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Essais

Journal, Henry D. Thoreau (sélection de Michel Granger

Ecrit par Didier Bazy , le Lundi, 23 Mars 2015. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Le Mot et le Reste, Anthologie

H. D. Thoreau, Journal, Sélection de Michel Granger, octobre 2014, traduction de Brice Matthieussent, 648 pages, 28 € . Ecrivain(s): Henry David Thoreau Edition: Le Mot et le Reste

 

Un autre Thoreau. Thoreau intime. Thoreau extime. Il était grand temps de sortir le Journal de Thoreau de sa « quasi-obscurité ». Michel Granger a tranché dans les 7000 pages du journal de Thoreau. Avant de choisir, il faut arpenter le champ de l’écriture d’une vie, le travail d’une vie. Saluons la ténacité, la patience, la passion raisonnée et la science de l’homme du choix. Ici, c’est un travail de jardinier respectueux des règles mêmes de la nature de son objet monumental. Qui lirait un journal de 7000 pages s’étalant sur près de 25 ans ?

Thoreau (1817-1862) est mort « jeune » (au regard de notre époque et de nos lieux). C’est dire le temps pris sur une vie pour l’écriture. Il prenait du temps pour marcher, pour contempler et pour « gagner sa vie honnêtement ». Une telle quantité de pages recèle inévitablement de la qualité. De quoi s’agit-il ?

Dictionnaire de trois fois rien suivi d’un Dictionnaire de rien du tout, Marc-Emile Thinez

Ecrit par Philippe Chauché , le Samedi, 14 Mars 2015. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Revues, Editions Louise Bottu

Dictionnaire de trois fois rien suivi d’un Dictionnaire de rien du tout, mars 2015, 70 pages, 9,50 € . Ecrivain(s): Marc-Emile Thinez Edition: Editions Louise Bottu

 

 

« Avaler v. tr. Avaler le français, le russe, l’anglais, avaler le chinois, avaler le basque et le volapuk, le bambara, avaler le sanskrit, l’occitan, avaler le tamoul, l’ukrainien, le finnois… voir vomissement. Tu as avalé ta langue ? demandait Jean quand par timidité je ne répondais pas, ou par entêtement ».

Après 140 au carré, Marc-Emile Thinez s’invite à nouveau dans la collection Contraintes des Editions Louise Bottu, et propose son petit dictionnaire, parce que le dictionnaire est le plus beau des livres (1) : Algèbre – contrainte en arabe –, à Zup – c’est la zone –, en passant par Ecriture – parole de nanti –, Histoire – Donner du sens au temps –, Musique – ne dit rien d’autre qu’elle-même – ou encore, Réforme – hantise des vaches et de certains veaux – mais aussi SOI-MEME – renforcement d’un soi qui en a bien besoin – ou VOILE – grille qui dissimule le visage, ou la réalité, selon le point de vue.

Observations sur la peinture, Pierre Bonnard

Ecrit par Philippe Chauché , le Samedi, 07 Mars 2015. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts, L'Atelier Contemporain

Observations sur la peinture, janvier 2015, préface d’Alain Lévêque, introduction d’Antoine Terrasse, 72 pages, 15 € . Ecrivain(s): Pierre Bonnard Edition: L'Atelier Contemporain

« Violet dans les gris.

Vermillon dans les ombres orangées,

par un jour froid de beau temps ».

Pierre Bonnard devient un instant le peintre aux agendas, notations précises et brèves, à chaque fois un ou deux mots pour dire le temps qu’il fait et le temps qu’il voit – la main du peintre. Beau, pluvieux, beau nuageux, mais aussi vent froid, beau frais, beau froid, ou encore couvert, et ces notations inspirées, précises et pertinentes : au-dessus de tout plane le climat de l’œuvre, ou, il ne s’agit pas de peindre la vie, il s’agit de rendre vivante la peinture, et plus loin, que le sentiment intérieur de beauté se rencontre avec la nature, c’est là le point. Pierre Bonnard le peintre aux mille dessins de poche  rassemblés dans ces petits agendas, à chaque jour son observation, son mot, son trait, à chaque jour sa courbe : corps, natures endormies – que l’on continue à nommer natures mortes –, un coin de table, un saladier, un vase, une tête de cheval, la mer, une voile, un chat, rien de plus, rien de moins. Pierre Bonnard maître des observations marines : son œil est ce sextant qui ouvre la voie à la toile.

Le Cut-Up de William S. Burroughs. Histoire d’une révolution du langage, Clémentine Hougue

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Vendredi, 27 Février 2015. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts

Le Cut-Up de William S. Burroughs. Histoire d’une révolution du langage, éd. Les presses du réel, Coll. L’écart absolu, octobre 2014, 416 pages, 26 € . Ecrivain(s): Clémentine Hougue

 

Clémentine Hougue propose dans son livre une généalogie du cut-up, en France, en Europe et aux Etats-Unis au 20e siècle, qui s’inscrit entre modernité, littérature, collage, peinture et radicalité. Le « cut-up » est inventé par William S. Burroughs (1914-1997) et Brion Gysin (1916-1986) à la fin des années 1950. Installé depuis 1954 à Tanger, où Burroughs rédige son opus magnum Le Festin nu, il est rejoint au printemps 1957 par Allen Ginsberg (1926-1997) et Jack Kerouac (1922-1969) qui l’aident à organiser les feuillets de son manuscrit.

Puis, il s’installe dans un petit hôtel, baptisé le « Beat Hotel » qui se trouve rue Git-le-Cœur, dans le 6e arrondissement de Paris, où transite la bohème américaine et où il crée alors un véritable laboratoire d’écriture. Il y retrouve le peintre et poète Brion Gysin qui travaille à l’époque sur des expérimentations de collages picturaux, y rencontre les poètes Henri Chopin (1922-2008), Bernard Heidsieck (1928-2014), Jean-Jacques Lebel (1936).

Ce que l’on voit en s’arrêtant, Haemin

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Jeudi, 19 Février 2015. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Asie, Decrescenzo Editeurs

Ce que l’on voit en s’arrêtant, décembre 2014, traduit du coréen par Lee Hyonhee et Julien Paolucci, 217 pages, 12 € . Ecrivain(s): Haemin Edition: Decrescenzo Editeurs

 

Haemin est un moine coréen, bouddhiste, diplômé des plus grandes universités américaines. Habitué à dialoguer pour dispenser enseignement et sagesse, il se prend un jour au jeu des réseaux sociaux, immense réservoir humain comme on sait, et va dialoguer avec plus de 850.000 correspondants.

« Haemin,

n’essaie pas de devenir un grand moine

mais essaie de devenir un moine humaniste », lui avait dit un de ses maitres, le moine Hyegwang.

Sans l’avoir réellement décidé mais pris par sa « passion » (dont il nous expliquera comment elle peut aussi être un piège si on n’apprend pas à la maîtriser), passion de transmettre, il va réaliser au fil de ces tweets remplis de sagesse et d’amour l’un des livres qui sera le plus lu en Corée et vendu à plus de 2,5 millions d’exemplaires.