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Candor, Pam Bachorz

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 18 Novembre 2011. , dans USA, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Thierry Magnier, Jeunesse

Candor, traduit de l’anglais (USA) par Valérie Dayre, 2011, 383 p. 17 € . Ecrivain(s): Pam Bachorz Edition: Thierry Magnier

 

Candor est une cité de rêve. Tout s’y passe à merveille : pas de crime, pas de débordement, du luxe et de l’ordre. On y vit entre soi, entre personnes partageant les mêmes valeurs et les mêmes désirs. Les jeunes, en particulier, s’avèrent exemplaires : élèves parfaits, futurs citoyens modèles, investis dans toutes les tâches de la communauté, satisfaisant toutes les demandes de leurs parents.

Dans cette ville trop calme où jamais rien ne vient étonner, brusquer, choquer les habitants, résonne en permanence une douce musique. Elle joue dans les rues, dans les bâtiments. Elle est tellement familière qu’on ne la remarque plus. Or, la musique constitue le secret de cette cité magique. Emplie de messages subliminaux, elle formate les enfants des citoyens, à la demande de ces derniers, puisque l’entrée dans ce paradis entièrement sous surveillance leur a coûté fort cher. « Gardons toujours une distance respectueuse ». « La politesse avant toute chose ». « Candor est notre havre de paix ».


Père et fils, Larry Brown

Ecrit par Yann Suty , le Dimanche, 06 Novembre 2011. , dans USA, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Folio (Gallimard)

Père et fils (Father and son) Traduction de l’américain par Pierre Furlan Gallimard, 1996, 376 p. – Repris en Folio, n°3608, 2002, 436 p. . Ecrivain(s): Larry Brown Edition: Folio (Gallimard)

 

Le roman noir n’est jamais aussi bon que lorsqu’il vire en tragédie.

Même si ce livre évoque aussi, par son titre, la littérature russe, en reprenant celui de l’une des œuvres phares de Tourgueniev, l’histoire est très américaine et plonge dans le Sud cher à Faulkner. Ce Sud populaire et sale, de petits Blancs, au cœur d’une végétation luxuriante, battu par vents et tempêtes, où l’alcool coule à flots et le crime est toujours (trop) facile. Un décor idéal pour laisser le bien et le mal s’affronter.

Le mal, c’est Glen Davis qui sort de prison. Il y a passé trois ans pour avoir renversé un enfant au volant de sa voiture, alors qu’il conduisait en état d’ébriété. Il revient au pays, retrouve son père, Virgil, et son frère, Puppy. Mais ces années de prison ne l’ont pas calmé, bien au contraire.

Sa mère est morte pendant sa détention, mais personne n’ose révéler à Glen dans quelles circonstances de peur de se frotter à sa colère.

Le Grand Partout, William T. Volmann

Ecrit par Yann Suty , le Dimanche, 30 Octobre 2011. , dans USA, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits, Actes Sud, La rentrée littéraire

Le Grand Partout (Riding Toward everywhere), (2011), trad. de l’américain par Clément Baude, 240 p. 22 €, . Ecrivain(s): William T. Volmann Edition: Actes Sud

Le Grand Partout est le récit d’un périple mené à travers les Etats-Unis par William T. Vollmann, selon la méthode hobo. Suivant les traces d’illustres prédécesseurs comme Henry David Thoreau, Ernest Hemingway, Thomas Wolfe ou Jack Kerouac, Vollmann a pendant de longs mois sillonné le pays en grimpant dans des trains de marchandises, en toute illégalité.

Pendant des heures, il se retrouve à guetter un train dans lequel il pourra sauter, un train dont il ne connaît pas toujours la destination.

« Comme je n’avais aucune raison d’y aller, je me suis embarqué pour Cheyenne ».

Il doit aussi veiller à éviter les « bourrins » les forces de sécurité ferroviaire dont certains membres ont la violence plus que facile envers les hobos qui resquillent.

Le but de Vollmann, comme celui de nombreux hobos qu’il croisera, et avec lequel il fera un bout de route, est d’atteindre « le Grand Partout », où se trouve la légendaire Montagne Froide, lieu mythique décrit par des sages chinois … mais qui ne pourrait s’avérer qu’un leurre.

La couleur de la nuit, Madison Smartt Bell

Ecrit par Yann Suty , le Vendredi, 21 Octobre 2011. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Actes Sud, La rentrée littéraire

La couleur de la nuit (Color of night) (2011) 240 p. 22 € Traduit de l’américain par Pierre Girard . Ecrivain(s): Madison Smartt Bell Edition: Actes Sud

 

Mettons de côté ce titre, La couleur de la nuit (Color of night en VO), le même que celui d’un mémorable nanar avec Bruce Willis et Jane March. Titre aussi un peu bateau, aux allures de déjà vu et qui ne rend pas tout à fait compte de la teneur de ce petit joyau noir, très noir.

Les attentats du 11 septembre 2001 font replonger Mae dans son passé. Devant sa télé, elle reconnaît Laurel, son amour de jeunesse, avec laquelle elle a perdu contact depuis plus de trente ans. Elle se passe dès lors en boucle les images de l’apocalypse new-yorkais et ne songe qu’à retrouver son ancienne amie.

Les images de Laurel réveillent également la mémoire de Mae. Elle se rappelle cette époque flower power, au moment où les deux femmes s’étaient rencontrées. Elles avaient finies par se retrouver membres d’une secte, dirigée par D, « le visage de Dieu parmi nous », « notre père, notre mère à tous ». Entre deux partouzes et trips hallucinatoires, à ne plus savoir distinguer la réalité, ni qui est qui, ils partaient dans des virées meurtrières ne rappelant que trop celles de Charles Manson et de sa bande, comme le meurtre de Sharon Tate, la femme de Roman Polanski, alors enceinte.

Guerres et paix chez les atomes, Sam Kean

Ecrit par Didier Bazy , le Dimanche, 16 Octobre 2011. , dans USA, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jean-Claude Lattès, La rentrée littéraire, Contes

Guerres et paix chez les atomes, traduit de l’anglais (US) par Bernard Sigaud, 440 p. 10/2011. 23.00 € . Ecrivain(s): Sam Kean Edition: Jean-Claude Lattès

Le titre original est : the disappearing spoon, and others tales of madness, love and the history of the world from the periodic table of the elements.

On peut aussi bien traduire : la cuillère éclipsée, et autres contes de la folie, de l’amour et de l’histoire du monde à partir du tableau périodique des éléments.

La cuillère magique, souvent présentée dans les foires et toujours présentée dans les shows électroniques grand public, continue à surprendre. La magie, manipulation et prestidigitation, s’envisage aussi sous l’angle de l’obstacle épistémologique. Son destin traverse plusieurs phases, superposables dans le temps. Croyance, curiosité, frein au savoir et éradication de l’esprit scientifique. Mais ce n’est pas aussi simple. Et les éléments insécables (qui sont eux-mêmes devenus coupables) recèlent une poésie et une grammaire, une alchimie et un savoir, une psychologie et une sociologie, des mystères et des lumières qu’a su restituer Sam Kean dans un bel ouvrage littéraire (le peu d’illustrations pourrait souligner ce trait), ouvrage qui n’a rien à voir avec une « chimie pour les nuls ». A moins que ces pseudo-nuls troquent leur bêtise contre une candeur féconde.