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God's Pocket, Pete Dexter

Ecrit par Yann Suty , le Mardi, 03 Janvier 2012. , dans USA, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Points

God’s Pocket (A Nover), Points Roman Noir, traduit de l’anglais (USA) par Olivier Deparis, 384 p. 7,50 € (1983) . Ecrivain(s): Pete Dexter Edition: Points

 

God’s Pocket. Un titre mystique pour un livre qui ne l’est pas… tout à fait. Car il ne s’agit pas de « la poche de Dieu » ou d’une métaphore quelconque, mais simplement du quartier ouvrier de Philadelphie où se déroule le roman.

L’un des personnages, le journaliste du Daily News Richard Shellborn le décrit ainsi :


« Les ouvriers de God’s Pocket sont des gens simples. Ils travaillent, suivent les matchs des Phillies et des Eagles, se marient et ont des enfants qui à leur tour habitent le Pocket, souvent dans les maisons même où ils ont grandi. Ils boivent au Hollywood ou à l’Uptown, de petits bistrots d’aspect crasseux perdus dans la ville, et ils s’y débattent avec la passion des choses qu’ils ne comprennent pas. Politique, race, religion ».

Invisible, Paul Auster

Ecrit par Laurence Pythoud Grimaldi , le Jeudi, 22 Décembre 2011. , dans USA, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Actes Sud

Invisible, mars 2010, 294 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Paul Auster Edition: Actes Sud

« Arrive-t-il souvent qu’on entre dans un bar, qu’on y tombe sur un homme qu’on n’a rencontré qu’une seule fois et qu’on en ressorte avec une chance de lancer un magazine – spécialement quand le on en question est un rien du tout de vingt ans qui a encore à faire ses preuves sur tous les fronts ? »

Le roman est posé. Et les fils tendus. Une sorte de roman d’initiation, qui fait jouer le hasard, comme toujours chez Paul Auster, mais avec l’idée d’épreuve, au sens de défi et au sens d’inachevé : Invisible se lit en myope, obligé que l’on est de suivre idée après idée la progression du récit, sans pouvoir ni prendre distance ni se projeter une phrase plus loin. L’écriture colle à l’histoire dans une densité qui ne laisse aucune place à l’imagination créatrice du lecteur, phagocytée, et pour son plus grand plaisir, par l’auteur – d’anticiper ni même de comprendre exactement s’il se trouve dans un vrai roman ou dans un jeu d’écriture vertigineux. Les deux sans doute.

Un écrivain inconnu demande à un autre écrivain, connu, ami de jeunesse, perdu de vue, de lire et de faire publier le récit de sa vie. Il s’avoue très malade, et ses jours sont comptés. C’est son histoire qu’on lit dans un premier temps, puis l’histoire de cette histoire aujourd’hui. Ce sont les personnages que nous suivons alors, et pour quelques-uns aujourd’hui encore. Mais le départ en est le manuscrit « original », retranscrit scrupuleusement, sans filet, où le crime est omniprésent : subi ou souhaité, meurtre, inceste ; le cocktail est délirant.

Le plus bel âge, Joanna Smith Rakoff

Ecrit par Sophie Adriansen , le Mardi, 20 Décembre 2011. , dans USA, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Presses de la Cité

Le plus bel âge, traduit par Catherine Barret, août 2010, 620 p. 23 € . Ecrivain(s): Joanna Smith Rakoff Edition: Presses de la Cité

Qu’est-ce qui fait qu’un livre devient un coup de cœur ? Ce doit être un concours de circonstances personnelles, une alchimie…

A New-York, quatre filles et deux garçons, amis d’université, débutent dans la vie « active ». Tous rêvent et espèrent, mais le sort ne pourra les contenter tous, et la réalité se révèle bien différente. Les destins se croisent, les êtres se rapprochent et s’éloignent, les couples se font et se défont, les univers professionnels s’ouvrent ou se ferment.

