Identification

Critiques

Mélancolie américaine, Joyce Carol Oates (par Nicolas Grenier)

Ecrit par Nicolas Grenier , le Mercredi, 06 Novembre 2024. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, USA, Poésie, Philippe Rey

Mélancolie américaine, Joyce Carol Oates, Éditions Philippe Rey, 2023, poèmes trad. anglais (États-Unis), Claude Seban, 129 pages, 17 € . Ecrivain(s): Joyce Carol Oates Edition: Philippe Rey

 

 

Amérique psychiatrique

Depuis la côte Est, à Princeton, dans le New Jersey, Joyce Carol Oates est un témoin de toutes les Amériques qui se placent sous le signe de Saturne. Dans son recueil de poésie de circonstance, Mélancolie américaine, qui alterne des poèmes, longs et courts, la petite histoire s’entremêle avec l’histoire des États-Unis. Tout l’Occident, des « sanitaires bouchés » de l’Hôtel Königshof, à Cologne, jusqu’à l’empire du Milieu, ressemble à une impasse métaphysique, tel que l’annoncent les premiers mots du poème Le tunnel, qui flottent au-dessus de la baie de San Francisco :

La Lucarne, Jean Meckert (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Lundi, 04 Novembre 2024. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Joelle Losfeld

La Lucarne, Jean Meckert, éditions Joëlle Losfeld, avril 2024, 246 pages, 16,70 € Edition: Joelle Losfeld

 

L’homme défait de Jean Meckert

Jean Meckert est cet auteur aux multiples vies dont cette dernière que les éditions Joëlle Losfeld ressuscitent livre après livre. Le neuvième à paraître sur une série de dix !

Connu sous le pseudo de Jean Amila, Meckert est mort en 1995. La Lucarne est un livre sombre, moins que Les Coups qui nous avaient tous saisis à leur re-sortie en 1993 grâce à Jean-Jacques Pauvert.

La Lucarne est écrite juste après-guerre et narre le juste avant. C’est, si l’on peut le dire ainsi, un livre plus idéalogique qu’idéologique. Nonobstant le climax de guerres sourdes qui sourdent, de nations qui se toisent, de ligues d’extrêmes droites triomphantes et de nazisme endémique, Édouard Gallois, le personnage central, enchante la paix, l’universel, bref le grandiose, l’iconoclaste. Le dérogeant dérange.

Récits de la guerre de Sécession (Tales of the Civil War), Ambrose Bierce (par Leon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 17 Octobre 2024. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, USA, Nouvelles, Pocket

Récits de la guerre de Sécession (Tales of the Civil War), Ambrose Bierce, Pocket bilingue, trad. américain, Dominique Lescanne, 139 pages Edition: Pocket

 

Par toutes sortes de ruissellements, directs ou indirects, la Guerre Civile américaine a été, est encore, la nourriture première d’une part essentielle de la littérature du pays. Très au-delà de sa place comme thématique principale de romans, nouvelles ou poèmes, elle irrigue comme un sous-sol humide une myriade d’ouvrages éminents.

On pense d’abord, bien sûr, à la littérature sudiste, littéralement rivée à la mémoire de la plus horrible guerre de l’Histoire des USA. Faulkner, Stephen Crane, Foote, Mitchell, Fast, Lent, Gibbons, Doctorow, James Lee Burke et bien d’autres, ont fait de cet événement la matrice de leur œuvre. Du côté des vainqueurs, les écrivains nordistes ne sont pas en reste : Louisa May Alcott, Laird Hunt, William Styron, Ron Rash et, le premier de tous, celui qui vécut l’effroyable cauchemar de l’Amérique, dont le carnage de Shiloh, Ambrose Bierce.

Tchaïkovski et le mannequin d’or, Jean-Maurice de Montremy (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 16 Octobre 2024. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman

Tchaïkovski et le mannequin d’or, Jean-Maurice de Montremy, éditions Le Condottière, septembre 2024, 236 pages, 19 €

« Cet été 1984, je logeais dans une chambre dont les fenêtres donnaient sur le rio del Val, par lequel on accède au palazzo, presque un rio privatif. On la nomme chambre aux Livres, car il s’y trouve une magnifique bibliothèque. J’appris bientôt – ce récit le montrera – que cette chambre avait été celle d’un hôte de marque, voici presque un siècle ».

Nous sommes à Venise en juin 1893 où séjourne clandestinement Piotr Ilitch Tchaïkovski, ce roman flamboyant en est le récit romanesque. À Venise au Palazzo Merhi, propriété de l’étrange médecin Basil Bartovitch Barparoz, il va tenter de se guérir d’un amour impossible, tout en travaillant à un projet d’opéra-ballet, Le mannequin d’or. Le roman de Jean-Maurice de Montremy se nourrit d’archives découvertes dans une malle aux mille secrets, contenant des histoires, des lettres, des papiers plus ou moins froissés qu’une main experte dérobait dans les corbeilles à papier pour le seul plaisir de Barparoz, il se nourrit aussi du journal du compositeur : « Au palazzo, tout le monde lit tout le monde ; tout le monde se cache mais montre qu’il se cache… ».

Verba et sententiae, Utopie et réception des philosophes des Lumières, Recueil d’articles, Raymond Trousson (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Lundi, 14 Octobre 2024. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Editions Honoré Champion

Verba et sententiae, Utopie et réception des philosophes des Lumières, Recueil d’articles, Raymond Trousson, éditions Honoré-Champion, avril 2024, 542 pages, 90 € Edition: Editions Honoré Champion

 

Connu du grand public pour ses biographies de Voltaire, de Rousseau et de Diderot, Raymond Trousson (1936-2013) fut surtout un érudit de haute lice, explorateur et arpenteur de terrae incognitae. Professeur à l’Université libre de Bruxelles (l’épithète, étrange pour un Français, signifie que l’institution n’a pas d’ancrage confessionnel), il fut à la fois comparatiste (ses premiers ouvrages publiés portaient sur Le Thème de Prométhée dans la littérature européenne et Un Problème de littérature comparée : les études de thèmes), spécialiste des lettres wallonnes (Charles De Coster, Maeterlinck, Ghelderode, …) et il inscrivit son existence dans la lignée des grands savants belges (Jean-François Gilmont, Roland Mortier, Jozef IJsewijn, …). Son œuvre polyphonique – la bibliographie de ses publications occupe vingt-six pages du présent ouvrage : trente-cinq livres, des éditions critiques, des préfaces, des articles – remplirait plusieurs volumes de la Pléiade.