Identification

Nouvelles

Modèles réduits, Jacques De Decker

Ecrit par Christopher Gérard , le Dimanche, 15 Mai 2011. , dans Nouvelles, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Modèles réduits, Editions de la Muette, 18€. . Ecrivain(s): Jacques De Decker


La lecture de Modèles réduits, de Jacques De Decker, s’apparente à une dégustation de pâtisserie fine. Ce touche-à-tout des Lettres nous propose un recueil de nouvelles, publiées ici ou là (et notamment dans la revue Marginales) où se conjuguent charme, humour et gravité. Nous y suivons Jacques De Decker dans son exploration du Royaume des Belges, contrée étrange, tour à tour attachante et agaçante, aux lisières du ridicule comme aux antipodes du sublime. Qu’il mette en scène le père d’un élu, grabataire (le père, pas le fils qui lui se porte bien) empli d’une ironie féroce pour le « ramassis de politiciens véreux et de démagogues éhontés » que courtise son rejeton ; qu’il raille le tabagisme (« cette folie collective qui a frappé notre culture au moment où elle s’est affichée comme la première au monde ») ou les incohérences de notre STIB régionale, Jacques De Decker ne se départit jamais d’une bonhomie de sceptique désabusé, mais un sceptique qui aime rire, attaché à la vie et à ses plaisirs, dans la plus pure tradition brabançonne. Un « ennemi des certitudes » – attitude typique d’un peuple allergique aux messies – qui scrute les lézardes de notre petit monde ;

Les trois roses jaunes, Raymond Carver

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 01 Mai 2011. , dans Nouvelles, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, L'Olivier (Seuil)

Les Trois roses jaunes, Œuvres complètes, volume V, traduit de l'anglais par Françoise Lasquin, février 2011, 182 p., 15€. . Ecrivain(s): Raymond Carver Edition: L'Olivier (Seuil)


Ce volume rassemble sept nouvelles, les dernières publiées du vivant de l’écrivain. Tout comme le précédent volume, Les Vitamines du bonheur, il plonge le lecteur dans un univers a priori des plus banals mais où de petits rouages se grippent, se bloquent, créant tantôt la surprise, tantôt un étrange sentiment de malaise. On est dans la quatrième dimension.
Plusieurs nouvelles mettent en scène le couple, dysfonctionnel, recomposé maintes fois, tantôt hanté par une belle-mère aux pulsions vagabondes dans Cartons, tantôt par une hypocondrie aussi soudaine qu’irrationnelle dans Débranchés. Le narrateur dans Le Bout des doigts s’enferme dans ses recherches au point de ne pas réaliser que sa femme le quitte, se trouvant rejeté « en dehors de l’histoire, relégué au rang de l’anecdote ».
Cette voix, à chaque fois différente, qui se raconte, focalisée sur son propre point de vue, donne l’impression de sombrer doucement dans la folie, une folie ordinaire faite de petites obsessions et d’inconscience, d’incompréhensions et d’un zeste de fantastique.