Cette « chronique d’une génération perdue » porte surtout en elle la quête d’une place dans la société qui ne peut accorder autant d’attention à chacun.

Avec une profondeur que l’on retrouve presque exclusivement chez les auteurs étrangers, et en plus des 600 pages très denses, Joanna Smith Rakoff dresse un portrait sensible et exhaustif de ses six protagonistes.

Leurs ambitions, leurs concessions, le temps qui passe, la vie qui distend les liens et rend les échanges les plus personnels simplement conventionnels… Tout cela est dépeint à merveille.

L'enchanteur. Nabokov et le bonheur, Lila Azam Zanganeh

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Samedi, 17 Décembre 2011. , dans USA, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie, Récits, L'Olivier (Seuil)

L’Enchanteur. Nabokov et le bonheur. Trad. (anglais USA) Jakuta Alikavazovic. Octobre 2011. 228 p. 20 € . Ecrivain(s): Lila Azam Zanganeh Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Que faire de mieux, quand on écrit un livre qui porte le nom de bonheur dans son titre, que d’en faire un livre plein de bonheur ? Lila Azam Zanganeh n’y manque pas ! Son Nabokov, l’Enchanteur, est un remède contre toute forme déclarée ou pernicieuse, de déprime.

Ce livre est d’abord, bien sûr, une déclaration d’amour passionné à Vladimir Nabokov. « C’est là que j’ai découvert la texture du bonheur ». Rien moins ! Il nous faut avouer que cette entrée surprend a priori : Nabokov n’est pas – toujours – l’écrivain qui incarne le bonheur dans notre imaginaire de lecteur. On y voit volontiers des ombres, des malaises, une sexualité compliquée. Humbert Humbert, le héros de Lolita, ne symbolise guère un ciel sans nuage ! Non. C’est ailleurs que Lila Azam Zanganeh va chercher, au cœur de l’œuvre du maître, une source intarissable de bonheur. «  La joie profonde qu’inspirent Lolita ou Ada prend sa source ailleurs, dans une expérience de la marge et des limites (au sens quasi mathématique d’ouverture), qui devient celle de la poésie. Et cette poésie est félicité ou, comme le disait VN dans sa langue maternelle, en russe : blazhenstvo »

Les Griffes du Passé, Walter Mosley

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 11 Décembre 2011. , dans USA, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Editions Jacqueline Chambon

Les Griffes du passé (Known to evil). Nov. 2011. Trad. De l’anglais (USA) Oristelle Bonis. 355 p. 23 € . Ecrivain(s): Walter Mosley Edition: Editions Jacqueline Chambon

Walter Mosley est l’un des derniers dinosaures du roman noir américain. Il est tout droit sorti de l’univers irremplacé de l’âge d’or, celui de Raymond Chandler, de Davis Goodis, de Chester Himes. Son monde est pétri de la même pâte : la Ville, partout dévorante, létale, asphyxiée et pourtant d’une beauté écrasante. Les personnages de Mosley, depuis 20 ans et près de 20 livres, sont happés par la Ville comme des papillons par la lumière : ils s’y grillent les ailes mais n’en partiraient pour rien au monde. Le monde de Mosley est noir (dans tous les sens du terme, Walter Mosley, comme Chester Himes, est Afro-Américain) et mégapolitain.

Avec Les Griffes du Passé, on lit la deuxième enquête du nouveau héros de Mosley, Leonid McGill. Détective privé bien sûr (je vous l’ai dit, grand classique !), noir, désabusé, mais qui ne pourra jamais se défaire d’une croyance originelle en l’humanité. Malgré. Malgré tout. Et le « Tout » ce n’est pas rien !

A la recherche d’une jeune femme introuvable, Leonid va nous emmener dans un voyage improbable à travers un New York –évidemment – fascinant. Et pourtant tout a commencé par un coup de fil qui semblait annoncer une affaire des plus simples :