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Les rêves ne vieillissent jamais – Gérard Guégan (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 24 Septembre 2026. , dans La Une Livres, Cette semaine, Les Livres, Critiques, Roman

Les rêves ne vieillissent jamais – Gérard Guégan – LettMotif – 142 p. – 19,90 euros – 11/08/26. . Ecrivain(s): Gérard Guégan

 

« Dans Rio Bravo, en 1959, il avait trouvé sa silhouette définitive. Il était la justice et la rigueur, l’ours qui faisait fondre le cœur des femmes et qui, trois ans plus tard, se sacrifierait pour l’une d’elles (L’Homme qui tua Liberty Valance) en lui offrant la légende au lieu de la vérité. »

Comme certains romans, Les rêves ne vieillissent jamais. Notre mémoire fertile et joyeuse leur offre une lumineuse réception. Ce court et brillant petit livre est un album de souvenirs que Gérard Guégan feuillette pour nous et pour lui. Il y a les années politiques, les années cinématographiques, celles de d’éditeur et de l’écrivain observateur de l’Histoire et façonneur d’histoires, elles se croisent et se nourrissent tant cet homme, témoin d’un monde ancien, a vécu mille vies, mille rencontres et mille passions. Nous sommes à Marseille, où l’auteur est né et a fait ses premières armes d’amateur de cinématographe, terme préféré à celui de cinéphile, au ciné-club il croise Alexandre Astruc venu y présenter La Splendeur des Amberson, et se met en route une machine à admirer : Nicolas Ray, Richard Brooks – Plaidoyer en faveur du relatif, son cinéma était aussi le cinéma de l’éclatement des chairs et du naufrage des sentiments -, Robert Aldrich et Samuel Fuller, des cinéastes qui suscitaient à cette époque quelques amusantes passes d’arme dans les revues spécialisées, Les Cahiers du Cinéma et Positif.

Le Palais- François-Henri Désérable (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 10 Septembre 2026. , dans La Une Livres, La rentrée littéraire, Cette semaine, Les Livres, Critiques, Roman, Gallimard

Le Palais- François-Henri Désérable – Gallimard – 400 p. - 23 euros – 20-08-26. . Ecrivain(s): François-Henri Désérable Edition: Gallimard


« Au début, on crut à de l’esbrouffe. Certains haussèrent les épaules : le gamin avait dû mémoriser une liste d’arômes et maintenant il les débitait mécaniquement sans même les sentir. Mais à mesure qu’il égrenait les arômes se produisait une chose étrange : chacun portait son verre à ses narines, ou bien en buvait une gorgée, et reconnaissait alors ce qu’il venait d’entendre. »

Le Palais est l’éblouissant roman d’Arun, un enfant qui deviendra le plus exceptionnel nez du monde de l’œnologie, un surdoué du vin, un héros de la dégustation, un découvreur unique d’arômes, un enfant adopté en Inde par une famille bourguignonne, qui portera la Bourgogne au cœur et aux lèvres. Rien ne lui échappera, les vins de Bourgogne, comme ceux du Bordelais, les vins de lointaines contrées, vins rares, disparus depuis longtemps des mémoires vigneronnes, comme ceux que la jeunesse fait encore douter de leur avenir en bouteille.

Michel-Ange, Eugène Delacroix (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 26 Août 2026. , dans La Une Livres, Cette semaine, Les Livres, Critiques, Arts

Michel-Ange, Eugène Delacroix – L’œuvre et la vie d’Eugène Delacroix par Charles Baudelaire – Préface – Causerie murmurée à l’oreille des spectres – Gérald Duchemin – Editions Le Chat Rouge – 280 p. – 21 euros – 14 avril 2026.

