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A comme aujourd’hui, David Levithan

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 24 Juin 2015. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse, Gallimard Jeunesse

A comme aujourd’hui, mars 2015, trad. de l’anglais (USA) par Simon Baril, 448 pages, 7,75 € . Ecrivain(s): David Levithan Edition: Gallimard Jeunesse

 

Le héros narrateur de ce roman s’appelle A. Il a fini par se résoudre à se baptiser ainsi car, chaque jour, il se réveille avec une nouvelle identité, un nouveau nom, un nouveau corps. Chaque jour, il puise dans les souvenirs de son hôte pour s’adapter à une nouvelle vie et ne pas perturber le quotidien de celui ou de celle qu’il quittera le lendemain. Depuis qu’il a accepté qu’il mène une existence vraiment pas comme les autres, A respecte cette règle comme il s’impose une distance envers les personnes qu’il rencontre. A cherche avant tout à préserver sa non-présence, son anonymat, le peu d’intégrité qu’il possède.

« Tandis que Justin s’éloigne et que je me retrouve parmi la foule des autres élèves, je deviens extrêmement conscient de la nature périlleuse de cet exercice, des risques liés à l’effet papillon que je pourrais déclencher à chaque interaction. Si vous prenez le temps d’y réfléchir vraiment, si vous allez jusqu’au bout de la chaîne de cause à effet, vous aurez conscience que chaque pas peut être un pas dans la mauvaise direction, que chaque geste peut avoir des conséquences involontaires ».

Le Cerveau à sornettes, Roger Price

Ecrit par Didier Smal , le Mardi, 23 Juin 2015. , dans USA, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Wombat

Le Cerveau à sornettes, avril 2015, trad. de l’anglais (E-U) par Frédéric Brument, 224 pages, 18 € . Ecrivain(s): Roger Price Edition: Wombat

 

 

En toute logique, il faudrait éviter de parler du présent livre de Roger Price (1918-1990), puisqu’il s’agit du manifeste « évitiste » absolu. D’un autre côté, respecter la logique lorsqu’il est question des écrits de Roger Price, humoriste de son état, tiendrait quasi de l’absurde. Pas celui de Camus. Celui d’Alphonse Allais.

Reprenons. Préfacé par un Georges Perec de toute évidence sous le charme en 1967, Le Cerveau à Sornettes (In One Head and Out the Other en version originale, 1951) connaît une nouvelle traduction et donc une nouvelle jeunesse aux éditions Wombat, qui le présentent comme un « chef-d’œuvre nonsensique », « un des livres les plus frappadingues de la littérature comique anglo-saxonne » – ce qui a de quoi allécher tout amateur de mauvais esprit.

Mark Twain, Œuvres en la Pléiade

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 20 Juin 2015. , dans USA, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, La Pléiade Gallimard

Mark Twain, Œuvres, la Pléiade, n° 604, 10 avril 2015, 1648 pages, 652 illustrations, prix de lancement jusqu’au 31 août 2015 : 58 € . Ecrivain(s): Mark Twain Edition: La Pléiade Gallimard

 

 

Mark Twain, Œuvres, traduit de l’anglais (États-Unis) par Thomas Constantinesco et Philippe Jaworski, édition publiée sous la direction de Philippe Jaworski avec la collaboration de Thomas Constantinesco, Paris, Gallimard, collection Bibliothèque de la Pléiade, n° 604, 10 avril 2015, 1648 pages, 652 illustrations, prix de lancement jusqu’au 31 août 2015 : 58 €

 

Ont été réunis, en ce magnifique volume de la collection Bibliothèque de la Pléiade, présentés dans l’ordre chronologique de leur parution, quatre ouvrages publiés par Mark Twain entre 1876 et 1894. Trois romans : Les Aventures de Tom Sawyer (1876), Aventures de Huckleberry Finn (1884-1885), La Tragédie de David Wilson le Parfait Nigaud (1894), et un – long – récit : La Vie sur le Mississippi (1883).

Lunar Park, Bret Easton Ellis

Ecrit par Johana Bolender , le Jeudi, 18 Juin 2015. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, 10/18

Lunar Park, Traduit de l’américain par Pierre Guglielmina. 480 p. 8,10 € . Ecrivain(s): Bret Easton Ellis Edition: 10/18

 

Alors que l’alphabet semble dévaler la pente des générations à toute vitesse, le roman de Bret Easton Ellis, Lunar Park, demeure invariable et s’impose comme la traduction d’une génération née dans les années 80, maintenue en état d’hébétude, et dont les démons sont restaurés par un narrateur-personnage gavé au Klonopin et à l’Oxycontin. Le narrateur, un Easton Ellis jouisseur et transgressif, écrivain déjà très célèbre, décide de s’établir dans la banlieue providentielle d’Elsinor Lane en épousant sa petite amie d’adolescence Jayne Dennis, où il goute aux grands aplats d’une vie familiale.

Cependant, le projet est compromis. Les expériences d’écritures le poussent dans une redécouverte de son passé. Pris dans une tournante paranoïaque, l’œuvre revêt une couleur différente – où le fantastique se mêle à l’incantatoire – et qui place le lecteur dans un état de tachycardie comme la littérature n’en crée presque jamais.

Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn, Ben Fountain

Ecrit par Didier Smal , le Mardi, 16 Juin 2015. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, 10/18

Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn, septembre 2014, trad. de l’anglais (E-U) par Michel Lederer, 408 pages, 8,40 € . Ecrivain(s): Ben Fountain Edition: 10/18

 

 

Lorsqu’on s’intéresse au récit de guerre, force est de constater que les guerres du Golfe semblent avoir peu inspiré les auteurs – ou alors, peu sont traduits, ce qui est aussi une possibilité. Peut-être, par rapport aux guerres précédentes, est-ce l’omniprésence des images journalistiques (qui en plus ne montrent rien ou presque) qui rend difficile la narration ? Car même au point de vue cinématographique, le résultat est plutôt maigre. Dans ce contexte créatif, on constate en plus que l’écriture « intello » est parfois au rendez-vous (voir le pénible Yellow Birds, par Kevin Powers), et on est donc d’autant plus heureusement surpris de tomber sur une véritable perle littéraire : Fin de Mi-Temps pour le Soldat Billy Lynn, par Ben Fountain (1958). Ce roman, publié en 2012 dans sa langue d’origine, n’est pas un récit de guerre dont l’auteur serait un ancien soldat, et ce fait seul peut expliquer la saine mise à distance dont Fountain fait preuve.