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Nouvelles

Boy, Takeshi Kitano

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 11 Mai 2012. , dans Nouvelles, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Japon, Wombat

Boy, traduit du japonais par Silvain Chupin (Shônen), février 2012, 128 p. 15 € . Ecrivain(s): Takeshi Kitano Edition: Wombat

A travers trois nouvelles, Takeshi Kitano nous plonge dans ce monde de l’enfance et de l’adolescence qu’il a pu peindre ultérieurement dans ses films. Le lecteur s’aventure dans un espace-temps où les plus petits détails font tout, où le comique bouscule le drame. Une touche de mélancolie dans un univers à la Roald Dahl. Tête creuse, Nid d’étoiles, Okamé-san explorent chacune la difficulté d’être, d’être un garçon en particulier, au sein d’une fratrie, d’une famille, face aux autres enfants, face aux filles.

 

Tête creuse relate les retrouvailles entre deux frères qui s’étaient éloignés. A l’âge d’homme, les fêlures de l’enfance restent vivaces et  continuent à porter leur ombre sur le présent. Une conversation sur le golf réactive un souvenir commun, celui de la fête des sports où la vedette Tête creuse s’affirma par sa ténacité hors du commun. « Alors, sous mes paupières est apparue l’image bien nette de Tête Creuse. Il courait en titubant. Il courait, courait sans s’arrêter ». A l’école, Mamoru le narrateur se distingue par ses qualités physiques, alors que son frère Shin’ichi brille dans toutes les disciplines sauf en sport. Bonheur pour l’un, calvaire pour l’autre, la fête des sports restera dans leurs mémoires comme un moment clé. Celui où se forme leur personnalité et leur vision du monde.

The doors, 23 nouvelles aux portes du noir, ouvrage dirigé par Jean-Noël Levavasseur

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 07 Mai 2012. , dans Nouvelles, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Buchet-Chastel

The Doors, 23 nouvelles aux portes du noir, dessins de Riff Reb’s, 2012, 256 p. 17 € . Ecrivain(s): Jean-Noël Levavasseur Edition: Buchet-Chastel

23 auteurs de polar français, marqués par l’esprit du rock, proposent chacun une nouvelle inédite ayant pour fil conducteur le groupe mythique des Doors et le plus mythique encore, roi lézard, Jim Morrison. Ces 23 nouvelles sont classées dans un ordre chronologique fictif, s’étalant entre le 8 juillet 1965 et l’année 2005. On peut regretter le manque d’originalité de certaines, et donc une qualité inégale du recueil, mais l’ensemble se laisse lire facilement et a le mérite d’offrir un portrait rapide d’une époque et ce qu’il en reste.

Le côté sombre de l’Amérique des années 60, c’est d’abord le Viêt-Nam, thème abordé dans la première nouvelle, We’ll be home for Christmas de Pierre Mikaïloff, l’évocation de toute une jeunesse sacrifiée, à travers une correspondance entre un jeune Morrison, étudiant en cinéma, et un de ses amis qui lui envoie des poèmes depuis le front. Des poèmes qui portent des titres tels que Light my fire, Love me two times, The End

Il y a Charles Manson, qui apparaît dans la deuxième nouvelle, The ballad of Sarah J. de Thierry Crifo. On pense à Sarah Jane Moore qui en 1975 tentera d’assassiner le président Ford et à la chanson de Dylan.

Bartleby, Herman Melville

Ecrit par Didier Bazy , le Mardi, 17 Avril 2012. , dans Nouvelles, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, publie.net

Bartleby, François Bon (Traducteur), Collection Nos Classiques, 22/12/2011, 89 p. 0,99 € . Ecrivain(s): Herman Melville Edition: publie.net

« L’âme de l’homme est un vide immense et terrifiant ».

Melville. Pierre ou les ambiguïtés.

« Voilà… on se tait un tout petit peu parce que c’est [?] d’être sensible à la beauté d’un pareil texte ».

Deleuze, Cours du 29 octobre 1985.


