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Nouvelles

Scènes de vie villageoise, Amos Oz

Ecrit par Anne Morin , le Jeudi, 17 Novembre 2011. , dans Nouvelles, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Folio (Gallimard), Israël

Scènes de vie villageoise, 6,20€. . Ecrivain(s): Amos Oz Edition: Folio (Gallimard)

Pardon à ? - pour ? - ceux qui voient ces Scènes de vie villageoise comme une comédie humaine, au prétexte aussi que les personnages resurgissent d'une histoire à l'autre. Peut-être n'ont-ils pas effleuré le sommaire :


Les héritiers

Les proches

Creuser
Perdre
Attendre
Les étrangers

...Chanter
Ailleurs, dans un autre temps.

Nouvelles du jour et de la nuit, Hubert Haddad

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 07 Octobre 2011. , dans Nouvelles, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Zulma

Nouvelles du jour et de la nuit, Nouvelles du jour, coffret de 5 recueils de nouvelles, 30 € – Nouvelles de la nuit, coffret de 5 recueils de nouvelles, 30 € . Ecrivain(s): Hubert Haddad Edition: Zulma

 

« Aujourd’hui comme hier, le temps trousse une vague mélodie de marin, certainement miraculeuse qui enchaîne les secondes aux nuits et les jours aux saisons »… Revoilà, pour le plus grand bonheur de ses lecteurs, l’écriture, l’inimaginable imaginaire du « prince de la nouvelle » : Hubert Haddad.

Zulma, et ses publications raffinées, comme autant d’orfèvreries persanes, a vingt ans et fête cet anniversaire en nous offrant un pur joyau : Nouvelles du jour et de la nuit. Deux coffrets de cinq recueils de nouvelles, chacun ; graphisme épuré, mais chatoyant à l’œil, comme ces écrins de parfums rares, musqués façon Arabie ; bleu des mers du sud pour « la nuit », orangé – soleil d’Afrique – pour « le jour ». A l’intérieur, chaque livret soigné, sans ostentation, décline le motif du coffret en un panaché de couleurs précieuses, faisant cette fois penser à des chocolats de luxe : c’est beau, c’est goûteux ; c’est Noël en été !

Carver revisité

Ecrit par Didier Bazy , le Lundi, 08 Août 2011. , dans Nouvelles, Les Ecrivains, Les Dossiers, Univers d'écrivains, USA, L'Olivier (Seuil)

Raymond Carver, Débutants. Parlez-moi d'amour . Ecrivain(s): Raymond Carver

Raymond Carver, Débutants
Traduit de l'anglais (américain) par J. Huet et J-P. Carasso.
Œuvres Complètes 1

Ed. de l'Olivier, 2010, 329 pages.

Raymond Carver, Parlez-moi d'amour
Traduit de l'anglais (américain) par G Rolin révisée par N Zberro.
Œuvres Complètes 2

Ed. de l'Olivier, 2010, 186 pages.


Carver revisité. Les lecteurs qui n'aiment pas relire seront gâtés. Le 1er volume est le recueil de nouvelles brutes que Carver avait publié çà et là dans des revues. Le second volume est le recueil de ces « mêmes » nouvelles revues et corrigées, amendées et concentrées, par l'éditeur Gordon Lish. Le premier tome est une mise en bouche. Le second, une plongée dans l'univers de Carver. Laissant aux philologues ce double outil pénétrant, nous traitons ici seulement et librement de quelques thématiques du monde selon Carver.

Sonate cartésienne, William Gass

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 06 Août 2011. , dans Nouvelles, Les Livres, Critiques, USA, Le Cherche-Midi

Sonate Cartésienne (Le Cherche Midi, Collection LOT 49, 20 €) . Ecrivain(s): William Gass Edition: Le Cherche-Midi

Deux ans après la publication française de son monumental Tunnel, résultat de près de trente ans de travail, William H. Gass revient avec un recueil de quatre longues nouvelles comme autant de mini romans. Il y est question d’une femme extra-lucide ; d’un comptable itinérant spécialiste des bidouillages qui tombe sous le charme d’une chambre d’hôtes ; d’une vieille fille amatrice de poésie et tueuse de mouches ; d’un homme devenu un orfèvre dans l’art de la vengeance secrète. Autant de portraits de solitudes et de personnages dont l’existence est faussée par leur perception de la réalité.

Le titre du recueil, Sonate cartésienne, pourrait annoncer un mélange de musique et de philosophie, d’émotion et la raison. Et de musique, il en est bel et bien question, non pas au niveau des sujets abordés mais d’une écriture que Gass compare lui-même à un « thème musical ». Les variations de rythmes alternent, la phrase se fait ample, enveloppante, s’étire sur trois pages avant de brutalement devenir plus saccadée et de multiplier les coupures.

Ainsi qu’il l’affirme, William H. Gass fait la leçon. Et il la fait bien. Il n’est pas du genre à jouer les faux modestes (« Mon Dieu, rappelez-vous que je suis censé penser, sentir et voir pour tout le monde – vous vous en rendez compte ! – c’est ça le vrai boulot de l’auteur, et tout ce temps-là le Christ roupille dans son fauteuil »). Il a parfaitement conscience de son talent et il entend le démontrer en s’amusant avec le lecteur (avec des phrases du type : « Le lecteur attentif aura remarqué »), en disséminant des néologismes ici et là ou en faisant varier la narration de points de vue. Bref, n’est-il pas un excellent écrivain pour tous ceux qui veulent écrire ?

Les nouveaux contes de la cité perdue, Richard Bohringer

Ecrit par Didier Bazy , le Mercredi, 20 Juillet 2011. , dans Nouvelles, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Les nouveaux contes de la cité perdue, 2011, 175 p, 15 €. . Ecrivain(s): Richard Bohringer Edition: Flammarion

Les schizoanalystes auront ici des grains à moudre. Mais pour quelle farine ? Et pour quel pain ?

Tout le monde ou presque aime bien Richard Bohringer. Il est humain, très humain, hyper humain. Il parle comme tout le monde, il se met en colère comme tout le monde et c’est pour ça qu’on l’aime bien, Richard Bohringer.  D’écrans en librairies, d’occident en accidents, le monde des animateurs criticopolitiques sourit à sa bonne gueule, sacrée gueule. RB sort du 7ème art et livre son 7ème livre.

Les résumés du livre sont partout, alors…

Mais voilà, sur le fond :
 rien de nouveau sous le soleil ! Le malheur, encore le malheur, on veut bien, oui, mais quelques épices d’humour, une pincée de distance, une once d’ironie même, une fraction homéopathique d’aromates sauvages ou autres herbes eussent agrémenté une lecture haptique ou l’eussent rendue moins contrainte voire obligée.

Mais voilà, sur la forme : « Moi j’ai pas de syntaxe : mon style c’est la syncope… » entendons-nous à l’envi sur nombre de tuyaux archi communicants. Et préfère l’impair de la sainte taxe de la sainte coupe – pourquoi pas ? – car RB nous y invite, façon post Ferré, mais vraiment post post. Et puis ça continue.