachronique égarée dans un siècle de sevrages et d’enchantements calibrés. Orpheline de ses échevellements. L’aînée droite dressée raidie. La cadette souple flexible ondoyante. Le fil et la flamme. La gouvernante victorienne et l’elfe funambule. Toutes deux pourtant tissées du même silence. Enfoncées, engoncées dans la même nuit. Pétries du même secret. Expulsées de lui. Quêtant vainement les soleils rajeunis. S’attardant aux balcons lunaires. Elles s’enveniment, corps cardés à l’absence, voix s’éraillant de ne pas surgir. Elles vivent dans un paysage suffocant, le vent y est cuisant et le sud confisqué. Leurs fronts se cerclent du même cerne ».

 

Le livre d’Ysé, 25 janvier 2007, collection Blanche

Présentation :

« Alix, peintre ayant tourné le dos à sa vocation. Ysé, figure de sa rédemption, jeune modèle qui lui rend l’usage de lui-même et de ses dons. Ensemble, ils inventent un amour aussi fécond qu’insatiable, aussi exclusif que donateur et le débridement charnel avive en eux le sens du sacré. Toujours en alerte, en quête d’absolu, ils sont la preuve que le fol amour ne rime pas nécessairement avec perdition. Eux-mêmes artistes, ils font de leur amour leur œuvre majeure. Avec ce roman, Bénédicte Heim clôt un cycle consacré à l’amour fou. On retrouve ici sa prose enfiévrée et son goût de la démesure. L’écriture frappe par son lyrisme emporté et par l’alliance qui se fait jour entre un charnel très cru et un ardent élan mystique. La hauteur de vue, le souffle de l’écriture, l’exigence poétique et morale, l’incandescence qui parcourt chaque page font de ce texte une référence en même temps qu’un hommage vibrant, incantatoire, à la passion amoureuse ».

 

Trajectoire d’une licorne, 30 mars 2006, collection Blanche

Présentation :

« C’est le parcours d’un être singulier, un être d’exception travaillé dès l’origine par le mystère et la nécessité de la création. C’est l’histoire d’une vie fracturée en son centre, déviée de sa trajectoire, confisquée, retranchée de la vie brûlante. C’est l’aventure d’un homme égaré dans une vie qui n’est pas la sienne, une vie prosaïque. C’est l’histoire d’un être qui reprend progressivement possession de lui-même. C’est le portrait d’un artiste. C’est l’histoire d’un amour fou par lequel le scandale arrive, par lequel la rédemption advient ».

 

La femme de mon père, 22 août 2005, collection Blanche

Présentation :

« Quatre personnages en quête de salut. Une plongée dans l’enfer familial. Monologues croisés du père, de la mère, du fils et de la fille qui ne sont pas autrement nommés que par ces appellations génériques. Tour à tour, à travers des tirades, des litanies plaintives, rageuses, explosives ou déchirantes, ils évoquent l’obscure malédiction qui pèse sur eux et qui est celle de l’amour abusif, dévoyé, destructeur ou cruellement absent. Peu à peu se précise la nature maléfique des liens qui les unissent les uns aux autres, liens corrompus, attaqués par le venin d’une souffrance sans remède. A la fin, les deux enfants n’auront d’autre choix, pour survivre au désastre, que de reproduire, mais en le convertissant radieusement, l’inceste initial commis par les parents. Ce texte fouille les entrailles de l’humanité souffrante et égarée et il en tire des accents terribles qui l’apparente aux mélopées des mythes archaïques ou des tragédies antiques. Après Tu ne mourras pas où la passion empruntait une voie interdite, après Adoremus nouveau Cantique des Cantiques, Bénédicte Heim explore une nouvelle fois l’amour fou mais sous son versant le plus sombre. »

 

Adoremus, 6 janvier 2005, collection Blanche

Présentation :

« Elle : Tu es entré en moi par effraction, par ces quelques mots glissés comme par inadvertance au détour d’une phrase, ces quelques mots qui furent tout de suite morsures déchirant ma conscience embuée, ces quelques mots qui ameutèrent en moi tout un peuple obscur et battant que je tenais durement captif et qui s’est levé, s’élançant et m’assaillant en rafales par grappes successives car c’était la vraie levée d’écrou et c’était comme un battement d’ailes percutant des salves d’écarlate. Parce que tu m’as dit juste comme ça, juste pour voir : “Je crois que je manque un peu d’amour…”

Lui : Et moi je te voyais pour la première fois et je te parlais comme si c’était la dernière, comme si nous ne devions plus nous revoir sur terre et qu’il fallait que tu recueilles de moi, en une seule fois, tout l’essentiel afin de le propager ailleurs et après moi, il y avait urgence soudain à tout dire de ce que j’avais toujours tu, à tout délivrer de ce que j’avais toujours contenu et il y avait en moi la poussée irrépressible des mots que je décachetais un à un et que je te présentais comme une offrande à la fois liminaire et ultime.

Elle et Lui : Dialogue sur le fil. Fragments d’un discours amoureux. Chronique d’un merveilleux désastre. Ils se cherchent, s’attisent, se cognent, se blessent, se désirent, se brûlent, s’apprivoisent… La parole intervient en cours de déflagration, elle se remémore et elle est contemporaine du lien qui se tisse. Les amants se répondent et peu à peu, mot à mot, bâtissent la légende de leur histoire ».

 

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A propos du rédacteur

Matthieu Gosztola

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Rédacteur

Membre du comité de rédaction

 

Docteur en littérature française, Matthieu Gosztola a obtenu en 2007 le Prix des découvreurs. Une vingtaine d’ouvrages parus, parmi lesquels Débris de tuer, Rwanda, 1994 (Atelier de l’agneau), Recueil des caresses échangées entre Camille Claudel et Auguste Rodin (Éditions de l’Atlantique), Matière à respirer (Création et Recherche). Ces ouvrages sont des recueils de poèmes, des ensembles d’aphorismes, des proses, des essais. Par ailleurs, il a publié des articles et critiques dans les revues et sites Internet suivants : Acta fabula, CCP (Cahier Critique de Poésie), Europe, Histoires Littéraires, L’Étoile-Absinthe, La Cause littéraire, La Licorne, La Main millénaire, La Vie littéraire, Les Nouveaux Cahiers de la Comédie-Française, Poezibao, Recours au poème, remue.net, Terre à Ciel, Tutti magazine.

Pianiste de formation, photographe de l’infime, universitaire, spécialiste de la fin-de-siècle, il participe à des colloques internationaux et donne des lectures de poèmes en France et à l’étranger.

Site Internet : http://www.matthieugosztola.com