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Chroniques régulières

Magnitude de haine sur l’échelle arabo-musulmane, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 02 Février 2016. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

 

Dans la société arabo-musulmane, existe bel et bien une culture de la haine transmissible de génération en génération, d’un pays musulman à un autre. Abondamment, cette haine se manifeste dans le discours politique, culturel, littéraire, idéologique, religieux, artistique et médiatique. Une haine structurée et graduée. Une haine qui prend son élan selon le thème traité. Et il y a des sujets récurrents et préférés dans la société arabo-musulmane pour le bon élevage et la bonne conservation de cette culture haineuse et venimeuse. Dans ce texte, j’essaie d’établir une première liste des sujets où la haine musulmane est hautement célébrée, dans le conscient comme dans l’inconscient, dans la culture savante comme dans la non-savante.

La « Colognisation » du monde, par Kamel Daoud

Ecrit par Kamel Daoud , le Mercredi, 27 Janvier 2016. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Colognisation. Le mot n’existe pas mais la ville, si : Cologne. Capitale de la rupture. Depuis des semaines, l’imaginaire de l’Occident est agité par une angoisse qui réactive les anciennes mémoires : sexe, femme, harcèlement, invasions barbares, liberté et menaces sur la Civilisation. C’est ce qui définira au mieux le mot « colognisation ». Envahir un pays pour prendre ses femmes, ses libertés et le noyer par le nombre et la foule. C’est le pendant de « Colonisation » : envahir un pays pour s’approprier ses terres. Cela s’est donc passé dans la gare de la ville allemande du nom de ce syndrome, pendant les fêtes du début de la nouvelle année. Une foule des « Autres », alias maghrébins, syriens, « arabes », refugiés, exilés, envahisseurs, a pris la rue et s’est mise à s’attaquer aux femmes qui passaient par là. D’abord fait divers, le fait est devenu tragédie nationale allemande puis traumatisme occidental. « Colognisation » désigne désormais un fait mais aussi un jeu de fantasmes. On y arrive à peine à faire la différence entre ce qui s’est passé dans la gare et ce qui se passe dans les têtes et les médias. Les témoignages affluent, mais les analyses biaisent par un discours sur le binôme Civilisation/barbarie qui masque le discours sur la solidarité et la compassion. Au centre, le corps, la femme, espace de tous, lieu du piétinement ou de la vie.

Carnets d’un fou – XXXIV Novembre 2015, par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Vendredi, 22 Janvier 2016. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

 

Est-elle écrite quelque part, en latin, en castillan ou en arabe, l’infernale sentence donnée pour espagnole et qui tant me plaît. Ne la trouvant pas, sauf dans une version française, je la réinvente : « Más vale visitar el infierno mientras estés en vida que después de muerto ». Mieux vaut que tu visites l’enfer de ton vivant qu’après ta mort.

Michel Host

 

# Visiter l’enfer ? C’est chaque jour que Dieu fait. Comment avez-vous pu ne pas vous en apercevoir ? C’est notre condition. Que nul ne doute, même pas moi-même, de ma joie de vivre.

« Ce soir, on répète », par Marie du Crest

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 19 Janvier 2016. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

L’assiette du lieu estoit très belle et agréable ; ayant la veue de la montagne et de la plaine, et mesme de la délectable rivière de Lignon, depuis Boën jusques à Feurs

Honoré d’Urfé

 

A Jean-Claude Berutti

 

Le château de Goutelas entre dans l’ombre rapide de décembre, faisant disparaître au-delà des douves herbeuses le paysage de l’Astrée. Le temps du théâtre peut commencer, non pas le théâtre du plateau, des lumières, des décors, de la salle impatiente, mais celui de son étrange laboratoire : la répétition. Un metteur en scène (Jean-Claude Berutti) assis derrière une longue table chargée de livres, de feuillets épars, regarde, intervient, fait des gestes, demande de reprendre aux deux comédiens qui lui font face (Christian Crahay et Nicole Olivier), dans une salle à la moquette rouge, sous la charpente du château.

Un poète du désir - à propos des Sonnets de Germont

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 18 Janvier 2016. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Sonnets de Germont, éd. La coopérative, 2015, 9 €

 

Le premier livre de la jeune maison d’édition La coopérative, dirigée par Jean-Yves Masson et Philippe Giraudon, prête la voix à une poésie très écrite, très cadencée et presque classique, d’une certaine manière académique – dans le sens d’une application consciencieuse –, et cette dernière épithète ne me fait pas peur. Car ce livre, écrit par un jeune homme de vingt-et-un ans, au milieu des années 80, qui est resté inédit trente ans dans les cartons de Jean-Yves Masson, résiste à notre époque d’aujourd’hui justement parce qu’il est d’une facture simple et harmonieuse. Pour mon propre compte, j’ai d’ailleurs aimé cette « humeur » (le mot mood en anglais est peut-être plus juste), ce chuchotement des années 80, qui suggère un air du temps que j’ai connu au même âge que le poète Germont, un temps pour finir assez sombre et angoissant. Ce furent pour moi aussi, des années de désir, de ce désir de jeune personne éprise du jeu de hasard de la beauté, guidée par une étoile vers l’amour de l’autre, et sujet à cette angoisse de mourir.