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Les Chroniques

Souffles 9 - Comment aimer la lecture ?

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 18 Octobre 2011. , dans Les Chroniques, Chroniques Ecritures Dossiers, Chroniques régulières, La Une CED

Souffles in "Liberté"

… Un jeune bien branché m’a posé la question suivante : que dois-je faire pour aimer la lecture ? Une question problématique, embarrassante et dérangeante. Je ne possède pas de réponse, ni pédagogique ni psychologique. En revanche, je lui ai raconté mon cheminement avec les livres et la lecture. À mes yeux, on n’enseigne pas l’amour, ni celui des femmes ni celui des livres, comme on enseigne les mathématiques. Mais on tombe amoureux des femmes et des livres. En réponse à la question : que dois-je faire pour aimer la lecture ? Je me suis interrogé : quand et comment suis-je arrivé à la lecture imaginative et culturelle. Quand et comment suis-je tombé amoureux !? La réponse à cette question n’est pas non plus claire dans ma tête. Certes, cela s’est passé bien longtemps avant d’entamer le chemin de l’écriture. D’ailleurs, l’écriture n’est que l’autre face de la lecture. Durant toute ma vie, scolaire et universitaire, il est sûr que ce que j’ai appris des bibliothèques est plus important que tout ce que j’ai ramassé, pendant de longues années, des bancs d’écoles et d’amphis. Une bonne bibliothèque est meilleure qu’une école. Là où je passais, là où je séjournais, mes lieux préférés étaient les bibliothèques. J’aime les anciennes bibliothèques, avec fonds classiques, ornés de fascinantes éditions marquées par le charme de leurs couvertures artisanales. Les bibliothèques ont leurs odeurs et les bibliothécaires aussi.

A qui appartient Albert Camus ?

Ecrit par Kamel Daoud , le Samedi, 15 Octobre 2011. , dans Les Chroniques, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED


A qui appartient Albert Camus ? La question est d’un goût éthique douteux et se rapproche plus du partage du gigot d’agneau que du débat sur l’héritage et la naissance d’un univers. Et pourtant cette question est devenue une tradition à chaque cycle de commémoration posthume pour cet immense écrivain sans pays déterminé. A chaque fois qu’il s’agit de parler de cet homme ou de son oeuvre, ici chez nous ou en France, c’est cette question qui est là, en sourdine, en voix off, en sous-entendu. Est-il algérien, franco-algérien rétroactif, français hésitant, pied-noir universel ? Appartient-il au patrimoine algérien de la « diversité » ou à celui de l’immense tradition culturelle française, bien qu’il soit né ici ? Est-il un « universel » ou un cas particulier ? Son oeuvre est-elle algérienne ou française ? Annonce-t-il un pays ou écrit-il un poignant adieu sans fin pour une terre rêvée mais mal partagée ?

Aujourd’hui, même plus de 50 ans après la disparition tragique de cet homme, on en est encore à cet acte notarial et à ce testament non soldé. Le président français veut en faire une « oeuvre positive » française et se hâte de ramasser les cendres de cet écrivain pour les réduire à un acte de nécrophage en les « installant » au Panthéon.

Chronique du sel et du soufre (Octobre 2011)

Ecrit par Jean-Luc Maxence , le Lundi, 10 Octobre 2011. , dans Les Chroniques, Chroniques Ecritures Dossiers, Chroniques régulières, La Une CED

MIEUX QUE LE GONCOURT : LE LIVRE ROUGE DE JUNG !

Quelle rentrée littéraire escarpée ! C’est à n’y pas croire. On annonce un peu partout, et pas seulement dans les salons mondains, la fin du roman, de la poésie, de la polémique, du monde ! Et pourtant, je reste résistant et optimiste, je suis encore heureux de lire, d’écrire, de méditer, d’aimer et de sourire, à en essorer le pathos conformiste et redondant  de l’écologie finale.

Hantise du réchauffement climatique, dogmes obligatoires concernant la fin annoncée de la planète… Sans doute l’heure est-elle venue de lutter contre cette rhétorique de la  Sainte Trouille obligatoire ? Dès lors,  l’essai insolent de Pascal Bruckner (1) qui vient de paraître retient mon enthousiasme  quand il rappelle à bon escient  que « la culture de la peur a toujours constitué l’instrument favori des dictatures » !

C’est ainsi, je refuse d’être un mélancolique incurable. Je n’hésite pas à rejeter le catastrophisme ambiant, quitte à choquer le Parti verdâtre des Eva Joly de la mort programmée. Je ne veux pas adhérer au Mouvement pour l’extinction volontaire de l’humanité, rassemblement d’individus qui ont décidé de ne pas se reproduire. J’attends en revanche que mon fils fasse de moi, un de ces quatre, un grand-père heureux.

Chemins de lectures (7) Octobre 2011 - Ne pas aimer JD. Salinger ?

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Samedi, 08 Octobre 2011. , dans Les Chroniques, Chroniques Ecritures Dossiers, Chroniques régulières, La Une CED

 

Comment peut-on ne pas aimer J. D. Salinger ?

 

Je sens bien que ce billet n’est pas « littérairement correct ». Le bon usage veut que l’on joigne sa voix au concert de louanges quand une grande figure est universellement reconnue. Plus encore quand il n’y a pas longtemps qu’elle s’est éteinte. C’est ce qui est convenable, même quand on renifle, pour certains, la légèreté du propos ou la méconnaissance réelle de l’oeuvre à mille mètres d’altitude.

Alors vous pensez, quand c’est un écrivain porte-drapeau de toute une époque, d’une génération, il faut un sacré culot pour émettre la moindre dissonance. Ce serait d’un tel mauvais goût ! Non mon grand, tu ne vas pas faire ça !

Bon. Je le fais quand même, bien sûr, sinon je ne serais pas là à vous entretenir. Mais je le fais avec le plus grand respect, cela va de soi, pour tous ceux qui admirent (voire adulent) Jerome David Salinger, et ils sont nombreux, à en juger par la symphonie laudative régulière dont il est l’objet à longueur d’articles.

La mère Michel a lu (2)

Ecrit par Michel Host , le Vendredi, 30 Septembre 2011. , dans Les Chroniques, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

(Photo Yves Marty)

 

L’ARGOT EST NÉ DE LA HAINE !

LOUIS-FERDINAND CÉLINE


Proposé par Raphaël Sorin. Notice biographique de Bernadette Dubois. André Versaille éditeur, Coll. À offrir en partage, n° 48, 2011, 95 pp., prix non indiqué.

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L’argot… quel argot ? Mis en jeu de quelle façon ? Dans quelle intention ? L’argot chez Céline, souvent prétexte à le lire avec passion, ou au contraire à ne pas vouloir le lire. - « Vulgaire ! » - Qualificatif disqualifiant le plus utilisé par les esprits superficiels ou guindés. À la vérité, dans ce recueil de lecture très plaisante il est assez brièvement question de l’argot et bien davantage du style, préoccupation centrale chez l’auteur du « Voyage ». En témoignent sa « petite musique », son « métro émotif », qu’il mettait bel et bien au-dessus du récit ou de l’intrigue. Qu’on relise à ce sujet ses « Entretiens avec le professeur Y ».