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Souffles - Écrivains jetables ! par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Vendredi, 16 Octobre 2015. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Don Quichotte de Cervantès, Guerre et Paix de Tolstoï, Les Misérables de Victor Hugo, La Mère de Gorki, Madame Bovary de Flaubert, Germinal de Zola, Le vieil homme et la mer de Hemingway, (Awladou Haratina) Les Fils de la Médina de Naguib Mahfoud, L’Incendie de Mohammed Dib, Le Bruit et la Fureur de Faulkner, Nedjma de Kateb Yacine, Ana Houra (Je suis libre) d’Ihcène Abdelkaddous, Les Fleurs du mal de Baudelaire, La Colline oubliée de Mouloud Mammeri, À la recherche du temps perdu de Proust, Mawssim El Hidjra Ila Achchamal (Saison de la migration vers le Nord) de Tayeb Salih… cette ère des géants, avec tout ce qu’elle comprenait de culture de la sacralisation, est révolue. C’est fini l’ère des immortels. Mais ces géants immortels sont toujours là, parmi nous, en nous. Ces écrivains, à l’image de leurs chefs-d’œuvre ont vécu pendant des siècles. Et continuent à vivre dans le temps, tout le temps sans bords ! Ils ont traversé les guerres, les paix, les religions et les épidémies sans qu’ils ne prennent la petite ride. Les vents des modes littéraires et artistiques ont soufflé, soufflent toujours, mais les montagnes demeurent.

Les Passeurs de littérature, Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Lundi, 14 Septembre 2015. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Il existe bel et bien une poignée d’acteurs culturels qui, de temps en temps, jettent le pont entre les deux rives de la production littéraire, arabophone et francophone. Les passeurs ! Et tant mieux. Tentant, avec un esprit ouvert, d’introduire des fiches de lecture autour du roman algérien de langue arabe dans les espaces médiatiques francophones. Et tant mieux. Il faut rendre hommage à ces quelques plumes bilingues, ces lecteurs bilingues, entre autres Sara Kharfi, Fayçal Métaoui, Amine Idjer, Hacen Ouali, Merzak Bagtache, Djilali Khallas…

À travers l’espace qui leur est réservé, continuent à fournir un noble effort pour une meilleure connexion entre les deux champs littéraires algériens. Mais malgré cet effort fourni, les écrivains arabophones non traduits en français ne jouissent pas de visibilité médiatique dans les titres francophones. Il faut le signaler. Pour illustrer cette non-visibilité médiatique, je rapporte, ici, une histoire qui m’a été racontée par le défunt romancier Tahar Ouettar. Juste, après la traduction de quelques-uns de ses romans, sur un ton étrange, interrogateur et amer, Tahar Ouettar m’a fait cette confidence : “Je me suis senti, pour la première fois, dans la peau  d’un écrivain algérien lorsque j’ai été  traduit  par Marcel Bois.

Le complot : Arrêtez de pleurnicher !, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Lundi, 24 Août 2015. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Arrêtez de pleurnicher, SVP !

La théorie du complot est la cause de tous nos maux !

Depuis l’indépendance, les Algériens, tous les Algériens sans exception aucune, sont frappés par une maladie bizarre appelée : « c’est la faute de l’autre ».

Nous mettons sur le dos de l’autre toutes nos fautes, toutes nos conneries, toutes nos idioties. Une défaite économique qui secoue le pays, le pays qui a la capacité de faire manger tout un continent, et voici tout le monde qui hurle : c’est l’étranger qui nous a causé cela ! C’est l’Occident athée qui bloque notre développement ! Un complot !

Une femme qui passe dans la rue, synonyme d’une catastrophe morale ! Dire que nous sommes le pays des anges, le peuple élu, et voici les insultes qui pleuvent sur la femme qui ne respecte pas les mesures de sa jupe ! Et qui fait des bulles avec son chewing-gum dans la rue ! et ce n’est que l’Occident malsain, impur, qui se cache derrière l’histoire de la jupe et la honte des bulles de chewing-gum dans la bouche d’une femme musulmane. Et c’est la jupe courte et les bulles de chewing-gum qui sont la cause de notre sous-développement ! Un complot !

Baccalauréat ! par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Jeudi, 02 Juillet 2015. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Jadis, le baccalauréat avait son miel pur ! Il avait sa peur douce ne ressemblant à aucune autre peur. Une peur semblable à celle de la circoncision ! Douleur en douceur annonciatrice de la virilité ! Le bac nous faisait rentrer dans la cour des grands !! Et, il avait un bonheur sans pair, une sensation unique !

La veille du bac, la nuit fut longue. Très longue, à la longueur d’une année, un peu plus ! Dans l’oreiller de laine s’installent toutes les angoisses.

Le matin, avant de prendre le chemin du centre d’examen, je me sentais hanté par la crainte d’oublier quelque chose : la règle, le deuxième stylo ! La gomme, le crayon, la pièce d’identité ou encore la convocation…

Les candidats, sans exception aucune, étaient, en ce jour-là, bien habillés. En neuf ou en propre. Bien coiffés ! En chic. Les garçons comme les filles.

C’était un jour qui ne ressemblait pas aux autres.

On ne vit pas deux fois le bac !

Les contrées de femmes-malédiction !

Ecrit par Amin Zaoui , le Jeudi, 18 Juin 2015. , dans Chroniques régulières, La Une CED, Les Chroniques

 

Azul Picasso !

Par excellence, la femme et l’art représentent l’ennemi farouche des islamistes. Pourquoi la femme et l’art font-ils peur aux islamistes ? Tout simplement, parce qu’ils symbolisent le chemin ascendant vers la liberté et vers la beauté.

En permanence, les Algériens, de même les Arabes et les musulmans, ont la tête et l’œil collés, braqués sur une seule partie du corps féminin !? Focalisation sur un seul organe ! Hallucination ! Obsession ! Quatre-vingt-dix pour cent de leurs discours tournent autour de la nudité ou autour de la couette sur le corps féminin !

Habité par cette situation maladive obsessionnelle, et afin de dénoncer cet état sociétal inhumain, j’ai écrit Le Miel de la sieste, roman paru aux éditions Barzakh 2014, dans lequel je raconte l’histoire d’un petit garçon, Anzar, né avec une malformation génitale. Il est né avec deux petites boules asymétriques. Et voici la folie qui court tout le village : la maman, la tante, la sœur, le père, l’oncle… tout le monde est affolé. L’état d’urgence décrété dans le village. Un enfant avec deux testicules inégaux ! Le ciel va tomber sur les têtes !