Commencer par la fin et ouvrir l’appétit :

« Concevez un homme par nature et infortune enclin au désespoir blafard, est-ce qu’aucun poste ne serait plus apte à le rehausser que celui de continuellement manipuler ces lettres perdues, et de les livrer aux flammes ? Parce qu’on les brûle annuellement par pleines charretées. Parfois, du tas de papier, le terne commis trouve une alliance : le doigt auquel elle était destinée, peut-être, est devenu cendres ; un billet de banque offert par élémentaire charité : et celui à qui il était destiné ni ne mange ni même n’aura plus jamais faim ; de l’espoir pour ceux qui meurent sans espoir ; de bonnes nouvelles pour ceux qui meurent suffoqués par de constantes calamités. Aux courses de la vie, ces lettres conduisent à la mort.

Désaccords imparfaits, Jonathan Coe

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 16 Mars 2012. , dans Nouvelles, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Gallimard

Désaccords imparfaits, traduit de l’anglais par Josée Kamoun, février 2012, 99 p. 8,90 € . Ecrivain(s): Jonathan Coe Edition: Gallimard

Couverture : dans une tasse à thé, très Miss Marple, un poisson rouge, parti pour mourir ; le titre Désaccords parfaits sonne – excellemment – du côté des amours compliquées des gens, et aussi, si ce n’est surtout, de la musique… j’ajouterais, grammaire et accords des temps grinçants, pas tout à fait dans l’axe. Bref, du Jonathan Coe… ce sympathique futé, qui n’a pas son pareil, depuis – souvenez-vous Testament à l’anglaise prix Fémina étranger – pour observer, puis fusiller la verte Angleterre !

N’est-ce pas Coe qui écrivit en son temps cet essai : Un véritable naturalisme littéraire est-il possible, ou même souhaitable ? cela pourrait être le sous-titre de ce tout petit livret, riche de 4 nouvelles – sauce Coe.

On est en Angleterre ; Shropshire, ou, sur la côte de Cornouailles, et, il fait le temps qu’il faut par là : « à l’avant-veille du vendredi saint, le matin était gris et aéré »… on est au temps de l’enfance, exactement coloré comme ça : « photo… Tante Ivy et Oncle Owen sont assis sur leurs serviettes de plage, et sourient du sourire confiant et plein d’assurance de ceux qui ont survécu à une guerre, prospéré dans l’après-guerre, et ne sont pas encore touchés par les nouvelles incertitudes des années soixante ». Enfance frémissante de peurs accumulées – que de fantômes ! Enfin, on n’est pas toujours sûr…

Effets secondaires probables, Augusten Burroughs

Ecrit par Anne Morin , le Mercredi, 22 Février 2012. , dans Nouvelles, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Héloïse D'Ormesson

Effets secondaires probables, Nouvelles traduites de l’anglais (USA) par Samuel Sfez, sortie le 23 Février 2012, 334 p. 22 € . Ecrivain(s): Augusten Burroughs Edition: Héloïse D'Ormesson

Délirant, peu souvent méchant, grinçant, le ton acéré d’Augusten Burroughs, révélateur. A travers un prisme déformant, un kaléidoscope de sentiments, de pensées infuses, changeant mais mettant à chaque fois l’accent sur une malformation, un travers, une anomalie, le génome d’une certaine Amérique, valant d’autant que la révélation émane d’un Américain et non du regard (souvent) critique d’un étranger. Un regard qui s’en prend, d’abord, dès l’abord, à soi-même, exagéré et caustique :

– La consommation, (p.29) « Nous – les Américains – ne voulons que des produits fabriqués en laboratoire, testés sur des femmes et des animaux, puis emballés dans du plastique et estampillés à l’image du dernier film de Disney ».

– La course au dédommagement, (p.98) « Rien n’impressionne plus les personnes – ni la gloire, ni un diplôme dans une université de l’Ivy League – qu’une grosse compensation financière à la suite d’un problème médical ».

– Les mauvaises habitudes alimentaires, (p.256) « Alors comme ça, ces enfoirés de Crocker Farms pouvaient manger des frites et des Big Mac tous les jours ? – à la cantine scolaire – Tandis que nous avions des pizzas plates au goût sucré, encore congelées au milieu ».