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Je viens de m’échapper du ciel, d’après Carlos Salem, Laureline Mattiussi

Ecrit par Marc Ossorguine , le Jeudi, 12 Octobre 2017. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Bandes Dessinées, Casterman

Je viens de m’échapper du ciel, d’après Carlos Salem, 196 pages, 18,95 € . Ecrivain(s): Laureline Mattiussi Edition: Casterman

Les amateurs de noir, et quelques autres, connaissent les romans de Carlos Salem, hauts en couleurs autant que le personnage de l’écrivain. Tout le mode ne sait pas forcément qu’il a aussi écrit des nouvelles et de la poésie. Ce sont ses nouvelles qui ont inspiré Laureline Mattiussi pour réaliser cet album singulier, tout en noirs et blancs. La dessinatrice a en effet choisi d’abandonner les couleurs de ses premiers albums pour donner toute leur place aux traits et aux aplats, sans atténuer la brutalité des contrastes dans un monde qui oscille entre réalisme brut et rêves fous. Au centre, un personnage perdu entre le réel de la vie et celui de ses visions et désirs. Son nom suggère des choses : Poe. Comme Edgard Alan et son corbeau.

De bars glauques en combines lamentables, il dérive tranquillement, en parfait loser. S’il rêve de femmes pas toujours accessibles, il peut aussi taper une discute avec un chien installé au même bar que lui. Ou alors essayer de rencontrer le ciel en compagnie de son ange, un barbu avec Snoopy sur son tee-shirt. Paumé royal, Poe a aussi ses pudeurs et il y a des choses qu’il ne peut accepter, comme se déguiser en Titi (l’oiseau que poursuit inlassablement le gros minet Sylvestre dans les dessins animés). En Bugs Bunny, oui, pas de problème. Mais en Titi, pas question. D’abord, il est bien trop flippant Titi !

Les Insatiables, Gila Lustiger

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mercredi, 04 Octobre 2017. , dans Actes Sud, La Une Livres, Critiques, Les Livres, Langue allemande, Roman

Les Insatiables (Die Schuld der Anderen, 2015, Berlin Verlag), trad. allemand Isabelle Liber, . Ecrivain(s): Gila Lustiger Edition: Actes Sud

 

Cet Insatiables n’est pas annoncé pas son éditeur comme un roman noir ou policier, et pourtant il y est question de crime, de corruption et d’investigation. Ce n’est certainement pas un essai et pourtant on y trouve de vraies réflexions et hypothèses sur plusieurs aspects de la société française. Cela se passe en France, à Paris, en Normandie et en Auvergne, mais l’auteure est allemande et écrit en allemand. Ce n’est pas un premier roman mais c’est un premier polar qui n’en est pas un… Cela commence à faire bien des raisons de s’intéresser de près à cet objet littéraire un peu atypique. Nous pourrions encore ajouter que l’auteure est journaliste et installée en France depuis 30 ans mais que Les Insatiables est un vrai roman, et que si c’est quand même un peu un polar, les policiers sont plutôt des personnages « secondaires » qui ne s’occupent pas vraiment de l’affaire ou qui ont pris leur retraite. Ajoutons avant d’aller plus loin que sa lecture a empêché le poly-lecteur que je suis de se tourner vers un seul autre titre avant de l’avoir achevé (ce qui est plutôt rare).

Qui a tué Heidi ?, Marc Voltenauer

Ecrit par Marc Ossorguine , le Lundi, 02 Octobre 2017. , dans La Une Livres, La rentrée littéraire, Critiques, Les Livres, Roman, Slatkine

Qui a tué Heidi ?, septembre 2017, 448 pages, 21,90 € . Ecrivain(s): Marc Voltenauer Edition: Slatkine

 

