Identification

Articles taggés avec: Cervera Gilles

À pied d’œuvre, Franck Courtès (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Jeudi, 23 Novembre 2023. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Récits, Gallimard

À pied d’œuvre, Franck Courtès, Gallimard, août 2023, 192 pages, 18,50 € Edition: Gallimard

 

 

Le choix de soi de Franck Courtès

À pied d’œuvre publié à la Nrf devait s’appeler Manoeuvre. Ça collait mieux. La Nrf avait déjà dans ce catalogue un livre sous ce beau titre.

Un brain-storming plus tard, Courtès a son titre !

Courtès est bel et bien le manœuvre qui se tape les étages, descend les charges, braque ses ménisques, abîme ses mains. En sang ses mains et à l’œuvre. Courtès est de ces prolétaires du stylo dont l’âme vole entre parts d’ange et d’encre.

Au cœur des corps de Genet (par Gilles Cervera)

, le Jeudi, 19 Octobre 2023. , dans La Une CED, Les Chroniques, Théâtre

 

Il n’est qu’un lieu d’émotions pleines, vivantes, vibrantes et collectives : le théâtre !

Au TNB, avant Paris et la Picardie, Les Paravents de Jean Genet par Arthur Nauzyciel, et une troupe vivante, vibrante. Un collectif de vies !

Le texte de Genet en impose comme toute la littérature genetienne : actuelle, provocante, politique jusqu’à l’aigu du mot, spiritualité comprise.

Genet nous fait dialoguer avec nous-mêmes, dans une métaphysique secrète, parfois inavouable et souvent juste. Juste à la lisière du cri. Juste à la lisière de la douleur. Juste à la lisière de la folie. Bref, chez Arthur Nauzyciel les morts reviennent et en parlent, de la mort. Ils ne se respectent pas plus morts qu’ils ne se sont respectés vivants. Le viol reste une solution, et le rire, surtout le rire. Communicatif (malgré un public rennais un peu assoupi qui rit moins que c’est risible !). Le dispositif théâtral en impose : un seul décor de bout en bout, majestueux, épuré, monumental. Un escalier immense, blanc, face aux gradins des spectateurs.

Comédie d’automne, Jean Rouaud (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Lundi, 09 Octobre 2023. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

Comédie d’automne, Jean Rouaud, Grasset, août 2023, 284 pages, 20,90 €

 

Triste comédie

Sans doute est-ce un vœu pieux de recenser, mot de Rouaud, son dernier livre, sa Comédie d’automne, car l’auteur ne fait que narrer sa fabrique romanesque, expliquer, justifier, raconter ce qu’il raconte mieux que quiconque et qu’il a vécu : le making-of du Goncourt.

Ce livre de Jean Rouaud est moins centré sur le livre que sur ses banlieues, son magnum circum, sa warholisation au bout du compte tellement affligeante, tellement triste. C’est ici le sujet, la triste comédie où l’auteur est embarqué, comme une paille sur le ruisseau et, s’il le dépasse, c’est par la littérature, bien sûr !

Lisons, c’est du Rouaud !

Livre tellement utile, tellement beau et tellement triste. Pour qui écrit, veut écrire, tente d’écrire, ici, par exemple le modeste autant qu’humble recenseur de Jean Rouaud, tout de cette écriture sauf l’écriture elle-même est démoralisant. Décourageant bocal littéraire. Sous vide ! Décourageants rapports de force et de farce.

La Nuit de Gigi, Dominique Dussidour (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Mercredi, 04 Octobre 2023. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, La Table Ronde

La Nuit de Gigi, Dominique Dussidour, La Table Ronde, avril 2022, 272 pages, 20 € Edition: La Table Ronde

 

La nuit et les jours

Le livre La Nuit de Gigi n’est pas à lire seulement parce que Dominique Dussidour est morte peu après avoir posé son point final. Pas non plus parce que le livre livre la mort, noyade infinie, fleuve sombre, Léthé, Styx ou Seine, mais bel et bien à lire parce que le livre s’illumine du vivant.

Les conversations nombreuses, infinies, adolescentes, futiles et sensibles sont des dialogues qui vibrent l’aujourd’hui. On sent la vapoteuse tout parmi ou les effluves par moment de joints qui flottent.

Les escarmouches sont vives, acides, les effusions l’emportent mais l’une et l’autre sont surtout nimbées d’une fraternité, amoureuse, amicale, on aurait dit bien avant camarade.

Le roman déroule une cour parisienne. Un quartier. La rue bien nommée des Martyrs et ses bars-tabacs célèbres. Le récit est, c’est là que Dussidour innove, jeune. On dirait djeun si ce n’était carrément démodé !

Un merveilleux souvenir, Marc Pautrel (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Mardi, 13 Juin 2023. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Gallimard

Un merveilleux souvenir, Marc Pautrel, Gallimard, L’Infini, février 2023, 88 pages, 12 € . Ecrivain(s): Marc Pautrel Edition: Gallimard

 

Un écrivain discret aux livres de petits formats et de grand poids : Marc Pautrel. On verra comment il apparaît et comment cet auteur singulier est publié jusqu’ici par Philippe Sollers, mort vendredi 5 mai 2023. La mort d’un pape après celle de Godard !

 

Pautrel ou la deuxième peau

Sacrifions à la légendaire intro ! L’écrivain Marc Pautrel, nous ne l’eussions pas découvert sans le buzz, la bouse et la bise Christine Angot. On aime l’écrivaine Angot qui nous enseigne à rentrer entre épiderme et terreur, quand le père devient fou et la petite fille objet objectif et sujet subjectif de toutes les séductions jusqu’à la plus prédatrice. On déteste la même Angot lorsqu’elle s’impose aux écrans que pour le buzz, la bouse et les bises.