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Les Chroniques

La mère Michel a lu (11) - Eros émerveillé

Ecrit par Michel Host , le Mardi, 26 Juin 2012. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

ÉROS ÉMERVEILLÉ

Anthologie de la poésie érotique française

Édition de Zéno Bianu, nrf,  Poésie / Gallimard, 628 pp., volume 472 de la coll. Poésie, 2012  (prix non indiqué).

 

ÉROS PAR MONTS ET PAR MOTS

 

Notre imagination nous porterait volontiers à penser que le dieu de l’Amour naquit des débordements d’Aphrodite et de Zeus peut-être, ou d’Hermès… Les mythes tardifs nous le feraient croire. La vérité pourtant, Pierre Grimal nous la rappelle, c’est qu’Éros est de la mince troupe des dieux les plus anciens, ou primitifs, venus en droite ligne du Chaos premier, des entrailles de Gaïa, des bourses de Cronos sans doute, quand du moins il en avait encore l’entière jouissance…

Souffles - Mémoricide ou autodafé à Alger !

Ecrit par Amin Zaoui , le Samedi, 23 Juin 2012. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

Aujourd’hui, le 7 juin 2012, je réveille  Mahmoud Bouayad et Jean Sénac de leur sommeil, de leur quiétude éternelle. Cinquante ans, jour pour jour, depuis l’incendie de la Bibliothèque universitaire d’Alger ! Ce jour du 7 juin 1962, à 12 heures 27 minutes, la prestigieuse  Bibliothèque universitaire d’Alger a été incendiée. Une opération de “purification culturelle” est déclenchée. L’OAS (Organisation de l’armée secrète) ne cherchait pas à jeter le pays dans un bain de sang, mais à mettre le feu dans les espaces du "livre", symbole de la lumière! De la politique de la terre brûlée à une autre semblable, jumelle, celle des livres brûlés. Il n’y a pas d’application de la politique de la terre brulée sans l’application, d’abord et avant tout, de celle pratiquée à l’encontre des bibliothèques brûlées. Cet acte criminel livresque et intellectuel est défini comme un "autodafé" ! Il existe une guerre féroce appelée “la guerre contre les bibliothèques”. Des guerres préméditées et programmées à l’avance mais souvent oubliées ou minimisées ! Qui parmi nous n’a pas lu quelques détails sur la destruction de la bibliothèque de Baghdad, Cité de Beyt el-Hikma, où les manuscrits furent noyés dans l'Euphrate et le Tigre, et l’eau des deux fleuves s’est métamorphosée, selon des historiens, en fluide  noire à cause de l’encre des millions d’ouvrages ? Qui parmi nous n’a pas lu quelques histoires sur les atrocités de l’incendie et de la dévastation de la bibliothèque d’Alexandrie ? L’histoire retient les actes abjects des Allemands avec la bibliothèque belge de Louvain en 1914, Milosevic avec les bibliothèques de la Bosnie… l’histoire c’est aussi un grand incendie de livres !

Voies de traverse (5) : Patrick Deville

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 20 Juin 2012. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

Notre objet ne sera pas l’écriture minimaliste du premier Deville définie notamment par Fieke Schoots, mais plutôt le foisonnement historique et fictionnel, l’écriture généreuse et ciselée, initiés par l’auteur depuis Pura Vida. En particulier, au bout de notre lorgnette, deux ouvrages parus en 2011 : Kampuchéa et Vie et mort de sainte Tina l’exilée. Dans le premier, le narrateur s’engage sur le fleuve Mékong et nous fait remonter des strates d’histoire au fil de l’eau et de la plume. Un voyage dans le passé du Cambodge, un récit de ses relations avec la France, un coup de projecteur sur les exactions du totalitarisme à l’heure du procès des Khmers rouges, sur les liens et les passerelles entre les protagonistes et les différentes étapes de leur parcours.

« La révolution ne mentionne le communisme que sur le drapeau du Kampuchéa. Un temple d’Angkor en silhouette dorée sur fond rouge. Le passé et l’avenir. Le retour à la grandeur des Khmers angkoriens et le grand bond en avant. Les travaux forcés, les maladies, la torture, la famine jusqu’au cannibalisme. Trois ans, huit mois, vingt jours. Un ou deux millions de Cambodgiens disparaissent, entre un quart et un tiers de la population. On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs qui, couvés, donneraient pourtant des poulets.

Les survivants du Peuple nouveau ne se souviennent pas avoir jamais mangé du poulet ».

Chronique du sel et du soufre (Juin 2012)

Ecrit par Jean-Luc Maxence , le Lundi, 11 Juin 2012. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

L’éternelle et fascinante Isis pour cet été…

 

L’idée même de tenter une biographie du mythe féminin d’Isis est insolite et excellente. De ce point de vue, le livre de Florence Quentin (1) est une heureuse surprise, une réussite. Il se lit sans ennui, et permet, même aux béotiens et aux profanes, de visiter les grandes traditions mythologiques qui « tenaient le ciel pour féminin et la terre pour masculine »… En débutant son chemin d’exploration par la déesse Asèt (nom égyptien que les Grecs transcrivirent en Isis), Florence Quentin nous entraîne dans un labyrinthe de découvertes justifiées par des références historiques, archéologiques et littéraires complètes et bien comprises. Au moment où les vacances d’été se profilent à notre horizon, on ne peut qu’être sensible aux charmes de ce féminin sacré qui ne cessa d’envoûter l’imaginaire antique, des rives du Nil jusqu’aux confins de l’Empire romain, et qui attire encore dans ses manigances notre début de siècle ! L’égyptomanie, on le sait, a la vie dure ! Et Isis, créatrice de l’univers selon l’Hymne à Isis dans son temple de Philae, demeure aujourd’hui encore une maîtresse de vie, une magicienne, un « soleil féminin qui scelle toute chose de son sceau ».

La cause buissonnière : Lisez jeunesse ! (3)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 09 Juin 2012. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

L’objet du jour ? Une chronique sur les super héros ou un nouvel avatar du justicier qui s’enfuit au bout de la nuit ? Et bien non, il faudra attendre encore un peu – le projet chemine – pour découvrir l’actualité des comics et les réécritures de ces mythes urbains. Qui se cache alors derrière ce masque espiègle et d’une redoutable efficacité ? Cela ne vous sera pas dévoilé aujourd’hui. Sachez simplement qu’il s’agit d’une équipe qui œuvre avec passion et amour de la just…esse ; que la structure est petite, conduite par un seul duo, épaulé par des collaborateurs de talent et que cette maison discrète veille au cœur d’une cité rose. Le Vengeur masqué, ça se mérite, ça se découvre entre initiés, ça passe par le bouche à oreille et aujourd’hui on en cause ! Nul doute qu’il viendra nous parler un jour prochain et nous révéler quelques uns de ses secrets.

En attendant, saluons bien bas la richesse et l’exigence des ouvrages qui sortent de derrière le masque.