Il y a un peu plus d’une année, un nouvel inspecteur entrait dans le champ des romans policiers et polars, Andreas Auer. Parmi ses caractéristiques, celle de vivre dans l’un des plus « pittoresques » villages des alpes vaudoises, un village se prêtant a priori bien peu à la perpétration de crimes. Mais l’auteur suisse Marc Voltenauer, fort de sa connaissance des grands polars « made in Sweden », en a décidé autrement et, après s’être installé dans ce village bien réel, qui a pour nom Gryon, l’auteur y a semé quelques cadavres ici et là : dans le temple, dans la fontaine, dans un chalet d’alpage… avec l’histoire de l’homme qui n’était pas un meurtrier mais qui connaissait l’histoire du Dragon du Muveran. L’auteur et son inspecteur à peine remis de cette première et éprouvante enquête vont se retrouver embarqués dans une nouvelle affaire où à nouveau les morts se multiplieront, faisant fi des paysages de carte postale.

La Magie dans les villes, Frédéric Fiolof

Ecrit par Marc Ossorguine , le Vendredi, 29 Septembre 2017. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman, Quidam Editeur

La Magie dans les villes, 105 pages, 12 € . Ecrivain(s): Frédéric Fiolof Edition: Quidam Editeur

 

Voilà un livre aussi magique que son titre. Un livre qui fait du bien et que l’on ne sait pas trop dans quelle catégorie classer. Ce n’est pas grave car de toute façon voilà déjà quelque temps qu’il ne quitte pas ma table de nuit. Ce n’est pas un récit ou roman, même s’il y a un narrateur et des personnages. Ce ne sont pas des nouvelles non plus. Des contes ou des fables ?… Un peu. Mais pas vraiment car il y a bien des continuité d’un texte à l’autre. Ce ne sont pas non plus des poèmes, même si pour certains la tonalité est celle de la poésie ou du merveilleux. Ne cherchons plus. Laissons le souci des catégories et du catalogue au catalogueur et classificateur. Savourons plutôt. Simplement.

Le narrateur nous raconte un homme, ses manies, ses rêves, son quotidien, sa fantaisie. Autour de lui une ville, une femme, une fille, un fils… Mais pas que. Il y a aussi une fée fatiguée. Très fatiguée. Elle est bien gentille, mais si âgée et fatiguée qu’elle n’est plus d’aucune efficacité. Bien sûr, elle a été jeune, mais c’était il y a longtemps. Et puis avec l’âge, elle a gardé des convictions et ne tient pas à faire n’importe quoi. Comme lui est passablement maladroit, toujours un peu à côté d’où on pourrait l’attendre, les choses vont souvent un peu de travers. Parfois insensiblement. Toujours irrésistiblement… Ce qui n’empêche pas une certaine philosophie, un mot qui rime avec ironie comme avec bonhomie.

Je m’appelle Europe, Gazmend Kapllani

Ecrit par Marc Ossorguine , le Vendredi, 22 Septembre 2017. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Bassin méditerranéen, Roman, éditions intervalles

Je m’appelle Europe, trad. grec Françoise Bienfait, Jérôme Giovendo, 160 pages, 19 € . Ecrivain(s): Gazmend Kapllani Edition: éditions intervalles

 

Dans cette époque où l’Europe même se veut mondialisée, les Balkans sont plus qu’un peu devenus une sorte de tiers-Europe, comme il y a – ou il y avait – le tiers-monde voire le quart-monde. Vous savez ces régions bizarres où corruption et dictatures poussent comme les mauvaise herbes le long de chemins que personne n’entretient, pas même les chèvres. D’ailleurs, sur les chemins de ce monde, il n’y a plus de chèvres, mais des longues files d’immigrés dont personne, nulle part, ne veut.

Gazmend Kapllani vient de ce monde-là. D’origine Albanaise, il a connu dictature, misère et immigration. Sur les routes mais aussi dans la langue. Il arrive en Grèce à 24 ans et va en adopter la langue pour y devenir écrivain. C’est de cette expérience, la sienne et celles d’autres « frères migrants » (1) que nous parle ce roman-reportage.