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Articles taggés avec: Ossorguine Marc

La ballade des misérables, Anibal Malvar

Ecrit par Marc Ossorguine , le Vendredi, 24 Avril 2015. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Espagne, Asphalte éditions, Roman

La ballade des misérables (La balada de los miserables, 2012, Aka Ed.), novembre 2014, traduit du castillan par Hélène Serrano, 364 pages, 23 € . Ecrivain(s): Anibal Malvar Edition: Asphalte éditions

 

Anibal Malvar et les éditions Asphalte seront à la Comédie du livre de Montpellier les 29, 30 et 31 mai 2015


C’est dans une plongée à la fois terrible, poétique, effrayante et révoltante qu’Anibal Malvar nous entraîne, avec cette Balade des misérables. L’auteur nous emmène en effet à la rencontre d’un Madrid que l’on risque peu de rencontrer lorsque l’on s’y aventure en tant que touriste, sauf à s’égarer dans des quartiers qui ne figurent sans doute sur aucun guide. Un monde où immeubles en ruines, en fait jamais construits car dynamités avant même d’être achevés, et montagnes d’immondices sont l’habitat ordinaire de tout un peuple abandonné de chômeurs, de junkies, de voleurs, d’enfants sans parents, de parents aux enfants perdus. Un monde sur lequel règnent les plus réprouvés de tous dans la société espagnole (et dans beaucoup d’autres contrées européennes) : les gitans.

Tétraméron, Les contes de Soledad, José Carlos Somoza

Ecrit par Marc Ossorguine , le Jeudi, 16 Avril 2015. , dans La Une Livres, Actes Sud, Les Livres, Critiques, Espagne, Contes, Récits

Tétraméron, Les contes de Soledad, février 2015, traduit de l’espagnol par Marianne Million, 256 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): José Carlos Somoza Edition: Actes Sud

José Carlos Somoza sera à la Comédie du livre de Montpellier les 29, 30 et 31 mai 2015

 

Etrange voyage littéraire que celui dans lequel nous emporte José Carlos Somoza, sur les pas de la jeune Soledad (dont le nom signifie solitude en espagnol) ! Soledad est un peu la cousine littéraire d’une certaine Alice, ce que suggère d’ailleurs l’illustration de couverture où une jeune fille passe par l’ouverture d’une page dans un livre ouvert, de l’autre côté du miroir que nous font les mots et les récits, les romans et les contes. Cousine encore plus proche peut-être d’Ofelia, l’héroïne du Labyrinthe de Pan, le beau et étrange film de Guillermo de Toro.

Partie avec la classe de son collège pour une excursion et la visite d’un ermitage, mais au milieu des collégiennes, avec leur veste d’uniforme au blason du collège et l’escorte des sœurs, Soledad est prise par un étrange sentiment, celui de ne pas exister, de n’être qu’un fantôme. Son existence physique, sa visibilité pour les autres lui semble tout d’un coup aussi évanescente que celle d’un personnage de fiction, de conte ou de roman jamais lu ou refermé et presque oublié, pourrait-on dire. A tel point qu’elle disparaît des comptages pourtant scrupuleux des sœurs…

Toutes les vagues de l’océan, Victor del Árbol

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mercredi, 01 Avril 2015. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Actes Noirs (Actes Sud), Espagne, Polars, Roman

Toutes les vagues de l’océan (Un millón de gotas), février 2015, trad. de l’espagnol par Claude Bleton, 608 p. 23,80 € . Ecrivain(s): Victor del Arbol Edition: Actes Noirs (Actes Sud)

Attendu par les amateurs depuis des mois, le troisième titre d’un maître du thriller « made in Barcelona » traduit en France, toujours chez Actes Sud et dans une traduction de Claude Bleton : Toutes les vagues de l’océan (Un millón de gotas) de Víctor del Árbol. Un roman qui a demandé à son auteur, de son propre aveu, un important travail et qui fut plus « éprouvant » que les précédents (La maison des chagrins / Respirar por la herrida ; La tristesse du samouraï / La tristeza del samurai ; précédé par El peso de los muertos (pas traduit) et El abismo de los sueños (primé mais pas publié).

