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En toute innocence diabolique !, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Vendredi, 03 Mars 2017. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Petit, j’adorais grignoter les fèves grillées salées tout en écoutant les contes coraniques. Mon père avait un gros livre cher à lui, écrit dans un arabe littéraire intitulé Qissas El-Qoraâne (les contes coraniques).

À l’accoutumée, ces histoires nous étaient lues à voix haute pendant les jours froids et surtout durant le mois de ramadhan. Mon père avait une voix mielleuse et captivante. Ses contes mystérieux tantôt me faisaient peur, tantôt me rendaient curieux.

Le bélier d’Ismaël, La chamelle de Sâlih, La baleine qui a avalé Jonas, « Moïse qui demande de l’eau pour désaltérer son peuple, c’est alors qu’Une voix l’ordonna : Frappe le rocher avec ton bâton. Et tout d’un coup, douze sources en jaillirent », Noé et le déluge, Loth et la ville de Sodome, Joseph au fond d’un puits… Des histoires sur des Hommes qui ont le pouvoir magique de changer le monde autour d’eux et en eux. Des hommes qui parlent à leur Dieu. Que des hommes, prophètes ou apôtres. Il n’y avait point de femmes prophétesses ! Mais, par une séance nocturne de conte ramadhanesque, une femme a pu accéder dans la cour des histoires des hommes-prophètes : elle s’appelle Maryame. J’étais bouleversé. Mes sœurs étaient contentes et comblées.

Sommes-nous condamnés à perpétuité par la religion ?, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Mercredi, 25 Janvier 2017. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Entre nous et l’Histoire, le chemin est brouillé. Les musulmans sont obsédés par leur passé. Un passé qui ne bouge point. Figé. Inerte. Un passé, poids, fardeau, qui, à son tour, ne fait pas bouger ces musulmans, ses acteurs. Pour les musulmans, l’Histoire est l’équivalent du passé. Religieusement, ils regardent leur passé, avec glorification, avec adoration, hallucination, fascination, avec obsession, sans réflexion aucune, sans critique. Aveuglément.

Le passé n’est pas l’Histoire. Les autres nations étudient leur Histoires afin de ne pas retomber dans leur passé. Afin d’éviter la stagnation, la décomposition, de putréfaction. Pour ne pas se baigner une nouvelle fois, une deuxième foi, dans la même eau usée, sale. Les Arabes et les musulmans en général reviennent à leur Histoire afin d’y rester, d’habiter leur passé. Habiter le passé pour toujours. Retourner au passer, chez les musulmans, c’est pour faire revenir ce passé dans leur présent. Pour faire de ce passé un projet de leur société future !

Souffles - Quand la mosquée devient une caserne, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 10 Janvier 2017. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

À la lumière de tout ce qui se passe autour de nous, dans le monde musulman comme en Europe, la mosquée, en tant qu’institution sensible, a besoin d’un nouveau statut. A besoin d’être revisitée, réformée.

Dès que Dieu est disputé ou controversé dans sa demeure, la mosquée, cela signifie que toute la société est dans un tournant religieux et moral très périlleux.

Dans une telle situation critique et alarmante, il est d’urgence de revoir le statut de cet établissement qui, de plus en plus, dans le monde musulman comme en Europe, se transforme en un lieu de sédition, pour la sédition, pour la discorde, pour la guerre, pour la haine, pour le djihad.

Quand la mosquée se transforme en une sorte de caserne qui forme les djihadistes ou en une sorte de clinique pour lavage des cerveaux, il est d’urgence d’agir, d'urgence de revoir son rôle et sa mission.

Femmes, butin de guerre islamique, entre hommes et Dieu !, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Mercredi, 07 Décembre 2016. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Il n’y a pas de compromis dans la création littéraire. Il n’y a que la liberté comme reine. La littérature est une aventure perpétuelle, mais dans le sens de l’Histoire. Mais pourquoi est-ce que la littérature arabe et maghrébine fuit le sujet de la religion et du religieux d’aujourd’hui ! Elle ne le questionne pas, ou pas assez, dans sa pauvreté philosophique, dans sa carence historique. L’Histoire, avec un grand H, c’est aussi et peut-être essentiellement ces petites histoires d’amour et de mort noyées dans le sang déversé au nom de la religion, déversé dans les halls des palais califales ou sur les tapis des mosquées faites de marbre blanc artisanal. Je parle de l’Histoire islamique, cela a été vécu dans les autres religions, et de la même manière, avec la même férocité. Le parcours de l’Histoire universelle est composé de futilités qui une fois réunies se métamorphosent en une force dévastatrice bousculant tout ce qui se trouve sur son chemin.

La littérature, la bonne littérature, ne fait pas dans le compromis ni dans l’arrangement. Elle est dévastatrice, ravageuse. Tsunami qui annonce le beau jour jumeau du beau texte !

Enveloppez la bêtise dans un discours religieux…, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 22 Novembre 2016. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

Les minorités face à la majorité de la bêtise

La littérature doit creuser, profondément piocher dans l’Histoire et dans la religion afin de pouvoir interpréter le secret de cette terreur qui menace ou qui habite le fond du citoyen arabo-musulman.

Et ils sont nombreux en nombre de têtes !! Ceux qui ont fait de la religion une profession, un métier pour gagner du pain et pour conquérir le pouvoir et la richesse ! Cela est appelé : la pollution de la religion.

Enveloppez la bêtise dans un discours religieux, n’importe quelle bêtise, grande ou petite, politique, culturelle ou scientifique, emballez-la dans une langue colorée d’un lexique religieux, et elle reprendra les ailes, a dit un jour Ibn Ruchd Averroès, philosophe de la rationalité. Sa parole est toujours d’actualité. La bêtise, toute bêtise fascine dès qu’elle est portée par une langue religieuse ! Dans une société, comme la nôtre, la pauvreté culturelle, l’obscurantisme dans l’école, l’université isolée recroquevillée sur elle-même, l’absence de la pensée critique et rationnelle, tout cet environnement favorise l’hégémonie et la répression religieuses sur l’imaginaire libre du citoyen. Il faut clarifier que dans ce cas de figure, le religieux n’est pas le spirituel. Au contraire le religieux est l’ennemi ou l’opposé du spirituel.