 

« J’écris sur Michel-Ange : je sacrifie tout à Michel-Ange »

Eugène Delacroix – Journal 1822-1863 (1)

« Je ne connais pas de texte plus beau que le sien à propos de Michel-Ange, à part les pages irradiantes de sieur Henry Beyle, dit Stendhal, dans son Histoire de la peinture en Italie (1860). »

Causerie murmurée à l’oreille des spectres – Préface par Gérald Duchemin

« Eugène Delacroix était un curieux mélange de scepticisme, de politesse, de dandysme, de volonté ardente, de ruse, de despotisme, et enfin d’une espèce de bonté particulière et de tendresse modérée qui accompagne toujours le génie. »

L’œuvre et la vie d’Eugène Delacroix par Charles Baudelaire.

« Les ouvrages de Michel-Ange donnent incontestablement la sensation la plus épurée et la plus élevée qu’il soit possible d’éprouver par un art. »

« Ébloui de l’éclat d’un si grand génie, et regrettant d’en avoir donné une si faible idée, c’est bien à lui que nous devons appliquer ce qu’il disait lui-même de Dante dans ce vers :

« Quanto dirne si dee non si puo dire. »

« On ne dira jamais de lui tout ce qu’il faut en dire. »

Michel-Ange – Eugène Delacroix.

Alexandre Dumas en la Pléiade (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Mardi, 18 Août 2026. , dans La Une Livres, En Vitrine, La Pléiade Gallimard, Cette semaine, Les Livres, Critiques, Roman

Alexandre Dumas – La Reine Margot – La Dame de Monsoreau (I à III) (tome I) La Dame de Monsoreau (IV à V), Les Quarante-cinq – (tome II) - Editions de Sylvain Ledda – Bibliothèque de La Pléiade – Editions Gallimard – tome I : 1312 p. – 68 euros – tome 2 . Ecrivain(s): Alexandre Dumas Edition: La Pléiade Gallimard

 

« Mort à jamais ? Qui peut le dire ! » Il est difficile de se représenter comme un défunt celui dont la vitalité a stupéfié son siècle, celui dont Michelet écrivait qu’il était l’« une des forces de la Nature » et George Sand qu’il était « le génie de la vie ». Lui-même envisageait de pouvoir charmer la mort : « Elle me sera douce, disait-il, parce que je lui conterai une histoire. »

Album Alexandre Dumas – Julie Anselmini

Quelle belle manière inspirée d’entrer dans l’œuvre et la vie d’Alexandre Dumas ! Julie Anselmini nous offre une immersion de mots et d’images savantes et savoureuses, reprenant avec finesse ce qui fait le charme incomparable de Dumas, cet art de « conter des histoires », car sa vie et son œuvre sont une myriade d’histoires, que l’Histoire admire. La vie artistique, politique et amoureuse de Dumas est ici saisie avec la même allégresse qui irrigue les romans de l’écrivain que tout séduit et dont la réussite romanesque, est celle d’une légende, d’un monstre, au sens que l’on donnait au XVIe siècle à ce mot : un prodige, un miracle.

Les amours de George – Stéphane Guégan (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 25 Juin 2026. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Gallimard

Les amours de George – Stéphane Guégan – Gallimard – 176 p. – 19 euros – 07/05/26. Edition: Gallimard


« L’enfance s’en était allée. Ne restait qu’un trésor de souvenirs, et une poignée de fantômes. Revenue à Nohant, aux grands arbres du parc, aux chiens, aux chevaux et à ses anciens compagnons de jeu, autorisée à brader l’uniforme du couvent contre de pimpantes petites robes à la mode de la Restauration. Aurore s’étonnait de jouir autant des choses et des êtres dont le couvent l’avait coupée. »

Il y a 150 ans, le 8 juin 1876, disparaissait George Sand, à l’âge de 71 ans après avoir traversé le XIX° siècle avec passion, force et style. La passion, la force et le style fondent Les amours de George. Le corps est une affaire de langue, celui de George Sand se livre à ses amours, comme elle livre sa langue à ses romans, cette langue qui porte en son sein toute l’aventure du classicisme littéraire, voir et écrire, ne croire qu’en la justesse, la musique intérieure de la phrase, tout autant qu’en la force de l’étreinte, et ne jamais oublier l’attraction des fleurs.