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Cinq filles sans importance, Robert Kolker

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 21 Août 2015. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Belfond

Cinq filles sans importance, février 2015, trad. de l’américain par Samuel Sfez, 427 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Robert Kolker Edition: Belfond

 

Cet ouvrage est la relation d’’un minutieux, long et opiniâtre travail d’investigation mené par l’auteur, journaliste spécialisé dans les affaires criminelles, autour de la mystérieuse disparition de cinq jeunes filles, suivie, plus tard, trop tard, par la découverte de leurs cadavres, et d’un grand nombre d’autres non identifiés, sur le littoral de Long Island.

Une première grande partie du livre est consacrée à la reconstitution, par une collecte méthodique d’éléments biographiques auprès des familles, des amis et des fréquentations des victimes, du puzzle de leur trajectoire dans leur environnement social, familial, scolaire, amical, professionnel et globalement relationnel depuis leur naissance jusqu’au jour de leur disparition.

L’auteur cerne ainsi au plus près la personnalité et le statut social de chacune de ces jeunes femmes, permettant au lecteur de mettre à jour en même temps que lui un certain nombre de constantes, de points communs les concernant, et d’indices de nature à élucider les causes et les circonstances de leur fin tragique et d’émettre, au fil de l’enquête, des hypothèses sur la possibilité que les cinq crimes aient été commis par le même assassin, bien que la police dès le départ ait refusé d’envisager la question d’un tueur en série.

L’Infinie Comédie, David Foster Wallace

Ecrit par Didier Smal , le Jeudi, 20 Août 2015. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, L'Olivier (Seuil), La rentrée littéraire

L’Infinie Comédie, août 2015, traduit de l’anglais (USA) par Francis Kerline, 1488 pages, 27,50 € . Ecrivain(s): David Foster Wallace Edition: L'Olivier (Seuil)

Depuis sa publication en 1996, L’Infinie Comédie fait partie des romans nord-américains dont on entend parler avec régularité, ses lecteurs le considérant comme une œuvre essentielle, voire centrale, des trente dernières années, et allant jusqu’à l’élire dans les cent meilleurs romans écrits en anglais depuis 1923 selon l’hebdomadaire Time.

Son auteur, David Foster Wallace (1962-2008), fait quasi l’objet d’un culte, son œuvre étant même devenue un sujet d’étude universitaire per se. Bref, c’est peu dire que, en 2015, la traduction française de ce roman fait figure d’événement et qu’il convenait, pour le lecteur non anglophone, de s’intéresser à ce « roman total », selon la qualification de son auteur lui-même, et d’en lire les environ mille cinq cents pages.

Autant l’admettre de prime abord : les mille cinq cents pages, on les sent passer. Ce roman, à certains égards, est fastidieux malgré son écriture géniale. Voire : à cause de son écriture géniale. Un peu partout, ça clignote : attention, chef-d’œuvre ! attention, démonstration de savoir-écrire en cours ! Et le lecteur, même expérimenté, même habitué à d’habiles démonstrations stylistiques, ne peut qu’obtempérer : oui Wallace est un génial styliste, d’une polyvalence aussi absolue que maîtrisée…

L’invention des ailes, Sue Monk Kidd

Ecrit par Pauline Fouillet , le Mercredi, 19 Août 2015. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Jean-Claude Lattès

L’invention des ailes, traduit de l'américain par Laurence Kiefé janvier 2015, 464 pages, 22 € . Ecrivain(s): Sue Monk Kidd Edition: Jean-Claude Lattès

 

Avec une grande finesse et beaucoup de tendresse, Sue Monk Kidd nous offre une nouvelle fois un superbe roman très touchant.

Nous sommes en 1803 en Caroline du Sud. Ce début de roman, cette année, signifie pour Sarah Grimké, fille de bonne famille, le début du désespoir, de l’interrogation. Elle a 12 ans et comme le veut la tradition, sa mère lui offre sa propre esclave, la petite Handful, 11 ans. Devant toute la haute société féminine de la ville, Sarah va refuser son cadeau, causant ainsi un immense affront à sa mère et marquant entre elles le début des hostilités.

Mais Sarah n’a que 12 ans et ce début de lutte, cette arrogance ne lui sont pas accordés. Alors Handful va devenir son ombre, comme prévu… ou plutôt comme cette première l’imagine. Plus que son bras droit, Sarah va faire d’Handful son amie. Une amie à qui elle offrira des possibilités…

Jours tranquilles, brèves rencontres, Eve Babitz

Ecrit par Jeanne de Bascher , le Mardi, 18 Août 2015. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Gallmeister

Jours tranquilles, brèves rencontres, traduit de l'américain par Gwilym Tonnerre mai 2015, 224 p. 11,00 € . Ecrivain(s): Eve Babitz Edition: Gallmeister

 

Eve Babitz, figure mythique des années 70, revient sur scène avec Jours tranquilles, brèves rencontres. 40 ans après sa sortie aux US, le livre est enfin traduit en France. La presse raffole du guide ultime de la californienne chic. Retour sur un succès littéraire annoncé.

 

Who’s that girl ?

Egérie des années 60-70, Eve Babitz est la fille que tout le monde rêve d’être. Muse et artiste, elle fréquente la scène bohème de Los Angeles, avant que celle-ci ne devienne "de la mode artistique " (Warhol). Journaliste, écrivain, party-girl, elle crée des pochettes d’album et sort avec Jim Morrison et Ed Ruscha. Eve Babitz est la belle érudite qui enchaîne les Bloody Mary. Une Edie Sedwick de la côté Ouest. Vous pensiez faire le buzz sur Instagram avec votre chat ? Eve bat tous les records : à vingt ans, elle pose nue en jouant aux échecs avec Marcel Duchamp. La photo de 1963 est mythique. Une icône est née.

Inconnu à cette adresse, Kressmann Taylor

Ecrit par Didier Smal , le Lundi, 17 Août 2015. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Autrement

Inconnu à cette adresse, juin 2015, trad. de l’anglais (E.-U.) par Michèle Lévy-Bram, 175 p. 8,50 € . Ecrivain(s): Kathrine Kressmann Taylor Edition: Autrement

 

En septembre 1938, le bimestriel américain Story Magazine publie une longue nouvelle intitulée Inconnu à cette Adresse, par un certain Kressmann Taylor ; ce sera un succès, critique et public, immédiat, et un véritable choc pour tous ses lecteurs de l’époque. Il ne faudra pas longtemps pour que le pseudonyme dévoile son secret : l’auteur est une femme, Kathrine Kressmann Taylor (1903-1996), et il s’agit d’une femme d’exception, puisqu’elle fut des rares à pointer la menace nazie dans un pays isolationniste où la German-American Bund pouvait revendiquer cent à deux cent mille membres. Car c’est de ça que parle Inconnu à cette Adresse : de la menace nazie, celle qu’elle fait peser sur les esprits, celle qui va mener à l’extermination massive des Juifs entre autres.

Cette nouvelle se présente sous la forme de dix-huit lettres, dont un « câblogramme », qui forment la correspondance échangée, de novembre 1932 à mars 1934, entre un Juif américain qui a séjourné en Allemagne, Max Eisenstein, et un Allemand parti de Californie pour habiter Munich avec sa famille, Martin Schulse. Ces deux amis tenaient une galerie d’art à San Francisco et le premier envoie des comptes au second, tandis que le second, dans un premier temps, le fournit en œuvres européennes.