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Les Chroniques

La mère Michel a lu (6) Une odyssée intérieure, Elie-Charles Flamand

Ecrit par Michel Host , le Jeudi, 19 Janvier 2012. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED


Le Troisième souffle, Élie-Charles Flamand, poèmes, 90 pp., 2010, La Lucarne ovale, 20 €

Ciseaux en liberté, Élie-Charles Flamand, poèmes & Illustrations de l’auteur, 20 pp., 2010, La Mezzanine dans l’Ether, 13 €

Les Amis de la Lucarne Ovale, 21 rue Chante-Merle 77720 Saint-Ouen-en-Brie


C’est entendu, Élie-Charles Flamand est un poète que la fusée de l’existence transporta de Lyon à Paris, de la lointaine et néanmoins proche planète où vécurent Maurice Scève et Pernette du Guillet, aux surréalistes contrées qu’arpenta André Breton, dont il fut proche et resta l’ami fidèle en dépit d’un éloignement du groupe pour cause d’incompatibilité génétique : les préoccupations spirituelles et métaphysiques d’Élie-Charles Flamand s’harmonisaient mal, on le suppose, avec les mécanismes de l’automaticité scripturale, les exquisités cadavériques, les anathèmes, les excommunications et l’athéisme revendiqué de ses remuants compagnons. Tout cela est quelque chose comme une histoire extérieure, événementielle.

Chemins de lectures (10) : Houellebecq, la possibilité d'un écrivain

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Samedi, 14 Janvier 2012. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

Chronique

Rappelez-vous, c’était il y a un peu plus d’un an. On en a eu plein les colonnes des medias du dernier Houellebecq. Pendant des mois, avant, après le Goncourt 2010, le déferlement a été d’une rare intensité !

Cette agitation mondaine autour d’un événement littéraire se situe à mille lieues des livres et des écrivains que nous aimons, de leur sobriété, de leur discrétion. Je n’en citerai aucun, pour ne pas en oublier, mais ils sont quelques-uns, essentiels et (parfois trop ?) modestes.

C’est donc avec une prévention massive que je me suis décidé à lire « La Carte et le Territoire », avec un préjugé franchement négatif bien qu’il me soit arrivé de lire de bons Houellebecq. L’avant-dernier par exemple, « La possibilité d’une île ».

Et puis, livre en main, tout est loin d’être simple. Je suis resté collé à la lecture de bout en bout, sans un instant d’agacement, de rejet ou même de difficulté. Il s’est donc passé quelque chose, il me faut en convenir. En fait rien n’est simple avec ce livre. A commencer par la question rituelle : est-ce un « bon » livre ?

Carnets d'un fou - XIV, Michel HOST

Ecrit par Michel Host , le Jeudi, 05 Janvier 2012. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Le 27 décembre 2011


Rétrospectivité / Prospectivité / Objectivité / Subjectivité / Invectivité / Perspectivité / Salubrité

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On croit toucher la surface des choses

et c’est déjà l’intime.

La peau

c’est déjà l’intime.


Jean-Louis Giovannoni, L’immobile est un geste

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Voies de traverse (1) : Joseph Delteil, chrétien et païen

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 04 Janvier 2012. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

Jeanne d’Arc, Ludmilla, la Poilue et les Poilus… autant de figures terriennes, sensuelles et ouvrant à une forme de spiritualité ancrée dans le réel, dans le quotidien le plus anodin. Autant de figures subversives et scandaleuses qui valent à Delteil un succès fulgurant dans les années 20, mais aussi des animosités farouches. Il abandonnera la scène littéraire en 1937, en rupture avec les surréalistes et se décidera à l’isolement le plus complet dans son Sud natal.

Considéré comme l’un des grands lyriques du XXe siècle, Delteil en est aussi l’un des grands oubliés. La maison Grasset, grâce au travail de Robert Briatte, réédite notamment dans ses Cahiers rouges, les œuvres de cet écrivain atypique et libre.

Delteil détonne, Delteil surprend et fascine. Sa sincérité est totale. Sa prose poétique, charnelle et violente rebutera les amateurs de sobriété. Delteil, en effet, est un être gourmand, un styliste luxuriant, un « homme de cœur » ainsi qu’il se définit dans la préface des Poilus.

Dans son premier roman Sur le fleuve amour (1922), il déploie une voix d’une puissance incroyable, aux accents baroques et terriens. Ce récit de guerre distillant un érotisme cru dévoile une vision politique frôlant le récit d’anticipation. Les hordes de l’Est dépoitraillées ou revêtues d’uniformes divers se lancent à l’assaut de l’empire des tsars. Les scènes de combat sont remplacées par des scènes d’amour, des visions d’enlacements barbares ou raffinés.

Bernard-Marie Koltès : un point de vue

Ecrit par Didier Ayres , le Mardi, 03 Janvier 2012. , dans Les Chroniques, La Une CED


Le théâtre de Bernard-Marie Koltès – encore plus que son œuvre romanesque – a été marquant en France dès les années 80. Mais pourquoi ? Est-ce l’hétérogénéité du corpus des pièces écrites après 1977 par exemple, qui mêle le conte, la pantomime, le récit mythologique, la dramaturgie classique ou encore la dramaturgie baroque ? Sans doute, oui, sans exclure le mystère et l’énigme de toute œuvre dès qu’elle devient supérieure.

Une fois ces remarques préliminaires écrites, nous voudrions bien vite venir au cœur de ce qui fait le point de vue que nous voulons exprimer au sujet du théâtre de Koltès. Et, cela, en citant l’auteur lui-même dans Une Part de ma vie, Ed. Minuit. Ainsi : « La langue française, comme la culture française en général, ne m’intéresse que lorsqu’elle est altérée. Une langue française qui serait revue et corrigée, colonisée par une culture étrangère, aurait une dimension nouvelle et gagnerait en richesses expressives, à la manière d’une statue antique à laquelle manquent la tête et les bras et qui tire sa beauté précisément de cette absence-là. Par exemple, dans ma prochaine pièce, tous les personnages parlent le français sans qu’il soit la langue maternelle d’aucun d’eux. Cela apporte une modification profonde de la langue, comme lorsqu’on fait un long séjour dans un pays étranger dont on ignore la langue et que l’on retrouve la sienne modifiée, de même que ses propres structures de pensées ».