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Millénium 1, les hommes qui n'aimaient pas les femmes, Stieg Larsson

Ecrit par Yann Suty , le Dimanche, 04 Décembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Polars, Pays nordiques, Actes Sud, Babel (Actes Sud)

Millénium 1. Les hommes qui n’aimaient pas les femmes (Män som hatar kvinnor, 2005), traduit du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain, Babel Noir, 710 p. 11,50 € . Ecrivain(s): Stieg Larsson Edition: Babel (Actes Sud)

Après la bataille.

La saga Millénium a remporté un succès colossal. A un moment, tout le monde semblait la lire ou l’avoir lue, il devenait presque difficile de résister à la déferlante. Le livre était de toutes les conversations. Il y avait ceux qui l’avaient lu et les autres.

Les autres…

Certains, qui lisaient là leur seul livre de l’année, ne comprenaient pas qu’on ne puisse pas avoir déjà dévoré cette formidable aventure littéraire. Il nous manquait quelque chose à nous qui n’avions pas encore succombé.

Mais parfois on se méfie. Pas du succès. Ce n’est pas parce qu’un livre rencontre un tel engouement qu’il est nécessairement mauvais (comme peuvent le prétendre certains pour qui la confidentialité est gage de qualité). Mais on se souvient du précédent Da Vinci Code.

En plein dans la nuit, Hélène Gaudy et Bertrand Desprez

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Samedi, 03 Décembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Thierry Magnier

En plein dans la nuit , 2011, 107 p. 8.55 € . Ecrivain(s): Hélène Gaudy, Bertrand Desprez Edition: Thierry Magnier

« C’est toujours pareil avec la colère. Ça commence tout doux et puis ça monte comme les montagnes, les montagnes russes. J’ai les mains qui s’affolent, j’ai les bras qui se tendent. Le creux. Au ventre. Ça mord. Je frappe. »

En plein dans la nuit résonne comme un coup, un coup bref reçu en plein plexus, un coup qui laisse pantelant, le souffle court, bref à l’instar des phrases juxtaposées d’Hélène Gaudy.

En plein dans la nuit, c’est l’histoire de Julien, collégien, qui plein de rage et de cris s’enferme sur lui-même au point de ne plus se voir comme une créature humaine, mais comme un animal acculé par les autres, par « ceux qui ne font pas d’efforts. Ceux qui me regardent par en-dessous. Ceux qui me provoquent et puis ceux qui ont peur ». Jusqu’au jour où, à la suite d’une bagarre en cours, il s’enfuit par la haie de sapins qui entoure le collège et y trouve, enfoui entre les racines, un revolver. Revolver qui devient le prolongement organique et quasi mystique de lui-même, et qui lui insuffle l’énergie nécessaire à la vengeance, la sienne mais aussi celle de son camarade malmené, Chen.

La revue Fabula. La recherche en littérature

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 02 Décembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres

La revue Fabula, actualité de la recherche littéraire


Fabula

http://www.fabula.org/


La revue Fabula constitue l’espace collaboratif francophone le plus important en recherche sur la littérature. Elle s’adresse en premier lieu aux chercheurs, enseignants et étudiants en études littéraires mais aussi à toute personne désireuse de suivre l’actualité littéraire scientifique.

Ce projet associatif, lancé en 1999 par Alexandre Gefen et René Audet, offre aux chercheurs du monde entier des ressources en études littéraires : parutions scientifiques, appels à contribution, annonces d’événements scientifiques, actualité du web littéraire, colloques en ligne, offres de bourses ou de postes…

S’ajoute à ce premier volet un travail de recherche mis en ligne à travers une revue LHT (Littérature Histoire Théorie) et un atelier de théorie littéraire.

Zoli, Colum McCann

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 29 Novembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Iles britanniques, Roman, 10/18

Zoli – Irlande 2006 - Belfond 2007. 10/18 en 2011 . Ecrivain(s): Colum McCann Edition: 10/18


1930 - Zoli Novotna avait six ans, mais elle n’était heureusement pas là quand sa famille se retrouve bloquée sur les glaces par la Hlinka, qui allume ensuite des feux sur la berge. Elle n’était heureusement pas là quand sa mère, son frère, ses deux sœurs et toute la famille, roulottes, chevaux, quand tout part englouti sous les eaux.


« Lorsqu'il a commencé à faire moins froid dans l'après-midi, les roulottes, bien obligé, se sont déplacées vers le milieu du lac. Mais la glace a fini par craquer, les roues se sont enfoncées et tout a coulé en même temps, les harpes et les chevaux »


La Hlinka c’est la haine. La milice fasciste de Slovaquie. La petite Zoli et son grand-père fuient sur les routes, fuient la Hlinka, fuient la haine et la mort, avec pour leitmotiv cette phrase qui reviendra tout au long du livre et qui pourrait finalement presque tout résumer :

Au regard des visages, Marie-Annick Gervais-Zaninger

Ecrit par Olivier Verdun , le Lundi, 28 Novembre 2011. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Essais, Hermann

Au regard des visages. Essai sur la littérature française du XXe siècle, 2011. 404 p. 34 € . Ecrivain(s): Marie-Annick Gervais-Zaninger Edition: Hermann

On sait, depuis Emmanuel Levinas, que le visage n'est pas tant une forme sensible que la résistance opposée par autrui à sa propre manifestation : rencontrer un homme, c’est être tenu en éveil par une énigme. Cette énigme de la rencontre intersubjective, la littérature n'a cessé de la traquer au XXe siècle, en un vaste panorama que Marie-Annick Gervais-Zaninger tente, avec beaucoup d'érudition, dans une langue parfois pâteuse mais toujours précise, de restituer. Son ambition, quelque peu titanesque, est d'entrecroiser discours savants et œuvres artistiques afin de mettre au jour, de Narcisse à Lacan, de Levinas à Yves Bonnefoy, ce que le visage a pu produire de trames conceptuelles.

L'auteur commence par décliner, comme il se doit, les différentes acceptions du visage, depuis sa triple dimension physique (« cette surface nue offerte aux regards des autres »), psychique (« la représentation que le sujet se construit de lui-même, son image intérieure ») et sociale (« ce qui résulte de l'interaction entre les autres et lui »), jusqu'à la tête qu'un Francis Bacon tente, à la façon d'un écorché, de faire surgir de l'intériorité organique, en passant par l'étymologie (visage se dit en grec ancien prosôpon, ce qui signifie littéralement « devant les yeux d'autrui ») et les notions de peau, de chair, de face, de regard, de figure.