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La Une Livres

A la colonie pénitentiaire, Franz Kafka

Ecrit par Didier Bazy , le Mardi, 27 Mars 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Pays de l'Est, Roman, publie.net

A la colonie pénitentiaire. Nelle trad. de Laurent Margantin. Mars 2012. 58 p. 1,99 € . Ecrivain(s): Franz Kafka Edition: publie.net

La loi est écrite sur un livre pornographique.

Deleuze et Guattari

Kafka

Pour une littérature mineure

Minuit,  1975.


Laurent Margantin récidive avec panache. Nous avons tous en tête La Colonie Pénitentiaire. LA Colonie est trop identitaire: elle paralyse les devenirs. Laurent Margantin précise : A la colonie pénitentiaire. Et le A, ablation passée, retrouve ses sens multiples et ouverts, offre ses devenirs en partage.

In der Strafcolonie. Dans la colonie aurait fixé davantage l'identité. Or Dans la Colonie, rien n'est figé. Tout bouge et tout semble déterminé. A la Colonie, le voyageur va, visite une île, voit et tente de comprendre ce qui s'y passe, ce que se passe, ce qui devient, ce qui est en train de devenir. De façon certaine en apparence, l'appareil à trois étages intrigue :

Babel nuit, Philippe Garnier

Ecrit par Anne Morin , le Lundi, 26 Mars 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Verticales

Babel Nuit, 136 pages, 15,90 €, mars 2012 . Ecrivain(s): Philippe Garnier Edition: Verticales

Jeu de mots, jeux de maux, Philippe Garnier s’amuse à nous promener autour d’un rapprochement : Babel qui a donné le mot babil, provenant d’une onomatopée, et par dérivation, le langage d’expression du tout-petit : « tu as perdu ta langue ? »…

Composer, recomposer, partir d’un centre, former un cercle… ne sommes-nous pas tous autant que nous sommes, les habitants de la planète, des électrons libres en interférence, en éternel déplacement ? Tel est le personnage de cette fiction. Les frontières s’ouvrent et les langues retrouvent -recouvrent- la parole, allusion à Babel, cette entreprise, cet impossible élan à mettre ses forces en commun avec celles des autres, prétendre s’élever pour retomber, éclatés, épars, dépareillés.

Nuit du langage, tunnel de la naissance et de la mort dont les allusions fourmillent dans le livre -tuyaux de chantier, long tube du scanner-, et la quête de ce qui a été perdu : le narrateur n’a jamais entendu ses parents : « je n’ai jamais su si mes parents comprenaient ce que j’essayais de leur dire. Je mélangeais des mots appris dans la rue avec des sons éclos spécialement pour eux dans l’appartement, des sons qui changeaient d’un jour à l’autre et que j’ai peu à peu oubliés. Ils devaient en déchiffrer la plus grande part, puisque mes besoins de base étaient couverts » (p.12). Pourtant, la communication se fait entre l’intérieur (le foyer) et l’extérieur (la rue, l’école, les lieux de travail, de communauté).

Temps, Wajdi Mouawad

Ecrit par Zoe Tisset , le Lundi, 26 Mars 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Actes Sud, Théâtre

Temps, mars 2012, Edition Actes Sud-Papier/ Léméac, 64 p. 12 € . Ecrivain(s): Wajdi Mouawad Edition: Actes Sud

Pièce jouée à partir du 8 mars jusqu’au 30 mai dans différentes villes en France, au Québec et au Canada.


Ce texte est  le support d’une œuvre qui va être jouée à partir du mois de mars au Québec et en France. On retrouve dans Temps de Wajdi Mouawad ses thèmes de prédilection : la guerre, les rapports incestueux, le travail de la mémoire et la difficulté à surmonter une souffrance originelle.

Wajdi Mouawad, cependant, ne veut pas s’enfermer dans la répétition, voire l’obsession : « J’avais, après la création des spectacles qui composent Le Sang des Promesses, l’envie de déplacer, d’inquiéter l’instant de l’écriture ». Il va donc prendre le contre-pied de ses habitudes de travail en favorisant l’improvisation au lieu d’une documentation fouillée, des répétitions courtes, mais non précipitées et un budget minimal. Ce texte est écrit par l’aiguillon de l’inquiétude au sens où Leibnitz affirmait que c’est grâce à lui que l’homme avance et se découvre : « J’avais, de manière obsessive, l’envie que l’inquiétude ne soit plus un état à gérer mais qu’elle devienne la source de mes intuitions » affirme Wajdi Mouawad. Il fait partie de ces écrivains qui ne s’installent pas dans des faux-fuyants mais qui continument interrogent l’origine et le monde. « L’inquiétude peut être une boussole ».

Blood song, Cat Adams

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Lundi, 26 Mars 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, USA, Fantastique, La Martinière Jeunesse

Blood Song, La Martinière Jeunesse, février 2012, 317 pages, 14,50 € . Ecrivain(s): Cat Adams Edition: La Martinière Jeunesse


Célia Grave, jeune californienne séduisante et fortunée, n’a pas de chance. Garde du corps engagée par un mystérieux prince oriental pour assurer sa sécurité, elle échoue lamentablement à remplir sa mission. Si l’héritier du trône de Rusland est sauf, Célia se retrouve agressée par une bande de vampires, mordue par l’un d’entre eux, et perd son coéquipier : vidé de son sang par une créature de l’autre-monde et désintégré par-dessus le marché. Mais ce n’est pas tout, car Célia se voit transformée du fait de sa morsure en un être dangereux : une Abomination, créature mi- humaine et mi- vampire, dont la préoccupation majeure est d’éviter de sauter sur la moindre carotide qui palpite trop près de ses yeux. Mise au ban de la société, harcelée par la police (et le FBI et deux clans de vampires et des médiums à la solde des intégristes Ruslandais…), traquée par des assassins démoniaques, trahie par une mère alcoolique, enfermée par un médecin corrompu, notre « bodyguard » se retrouve en moins de douze heures dans des ennuis surnaturels et mortels.

Revue Carré N°1, éditeur Rhubarbe

, le Lundi, 26 Mars 2012. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Revues, Rhubarbe

Revue Carré n°1 (le noir), mars 2012, 80 pages, 15 € Edition: Rhubarbe


La revue Carré, comme son nom l’indique, propose une première livraison de 80 pages de 17 cm x 17 cm. Un beau papier glacé, de belles photographies en noir et blanc. Le sous-titre, « revue intéressante », donne le ton d’ensemble : ce que l’on y trouve est effectivement intéressant, tout en ne se prenant que moyennement au sérieux, ce qui ajoute au plaisir de la lecture. La contrainte imposée aux rédacteurs dans chaque livraison sera celle de la couleur, sous forme de nouvelles ou de récits, de poèmes, de maximes… Pour le noir, les déclinaisons s’inspirent de la petite robe noire, de la peur du noir, de la Mer Noire, de la Série Noire… La nouvelle d’Edgar Poe, Le Chat noir, y est en bonne place, dans sa traduction par Baudelaire, lequel Baudelaire nous incite, dans la page suivante, à nous enivrer, autant dire à « être noir ».

Quelques apophtegmes, proverbes, sentences, poussent allègrement à la réflexion : « le savon noir est une imposture ! », « humour noir ou clown blanc, à vous de choisir ! » tandis que dans d’autres pages on revient sur l’étymologie de « blackbouler » ou de « nigelle ».