Identification

Les Chroniques

Carnets d'un fou - XIII, Michel HOST

, le Vendredi, 18 Novembre 2011. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED


Le 17 novembre 2011


Rétrospectivité / Prospectivité / Objectivité / Subjectivité / Invectivité / Perspectivité / Salubrité


________________________________________

 

« Écrire rappelle les détournements de mineurs : il n’y a pas une idée qui soit à maturité au moment qu’on la fixe. »

Aragon, Le Libertinage


________________________________________

"Pourquoi aller à Bangkok ?"

Ecrit par Elena-Brandusa Steiciuc , le Mardi, 15 Novembre 2011. , dans Les Chroniques, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

Les voyages au temps de la Securitate

Pendant la dictature, la liberté était un mot vidé de son sens. Nos dirigeants en truffaient leurs longs discours, on nous la faisait entendre lors des réunions obligatoires d'enseignement politique, ou bien pendant les deux heures de programme quotidien de la seule chaîne de télévision. Mais en réalité, la liberté, on la connaissait aussi bien que la face cachée de la lune...

Je voudrais parler dans ce qui suit d'un aspect particulier de cette notion, qui me tenait à cœur et qui était une question épineuse pour tous les Roumains au temps de la Securitate : les voyages. Enfermés derrière les frontières bien gardées du pays par des « chiens » un peu mieux nourris que nous, nous étions les petits animaux de la ferme qui devaient plier l'échine sans avoir la terrible audace de penser. Laisser sortir de l'enclos ces robots aurait été nuisible pour le système : ensuite ils auraient moins accepté l'endoctrinement et le mensonge officiel.

Mais voilà qu'il y avait, quand même, des Roumains et des Roumaines qui, pour toutes sortes de raisons, demandaient à voyager à l'étranger. S'il s'agissait d'aller dans les pays socialistes, surtout en Union Soviétique, pas de problème, le voyage était dans la poche, on n'avait même pas besoin d'un passeport, la simple carte d'identité suffisant à cette fin.

Chronique du sel et du soufre (Novembre 2011)

, le Lundi, 07 Novembre 2011. , dans Les Chroniques, Chroniques Ecritures Dossiers, Chroniques régulières, La Une CED

L'homme précaire et la littérature

 

« L’homme précaire et la littérature »… Ce titre somptueux me rappelle quelque chose. En effet. Vous avez raison. Mais il ne s’agit pas de plagiat, je vous rassure ! J’emprunte ouvertement ce titre à André Malraux (1) et j’en profite pour vous conseiller une relecture de l’œuvre complète de l’ancien ministre de la Culture du général de Gaulle (2) non point parce qu’il repose au Panthéon depuis 1996 ou parce qu’il connut lui aussi la gloire de se voir attribuer le prestigieux Prix Goncourt (en 1933 pour La Condition humaine) comme Alexis Jenni (3) cette saison !

En réalité, comme tout à chacun, chaque année, début novembre, je me demande ce qui restera dans deux ou trois ans du lauréat du Goncourt, qu’il soit édité ou non par Gallimard d’ailleurs… L’énorme roman d’Alexis Jenni L’Art français de la guerre est promis à une vente dépassant largement les 150 000 exemplaires, d’autant que le visage souriant et sympathique du Jenni en question rappelle irrésistiblement celui de Le Clezio, notre Nobel de Littérature, quand il était jeune…

La mère Michel a lu (3) - Jean Maison

Ecrit par Michel Host , le Dimanche, 06 Novembre 2011. , dans Les Chroniques, Chroniques Ecritures Dossiers, Chroniques régulières, La Une CED

(Photo Yves Marty)

 

De Jean Maison, poète, trois recueils :


Terrasses stoïques, éd. Farrago, 2001, 43 pp., 70 ff

Araire, éd. Rougerie, 2009, 57 pp, 11 €

Le premier jour de la semaine, éd. Ad Solem, 67 pp., 19 €


Je suis chercheur de pierres. J’excave la roche pour lui rafler ses émeraudes, ses diamants. Et passe le sable du temps au tamis des mots. Je lis les poètes. Non : « des » poètes. Ils sont trop peut-être, car beaucoup sont des perroquets qui s’ignorent, croient inventer, et même « créer », comme ils disent en levant le menton. C’est regrettable, les effets sont nocifs. Entre autres ceux-ci, évidents, que la poésie est une monnaie dévaluée pour la plupart des lecteurs de ce temps, que les poètes eux-mêmes se lisent peu entre eux.

Chemins de lectures (8) - Holmes, Freud ...

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 03 Novembre 2011. , dans Les Chroniques, Chroniques Ecritures Dossiers, Chroniques régulières, La Une CED

Littérature, psychanalyse, détectives et autres babioles ...

 

« Quel est l'art, quelle est la méthode, quelle est la pratique qui nous conduisent où il faut aller ? » Plotin, De la dialectique, Ennéade I, livre 3.


La fiction, sous toutes ses formes, filmique, romanesque, a souvent rapproché les figures de Sigmund Freud et de Sherlock Holmes. Je ne vais pas lister, ce serait bien long. Cependant je dois citer, pour le plaisir, le livre « Sherlock Holmes et le cas du Dr Freud » de Michael Shepherd (1984) et surtout le film jubilatoire de Herbert Ross « Sherlock Holmes attaque l'Orient-Express » (1976) dans lequel, notre bon Docteur Freud, encore très jeune, entreprend de guérir le célèbre détective londonien de sa fâcheuse addiction à la cocaïne.

La rencontre était inévitable. Les deux « hommes », le réel et le héros de fiction, font le même métier. Détective. Mot d'origine anglaise, to detect, découvrir, c'est-à-dire rendre visible ce qui pour des raisons diverses ne l'est pas au départ.