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La Une Livres

Une femme seule, Marie Vindy

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 14 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Polars, Roman, Fayard

Une femme seule. 400 p. 19 €. Fayard Noir, mars 2012 . Ecrivain(s): Marie Vindy Edition: Fayard

Marianne Gil, écrivain, vit seule dans une grande propriété en Haute-Marne. C’est là qu’un matin de janvier, Joël, le vétérinaire qui s’occupe de ses chevaux lorsqu’elle est absente, découvre le cadavre d’une jeune fille.

Chargé de l’enquête, le capitaine de gendarmerie Francis Humbert, va devoir se pencher sur les zones d’ombre du passé de Marianne, cette femme seule, à la beauté troublante, qui semble expier dans l’isolement, l’écriture et l’alcool, un secret bien difficile à porter.


Pas de suspense haletant ni de scènes d’actions fracassantes dans ce roman. Juste une enquête sur un fait divers glauque menée avec minutie, une rencontre entre deux êtres esseulés et le fardeau des convenances qui voudrait écraser ceux qui ne veulent pas s’y plier. Car, plus que la recherche d’un coupable – que l’on suit par ailleurs avec intérêt même si nos soupçons ne peuvent que se tourner assez vite vers l’un des protagonistes – ce qui compte dans ce livre de Marie Vindy, c’est la mise en place d’une atmosphère pesante, dans un lieu qui nous apparaît gris et froid et singulièrement dénué de chaleur humaine.

Waterloo Necropolis, Mary Hooper

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Vendredi, 13 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Iles britanniques, Roman, Jeunesse, Les grandes personnes

Waterloo Necropolis, trad. Fanny Ladd et Patricia Duez, Les grandes personnes, août 2011, 230 p. 17.50 € . Ecrivain(s): Mary Hooper Edition: Les grandes personnes


1861. Grace Parkes a 16 ans, un visage d’ange, une peau d’albâtre et des cheveux auburn. Sa démarche est naturellement gracieuse et raffinée, ses manières sont douces et modestes, comme il sied à une vraie jeune fille. Et pourtant Grace vit à Seven Dials, le quartier le plus misérable du West End londonien dans cette terrible fin de siècle victorienne. Avec courage, elle tente de survivre décemment, tout en s’occupant de sa sœur Lily, 17 ans. Une innocente. Un matin d’hiver, rien ne va plus : les deux sœurs sont jetées à la rue, sans le sou, sans rien à se mettre sur le dos, au désespoir. Suite à une succession de rencontres, elles entrent au service des Unwin, les plus gros entrepreneurs de Pompes Funèbres de la capitale : Grace en tant que pleureuse d’enterrement et Lily en tant que camériste de Charlotte Unwin, héritière futile et égocentrique. Rapidement les événements s’enchainent et les deux orphelines se retrouvent malgré elles au centre d’un complot qui vise à les déposséder d’un héritage fabuleux dont elles ignorent l’existence.

Mary Hooper dresse un portrait glaçant d’une ville noyée dans la misère, l’épidémie de choléra et le brouillard. D’une plume élégante, l’auteur nous donne à lire un texte extrêmement documenté évoquant avec réalisme l’atmosphère oppressante d’une nation écrasée par le deuil suite au décès du prince Albert.

Les pirates ! dans une aventure avec les romantiques, Gideon Defoe

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 12 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Jeunesse, Wombat

Les Pirates ! dans une aventure avec les Romantiques, trad. anglais par Thierry Beauchamp, mars 2012, 224 p. 17 € . Ecrivain(s): Gideon Defoe Edition: Wombat

Avis à ceux qui avaient déjà été conquis par la joyeuse bande du Capitaine pirate, avis à ceux qui n’avaient jamais eu vent de cette série loufoque et de haute volée : Les Pirates ! sont de retour et ils sont en grande forme ! Accrochez-vous hardiment au bastingage et embarquez moussaillons !

Que se passe-t-il cette fois-ci sur notre bateau pirate ? Les flibustiers avaient déjà rencontré du beau monde dans leurs précédentes aventures, mais là, ils se surpassent : les voilà qui offrent à Percy Shelley, Mary Godwin et Lord Byron, écrivains en mal d’aventures, un périple fou et littéraire entre lac Léman, campus d’Oxford et montagnes des Carpates… en quête du secret de l’amour.

Chez les pirates, on ripaille, on se goberge et on aime la poésie et les grandes envolées lyriques. Le capitaine trouve en Byron un frère en la matière. Exubérants, excessifs, pleins d’idées saugrenues, les voilà réunis pour une enquête sans queue ni tête. Les œuvres du Capitaine pirate inspirent la romancière amatrice de monstres, et d’une idylle impossible naîtra un certain Frankenstein. Car malheureusement, Gorgo : mi-homme mi-algue restera à jamais un inédit de la littérature fantastique.

Arab Jazz, Karim Miské

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 11 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Viviane Hamy

Arab Jazz. 300 p. 18 €. Mars 2012 . Ecrivain(s): Karim Miské Edition: Viviane Hamy

Ahmed Taroudant, en arrêt-maladie pour une dépression chronique, vit cloîtré dans son studio du 19ème arrondissement de Paris, entouré d’une muraille de polars bas de gamme par le biais desquels il s’évade à longueur de journée. Jusqu’au jour où Laura, sa voisine du dessus, la seule personne avec laquelle il a encore quelques liens, est assassinée et mutilée. Comprenant qu’il fait un suspect idéal et sentant que bien des gens dans le quartier aimeraient lui faire porter le chapeau, animé aussi par un profond désir de vengeance, Ahmed va peu à peu se libérer des chaînes de sa maladie pour retrouver le coupable aux trousses duquel sont aussi deux enquêteurs atypiques.


De cette ouverture on ne peut plus classique (un homme va chercher à venger la femme qu’il aime ou, en l’occurrence, aurait pu aimer, tout en prouvant son innocence), on a tôt fait de basculer par ailleurs dans une situation plus complexe. D’abord parce que, de fait, Ahmed est très vite disculpé par les policiers. Ensuite parce que Miské nous présente un quartier, le 19ème arrondissement, où les barrières entre les communautés demeurent perméables malgré la montée des fondamentalismes qu’ils soient juifs ou musulmans.

Bon rétablissement, Marie-Sabine Roger

, le Mercredi, 11 Avril 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, La Brune (Le Rouergue)

Bon rétablissement, mars 2012, 208 p. 18,50 € . Ecrivain(s): Marie-Sabine Roger Edition: La Brune (Le Rouergue)

A l’hôpital, les journées ont un « compte d’heures dix fois supérieur aux journées du dehors », et les nuits sont « longues comme des cours de philo ». Jean-Pierre Fabre, miraculé après être tombé dans la Seine, repêché par un inconnu sans savoir véritablement comment il s’est retrouvé dans l’eau, est « le bassin de la chambre 28 » dans ce lieu où les patients sont qualifiés par leurs maladies. De sa chambre, « devenue le salon où l’on cause », de son lit où il est cloué, il dépeint un quotidien dont il chasse l’ennui à grands coups d’humour.


« Il entre, dit bonjour, me demande :

– Je ne vous dérange pas trop ?

Si je lui réponds que j’allais justement sortir, ça le fait rire » (page 32).


D’humour, et de lucidité. Car la situation n’est pas des plus réjouissantes, et les circonstances sont l’occasion pour Jean-Pierre, qui entreprend de rédiger ses mémoires, de faire le point sur les 67 années qui viennent de s’écouler.