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La chimie des larmes, Peter Carey

Ecrit par Anne Morin , le Jeudi, 07 Novembre 2013. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Actes Sud

La chimie des larmes, traduit de l’anglais par Pierre Girard, septembre 2013, 326 pages, 22,80 € . Ecrivain(s): Peter Carey Edition: Actes Sud

 

Des rouages, des engrenages, un mécanisme, un dispositif, une animation, autant de mots concernant l’écriture d’une histoire comme la précision d’une horlogerie. Animer, n’est-ce pas créer un mouvement susceptible de se répéter (presque) sans intervention humaine ?

Le cygne n’est-il pas à la fois symbole masculin et féminin, et emblème de l’alchimie ?

Pour tenter de sauver la vie de son fils Percy, atteint d’une maladie incurable, Henry Brandling en désespoir de cause décide d’entreprendre un voyage en Allemagne – pays des plus fins horlogers – pour y faire construire un merveilleux automate en vue de divertir son enfant.

Deux siècles plus tard, ses carnets de voyage ainsi que les pièces et rouages d’un grand automate se voient confiés à une conservatrice londonienne, Catherine Gehrig, qui vient de perdre son amant, lui-même conservateur dans le même musée. Quoi de commun entre ces deux personnages ? La force d’un amour désespéré, et l’automate mystérieux.

Le langage des cactus, O. Henry

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 06 Novembre 2013. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, Rivages

Le langage des cactus, traduit de l’Anglais (USA) par Jean-Paul Gratias, août 2013, 153 pages, 7,65 € . Ecrivain(s): O. Henry Edition: Rivages

 

Le monde de O. Henry


Le langage des cactus est un recueil de huit nouvelles à l’épaisseur inégale. Cependant, la concision de l’écriture et la densité dramatique de certaines nouvelles comme la nouvelle-titre, ou encore celle intitulée Une croqueuse de diamant, donnent à voir le talent de cet auteur inspiré.

Les histoires mises en scène par O. Henry oscillent entre le tragique lié aux petites ironies de la vie quotidienne et le burlesque des situations. Aiguisé par son sens de l’observation, l’auteur s’inspire des drames et faits ordinaires qui font et défont une vie. Son décor est planté à New York, une ville cosmopolite et déjà à l’apothéose en termes de prouesses technologiques et de modernisme. Mais lorsque le lecteur se penche sur le sort de ses personnages, il remarque que cette ville en passe de devenir tentaculaire broie les plus humbles d’entre eux. Et plus précisément, O. Henry donne la voix à ces « petits gens » qui essaient tant bien que mal de survivre dans cette grande agglomération indifférente à leurs difficultés économiques et financières.

Mon Amérique, Jim Fergus

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 10 Octobre 2013. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Le Cherche-Midi, La rentrée littéraire

Mon Amérique( Nature writing), trad. (USA) Nicolas de Toldi, septembre 2013, 300 p. 20 € . Ecrivain(s): Jim Fergus Edition: Le Cherche-Midi

Jim Fergus s’inscrit dans les figures de la grande littérature américaine. Passionné de nature, de chasse, de pêche, il est dans la lignée prestigieuse du Montana avec ses amis Jim Harrison et Rick Bass. Ce dernier est d’ailleurs un des personnages de ce livre puisqu’il partage avec l’auteur des journées de chasse aux oiseaux. Ce livre est un journal de chasseur, de pêcheur, constitué de petites nouvelles qui sont autant d’histoires dont raffolent, on le sait, ceux qui pratiquent ces activités.

Histoires d’hommes (les femmes sont très rares ici), de chiens, d’animaux sauvages, Fergus distille ses souvenirs comme un hymne à la nature, aux grands espaces américains, aux amitiés éternelles.

A la manière des romantiques, Fergus ne regarde pas la nature comme objet en soi mais comme jouissance pour soi. Il en attend un retour, la contemplation ne lui suffit pas et en cela il rejoint une tradition rousseauiste. Rick Bass, dans la préface qu’il offre à son ami, ne s’y trompe pas :

 

« L’important n’est pas le paysage, mais l’homme et ce qu’il ressent. Et Jim est un homme intensément amoureux de la vie. »

La formation du système soviétique, Moshe Lewin

Ecrit par Victoire NGuyen , le Jeudi, 03 Octobre 2013. , dans USA, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Gallimard

La formation du système politique, traduit de l’anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat, avril 2013, 524 p. 17,50 € . Ecrivain(s): Moshe Lewin

Comprendre le stalinisme


Il n’est pas aisé pour un lecteur de lire cet ouvrage d’un trait comme s’il lisait un roman. Il faut prendre du temps pour comprendre la complexité et les ramifications de la pensée de Moshe Lewin. Il est nécessaire pour cela de lire sans précipitation et entre les lignes pour apprivoiser les mots et les arguments en faveur d’une nouvelle école critique de la pensée politique russe.

En effet, dès l’introduction le ton est donné : « (…) l’étude de la société russe de ce siècle est encore un domaine sous-développé, voire à peine développé – fait qu’ignorent ou se refusent parfois à admettre certains spécialistes d’autres aspects des études russes (…). J’insiste sur ce point, parce qu’il est évident que l’on se trompe du tout au tout en affectant de croire qu’il n’y a rien à attendre de ce type d’étude. Le système social soviétique et son régime politique sont loin d’être assez bien connus et compris. Il ne manque pas de jugements à la légère, mais les erreurs fourmillent, et beaucoup trop d’appréciations demeurent artificielles, au regard des exigences scientifiques certes, mais aussi pour les besoins de la vie politique et le bien-être de notre petite planète ».

De bons voisins, Ryan David Jahn (2ème critique)

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mardi, 01 Octobre 2013. , dans USA, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Babel (Actes Sud)

De bons voisins, traduit de l’américain par Simon Baril, mai 2013, 270 pages, 7,70 € . Ecrivain(s): Ryan David Jahn Edition: Babel (Actes Sud)

 

Les oiseaux de nuit


Le tableau d’Edward Hopper peint en 1942 et intitulé Oiseaux de nuit suggère par sa thématique la vie des personnages de ce roman. Comme les hôtes esseulés du bar aquarium de Hopper, les protagonistes de De bons voisins évoluent dans un univers de désillusion, de solitude et de vide existentiel. Si les clients de Hopper s’attardent dans cet espace saloon, l’air hagard dans la lumière artificielle des néons, pendant qu’à l’extérieur les ténèbres écrasent le monde d’un sommeil sans rêve, nos personnages sont eux aussi des noctambules.

Le roman se concentre sur un laps de temps très court. L’action se déroule entre quatre heures et six heures du matin. C’est le temps de l’agression de Kat. C’est aussi au cours de cette nuit que les différents personnages se décident à prendre ou non leur destin en main.