Un avocat discret, un peu débordé par la vie et les événements, Gonzalo Gil, est confronté à la mort de sa sœur, Laura, et à tout ce que celle-ci va entraîner. C’est que Laura, son aînée de quelques années, n’est pas quelqu’un de très ordinaire. Elle a commencé par publier un article qui contestait la légende entourant la vie et la disparition de leur père, est entrée dans la police alors que d’autres carrières, plus enviables, se présentaient à elle, s’est retrouvée dans une enquête qui semble avoir coûté la vie à son jeune fils pour être finalement accusée d’avoir cruellement exécuté l’assassin de celui-ci avant de se donner la mort. Gonzalo a du mal à simplement admettre ce qui s’est passé, ce qui se serait passé, et va partir à la chasse aux fantômes de son père, éveillant d’autres fantômes, encore trop vivants.

El Dorado, Robert Juan-Cantavella

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mardi, 17 Mars 2015. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Espagne, Roman, Le Cherche-Midi

El Dorado, novembre 2014, traduit de l’espagnol par Isabelle Gugnon (El dorado, 2008), 446 pages, 24,15 € . Ecrivain(s): Robert Juan-Cantavella Edition: Le Cherche-Midi

 

Ce que je veux dire, c’est que ce que je fais, ça, c’est difficile. Décrire la réalité, la vérité, ce qui se déroule sous mes yeux.

(…) Parce que, dites… ne nous y trompons pas, on a tous eu un jour envie de s’éclater, de gober ce mensonge, comme quoi il ne se passe rien et tout est contrôlable avec de la volonté, n’est-ce pas ?

(…) Une absurdité n’est pas toujours une connerie. Bien souvent, c’est même le contraire. Parfois les vérités sont modelées à partir du mensonge (…)

(…) Quand les montagnes russes et les piscines d’eau chaude seront fermées, il ne restera plus qu’eux, des centaines de ces énormes immeubles composées comme un sinistre Rubik’s cube de milliers d’appartements conçus sur le même modèle, dans six couleurs différentes au choix. Et à l’intérieur il y aura des milliers de gens.

(…) Comment redresser une bonne fois pour toutes ce monde qui ne devrait pas exister tel qu’il est. Diantre ! L’œuf ou la poule, qui est apparu en premier ?

L’églantier fleurit et autres poèmes, Anna Akhmatova

Ecrit par Marc Ossorguine , le Samedi, 21 Février 2015. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie, Russie

L’églantier fleurit et autres poèmes, édition bilingue La Dogana, traduit du russe par Marion Graf et José-Flore Tappy . Ecrivain(s): Anna Akhmatova

 

De la poétesse Anna Akhmatova (1889-1966), on connaît en général Requiem, dans la traduction de Paul Valet qu’ont publié et réédité les éditions de Minuit. La Dogana nous offre l’occasion de redécouvrir Requiem dans une autre traduction, due à Marion Graf et José-Flore Tappy, mais surtout de découvrir d’autres facettes de l’œuvre de la poétesse russe dans une belle édition bilingue.

Dès les premières pages, nous découvrons des textes où se mêlent inextricablement la joie et la tristesse, les regrets et les espoirs, les amours enflammés et craintifs, presque désespérés mais d’un lyrisme toujours retenu, puissant et sans emphase. S’il est toujours difficile de rendre compte de ce qui peut nous toucher dans la lecture de la poésie, ou plutôt des poèmes, il semble que cela devienne encore plus difficile avec cette œuvre-là, au delà même du fait que la traduction ne peut nous donner qu’une vague idée de ce que la langue originale recèle. L’oscillation, le balancement et l’alliance entre les contraires ne peut sans doute se mesurer et s’apprécier qu’à la lecture du texte lui-même, restituant toute l’ambivalence et la complexité des sentiments humains, dans un lyrisme empreint d’une certaine austérité.