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Œuvres romanesques I, II, Mario Vargas Llosa, La Pléiade, par Marc Ossorguine

Ecrit par Marc Ossorguine , le Vendredi, 13 Avril 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques

Œuvres romanesques I, II, Mario Vargas Llosa, Gallimard, La Pléiade, mars 2016, trad. espagnol Bernard Lesfargues, Albert Bensoussan, Anne-Marie Casès, 3872 pages, 145 €

 

Un monument relié à lire et relire

Que peut-on dire ou écrire au sujet de l’œuvre de Mario Vargas Llosa qui n’ait pas déjà été dit ou écrit ? Rien, a priori. Ecrivain phare de la littérature latino-américaine et de la littérature mondiale, couronné du Prix des prix, le Nobel, maintes fois commenté, interviewé, encensé, cité… L’édition française lui a en outre accordé ce prix qui n’en est pas un mais qui est peut-être pour beaucoup encore plus qu’un prix : la publication dans la bibliothèque de La Pléiade. Un honneur et un bonheur dont l’auteur dit lui-même qu’ils l’ont plus touché que le Nobel. Que peut-il rester à ajouter ? Pour ma génération, il lui manquerait peut-être l’entrée dans le Lagarde et Michard, ce manuel qui a officialisé et institutionnalisé la culture littéraire de quelques générations de lycéens. Dès lors, il ne reste plus qu’à le lire. Tout simplement. Car il n’est pas impossible qu’à l’instar de certains auteurs dont tout le monde parle, dont tout le monde a entendu parler, ceux qui en parlent ne l’ont pas toujours lu, voire toujours pas lu. Ou l’ont mal lu. Nous avouons très humblement être de ceux-là.

Anthologie secrète, Davertige

Ecrit par Marc Ossorguine , le Vendredi, 02 Mars 2018. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Poésie

Anthologie secrète, Davertige, Mémoire d’encrier . Ecrivain(s): Davertige

 

Davertige. Voilà un nom de poète que vous n’avez peut-être jamais entendu. Il était haïtien. Il était aussi peintre, sous son vrai nom, Villard Denis. C’est en 1961 qu’il fait irruption dans la poésie haïtienne, avec un court recueil intitulé Idem. La voix de ce très jeune homme (il a à peine 22 ans) résonne d’emblée très fort et sera suivie l’année suivante d’un autre recueil, tout aussi court et au titre aussi énigmatique, Ibidem. Puis, malgré la reconnaissance, le silence. Celui de l’auteur, puis celui du peintre. Une tentative de roman qui partira au feu sous la pression de l’exigence littéraire de l’auteur. Un hommage public et discret en 1992, puis la réédition, accompagnée d’une réécriture en 2003 avec la présente édition, quelques mois avant sa disparition. Une édition / ré-édition portée par Rodney Saint-Eloi, le maître d’œuvre des éditions Mémoire d’encrier (installées en terre franco-canadienne) qui inclut aussi des gravures du peintre.

En route vers Okhotsk, Eleonore Frey

Ecrit par Marc Ossorguine , le Vendredi, 16 Février 2018. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Langue allemande, Roman, Quidam Editeur

En route vers Okhotsk, février 2018, trad. allemand, Camille Luscher (Unterweg nach Okhotsk, 2014, Engeler Verlag), 152 pages, 16 € . Ecrivain(s): Eleonore Frey Edition: Quidam Editeur

 

Peur de regarder la vérité en face. Parce que tu crois que la vérité existe ? demande-t-elle oubliant pour un instant de quoi est faite cette vérité-là. Ça ne te ressemble pas : toi et la vérité ! La vérité, peut-être pas, mais des vérités, si, rétorque-t-il. Autant que tu veux. A chaque jour sa nouvelle vérité jusqu’au Jugement Dernier.

La Sibérie et les terres extrêmes du continent, quelque part au bord des glaces, rares sont ceux qui y ont mis les pieds. Pour autant, l’imaginaire sur ces espaces perdus, désolés, est souvent des plus forts, occupant l’espace frontière entre la réalité, l’imaginaire et le rêve. Un rêve qui peut prendre des allures de cauchemar mais qui n’en est pas moins un rêve, avec ses ambiguïtés et ses énigmes. Il y a ainsi, quelque part vers les limites de la terre et de l’eau, de la lumière et de la nuit, de la civilisation et du néant, les rives de la mer d’Okhotsk, quelque part entre l’Alaska et le Japon, ces terres que l’on place aux deux extrémités de nos mappemondes, dans la marge que l’on oublie entre l’extrême est et l’extrême ouest.

Le mystère parfois nous effraie, par Marc Ossorguine

Ecrit par Marc Ossorguine , le Vendredi, 22 Décembre 2017. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture

 

Il sort de la maison. Il ou elle ? A vrai dire ce n’est pas si évident. Dans cette ombre entre chien et loup, tous les chats sont gris et toutes les silhouettes sont floues, incertaines. La démarche semble plutôt féminine. La carrure, masculine. A moins que ce soit les vêtements qui la transforment. Ce que l’on devine des cheveux pourraient être l’un ou l’autre. De toute façon, les femmes aux cheveux courts sont aussi fréquentes que les hommes aux cheveux longs, non ? Alors, homme ou femme, on ne peut vraiment se décider.

Une silhouette sort de la maison. Quelle maison ? Une maison. Une parmi d’autres. Pas très différentes de celles qui sont en amont ou en aval dans la même rue. Assez semblable à celles qui sont de l’autre côté de la rue. Et même de celles qui sont dans les autres rues.

A quoi ressemblent ces maisons ? Difficile à dire, dans le clair obscur qui s’est installé on ne distingue en fait que des ombres de maisons. Des masses indistinctes que l’on a peine à séparer les unes des autres. Des blocs d’obscurité claire vaguement rythmés sur le ciel.

À tous les airs (ritournelle), Stéphane Vanderhaeghe, par Marc Ossorguine

Ecrit par Marc Ossorguine , le Vendredi, 15 Décembre 2017. , dans La Une CED, Les Chroniques

À tous les airs (ritournelle), Stéphane Vanderhaeghe, Quidam, octobre 2017, 260 pages, 20 €

 

Fichtre ! Voilà un nouvel OLNI qui cherche à se poser dans des cerveaux de lecteurs. Oui, OLNI. OLNI pour Objet Littéraire Non Identifié. Tellement NI que je me demande, humble écriveur qui tente d’écrire sur des écrits, comment en causer. Ce n’est pas que, mais enfin quand même. N’allez pas croire que… Croire quoi ? Croire que… Bon, c’est mal parti on dirait. C’est que c’est tellement instable, insaisissable, mouvant et incertain que… ça chantonne sur on ne sait quels airs…

Bon. Reprenons. Tentons de, au moins. Pas à pas, comme dans une enquête où les indices sont si ténus que l’on finit peut-être par les inventer, les rêver. Peut-être commencer par l’auteur. Oui, l’auteur. Alors l’auteur, c’est Stéphane Vanderhaeghe. C’est son nom. Son blase comme on dit. Stéphane Vanderhaeghe a déjà écrit un… disons un livre. Un livre au titre imprononçable : Charøgnards. Un livre qui finissait par s’effacer. C’est dire. C’est déjà cet éditeur hors norme qu’est Quidam qui l’avait édité. On en avait causé ici (enfin, plutôt ).