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Désolations, David Vann

Ecrit par Yann Suty , le Mercredi, 31 Août 2011. , dans USA, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Gallmeister, La rentrée littéraire

Désolations, 300 pages, 23 € . Ecrivain(s): David Vann Edition: Gallmeister

Le premier roman de David Vann, Sukwann Island, avait été un choc. Un véritable coup de poing littéraire, aussi âpre et lyrique, qui entraînait très loin dans les noirceurs de l’âme humaine et laissait pantois. Le deuxième roman de l’auteur était fortement attendu. Peut-être trop. Ce qui fait que, malgré d’indéniables qualités, Désolations ne convainc pas entièrement. Sans doute est-ce aussi dû au fait que David Vann reprend les mêmes ingrédients, la même recette, comme si, d’une certaine manière, il n’avait pas su se renouveler. La trop grande similitude entre les deux livres pousse à la comparaison et elle n’est malheureusement pas en faveur de Désolations. On a ainsi parfois l’impression de lire une version longue, et quelque peu diluée, du premier ouvrage.

Alors que Sukwann Island se concentrait sur la confrontation entre un père et son fils, Désolations voit plus large et convoque toute une famille.

La retraite arrivant, Gary et Irene ont décidé d’aller vivre sur l’île de Caribou Island (le titre original du livre), en Alaska. Pour Gary, s’installer au milieu de la nature est le rêve de toute une vie. Sa femme, elle, est beaucoup plus sceptique.

« Si vous vouliez jouer les idiots et tester vos limites, voir jusqu’où les choses pouvaient mal tourner, c’était l’endroit idéal ».

Dire son nom, Francisco Goldman

Ecrit par Anne Morin , le Lundi, 29 Août 2011. , dans USA, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Christian Bourgois, La rentrée littéraire

Dire son nom, Trad. Anglais (USA) Guillemette de Saint Aubin. 440 p. 19€ . Ecrivain(s): Francisco Goldman Edition: Christian Bourgois


Ce livre peut être ludique et léger, ou impudique et pesant comme la mort, pas plus que la mort. C’est, comme tous les récits autour de la perte, une question résurgente : pourquoi ?

La femme du narrateur, Aura, apparaît, la plupart du temps, comme une créature éthérée : c’est un lutin, un elfe, une fée, un petit personnage déroutant, fantasque, doutant, insaisissable. Femme-enfant à la fois spontanée et réfléchie. Le narrateur, le mari, la voit ainsi dans un arbre après sa mort, où son sourire seul lui apparaît, si effrayé à l’idée qu’il puisse la manquer, l’oublier.

La vie d’avant Aura se fait irréelle, imprécise, improbable : a-t-il vraiment vécu avant ? Perpétuellement interrogés, remués, sont le destin, la chance, la mort et la vie et son jeu de roulette : une chance sur (?) qu’ils se rencontrent, une chance sur (?) qu’ils s’aiment… une chance sur (?) que la vague sur cette plage-là soit scélérate, la mauvaise… « Esta es mia » dira Aura, avant de la suivre.

L'intrusion, Adam Haslett

Ecrit par Didier Bazy , le Lundi, 15 Août 2011. , dans USA, Les Livres, Recensions, Roman, Gallimard

L'intrusion. 2010. 365 p. titre original : union atlantic trad. L.Viallet . Ecrivain(s): Adam Haslett Edition: Gallimard

 

Cherchez l'intrus.

Holland, patron de la banque d'affaires Union Atlantic, embauche le fils d'une veuve, Douglas Fanning. Doug a fait la guerre au Moyen-Orient. Pas très glorieux car il a participé de sang-froid a une bévue de taille. Le sang-froid du reptile est le véritable héros de ce roman très pragmatique. La trame est textile. Haslett a des doigts de dentelière. Arriviste comme pas deux, toujours très content de lui, Doug sort du ruisseau. Chargé du développement, il embauche son copain Mac Teague qui aura les coudées plus que franches pour courir les plus grands risques en zone asiatique. Ils ont misé gros avec ce qu'ils possédaient pas, et pire. Ils ont gagné. Mais pour combien de temps ? Malgré les apparences Doug n'est pas Gatsby. Ou alors un Gatsby inversé. Il en a les défauts et guère les qualités humaines. Doug profite des fruits de son « labeur ». Il fait construire un palais dans le quartier ultra huppé qui l'obsède depuis l'enfance. Sa voisine, Charlotte Graves, est aux antipodes. Décalée, son présent est la somme de son passé de professeur d'histoire et d'histoires. La traditionaliste cache toutefois son jeu.

Vice caché, Thomas Pynchon

Ecrit par Yann Suty , le Vendredi, 12 Août 2011. , dans USA, Les Livres, Recensions, Roman, Seuil

Vice caché. Traduction de l'anglais (USA) Nicolas Richard. Septembre 2010. 350 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Thomas Pynchon Edition: Seuil


Combien de critiques de livres de Thomas Pynchon parlent de la même chose ? Où il est question d’un auteur qui refuse de se montrer aux médias. Un homme dont on ne connaît de lui qu’une photo, à vingt ans. Pourquoi ce passage obligé ? D’ailleurs, qu’est-ce que ça peut faire ce que fait l’écrivain fait de sa vie ? Quel est l’intérêt ? Ce qui importe, c’est ce qu’il écrit. Est-ce que c’est bon ? Est-ce qu’on aime ? Est-ce que ça peut changer notre vie ?

C’est sans doute qu’il est beaucoup plus facile de gloser sur le personnage que sur une œuvre qui exige une concentration extrême à chaque page. Les personnages abondent, l’intrigue se démultiplie en sous-intrigues, en digressions, et fourmille de détails d’une érudition à faire pâlir un encyclopédiste. Souvent, on se perd. Parfois, c’est amusant, d’autres fois exaspérant et on a l’impression que Pynchon est beaucoup trop intelligent pour nous.

Son dernier opus est sans doute le livre idéal pour aborder son univers. Vice caché, c’est un peu Thomas Pynchon pour les nuls. On n’ira pas jusqu’à dire qu’il est idéal pour la plage, mais il est beaucoup plus linéaire que ses précédents ouvrages.

Carver revisité

Ecrit par Didier Bazy , le Lundi, 08 Août 2011. , dans USA, Les Ecrivains, Les Dossiers, Univers d'écrivains, Nouvelles, L'Olivier (Seuil)

Raymond Carver, Débutants. Parlez-moi d'amour . Ecrivain(s): Raymond Carver

Raymond Carver, Débutants
Traduit de l'anglais (américain) par J. Huet et J-P. Carasso.
Œuvres Complètes 1

Ed. de l'Olivier, 2010, 329 pages.

Raymond Carver, Parlez-moi d'amour
Traduit de l'anglais (américain) par G Rolin révisée par N Zberro.
Œuvres Complètes 2

Ed. de l'Olivier, 2010, 186 pages.


Carver revisité. Les lecteurs qui n'aiment pas relire seront gâtés. Le 1er volume est le recueil de nouvelles brutes que Carver avait publié çà et là dans des revues. Le second volume est le recueil de ces « mêmes » nouvelles revues et corrigées, amendées et concentrées, par l'éditeur Gordon Lish. Le premier tome est une mise en bouche. Le second, une plongée dans l'univers de Carver. Laissant aux philologues ce double outil pénétrant, nous traitons ici seulement et librement de quelques thématiques du monde selon Carver.