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Articles taggés avec: Devaux Patrick

Lui dit-elle Pour un absent, Anne Perrin (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Mardi, 15 Janvier 2019. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie, Z4 éditions

Lui dit-elle Pour un absent, novembre 2018, 112 pages, 12 € . Ecrivain(s): Anne Perrin Edition: Z4 éditions

 

Rare d’avoir deux écritures dans un même livre de poèmes. Anne se démultiplie d’écritures pour faire vivre, de façon très scénique, deux personnes qui se sont aimées aux antipodes de ce qu’il y a moyen d’être. Double écriture mettant littéralement en scène, voire en scénario, deux vies qui semblent vivre à la fois ailleurs (psychologiquement) et dans la même habitation (physiquement), l’une dans la pénombre avec une lumière filtrante (Elle) et Lui dans un noir terrible qu’il a lui-même initié :

« LUI

Dans cette chambre mansardée, ça pue la mort ».

ELLE

… je brode et je brocarde ton nom

dans les serrures

scellées

L’écriVeine ou comment le virtuel s’allia à la poésie, Véronique Roppe (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Mardi, 08 Janvier 2019. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman

L’écriVeine ou comment le virtuel s’allia à la poésie, éditions du Rapois, 2018 . Ecrivain(s): Véronique Roppe

 

Deux personnes s’échangent des mots, des phrases, des idées via les réseaux sociaux. La rencontre, forcément fortuite, se précise crescendo suivant les idées qu’ils se font l’un de l’autre, chacun accentuant ses positions en fonction du portrait qu’il/qu’elle s’en fait par claviers interposés :

« H : Toujours en forme ?

V : Oui, j’ai craint un instant d’avoir fait fuir le poète-papillon ».

La réserve de l’un n’a d’égale que la passion progressive et dévorante de l’autre :

« V : J’ai fait le premier pas, je crois, et même les cent suivants. Je ne vous ai pas fait signe tout bas, ce n’est pas dans ma nature, hélas. Je suis en attente de vous, de vos sages réponses à mes mails enflammés. Il est un aspect de ma personnalité que vous devez connaître : j’ai besoin d’aimer, d’être aimée, et ce, dans chaque aspect de l’Amour… ».

De soufre et de miel, Silvana Minchella (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Mardi, 11 Décembre 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie

De soufre et de miel, éditions Chloé des Lys, poèmes, 2018, 48 pages . Ecrivain(s): Silvana Minchella

 

D’emblée, l’auteur annonce la couleur ; point d’évocation idyllique de l’amour, mais s’agissant plutôt de « flammes vacillantes Au creux des mains D’âmes Eteignoirs D’âmes Leurres ».

Les ressentis sont puissants dans le jeu Lui/Ellealternant la sensation de l’approche initiale pour se complaire dans l’acte commun. L’unicité du cœur et du sexe de l’une n’a d’égal qu’une sorte d’abdication de l’autre, les approches sexuelles et affectives étant différentes. Le court texte, actif, disposé en longueur, ajoute à l’agissement.

Quelque chose de la biche aux abois du côté femelle vacillante sur ses phéromones alors que la position mâle semble avoir trouvé sa proie : « Qu’importe La forme que Tu as choisie Ta vibration T’a trahie ». La stupeur de l’évènement d’amour ajoute à l’attente tant espérée puis « dans les yeux S’ouvre Une porte Dimensionnelle Et nos âmes Sont espérées Dans un monde Parallèle ».

La fusion des corps n’a d’égale que celle des esprits qui l’organisent. Le désir va crescendo.

Très doucement, Jacques Sojcher (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Lundi, 26 Novembre 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie

Très doucement, éditions Au coin de la rue de l’Enfer, avec cd enregistrement de Monique Dorsel, 2015 . Ecrivain(s): Jacques Sojcher

 

Ce besoin de douceur que chacun a en nous renvoie à l’origine de ce que devrait être l’Humanité, ce que tente d’initier le poète écrivant « quelques mots sur un carnet pour ne rien perdre de la perte ».

Kaléidoscope de la vie courante d’amour entre les gestes les plus quotidiens observés de manière à les laisser découvrir. Beaucoup de mots mêlés autant que « l’immense, l’immense manque ». Etrange quête à chercher entre les phrases l’instant salvateur du souvenir d’enfance : « histoire perdue, dont il ne reste que la mémoire floue ».

Poésie de situation, presque de scénario cinématographique de manière à susciter l’émotion à travers l’instant qui évoquerait le moment idéal. Quelque chose de la « madeleine de Proust » avec la religion pour témoin, ce qui sacralise l’évènement musicalisé d’anges enchanteurs, même si derrière l’ange se cache la femme idéale, recherchée, unique avec le risque trop imagé de transcender une sorte de maternité perpétuelle :

Maldonnes, Virginie Vanos (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Mercredi, 21 Novembre 2018. , dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

Maldonnes, Virginie Vanos, Edilivre, janvier 2018, 146 pages, 13,50 €

 

L’ambiance et les rencontres dans une modeste épicerie de quartier ont tout de charmant si ce n’est que le quotidien, transcendé d’apparences diverses, n’en anime pas moins les esprits suscitant la passion comme l’inspire ce dialogue (c’est le frère de l’héroïne qui parle) : « Je te l’accorde bien volontiers, mais sans rire, on dirait que tu es folle de cette cliente. Si je ne te connaissais pas aussi bien, je dirais que tu as viré de bord et que tu es follement amoureuse ».

Entre égérie, monde à paillettes et l’épicerie du coin sans compter sur les différents caractères entre personnes, il y a un tel monde de différences que la gêne aux entournures, malgré la passion, reste palpable, allant crescendo.

Le monde des apparences, plus qu’insinué dans les dialogues, en prend un coup : « J’en ai ras le bol de ce maudit parfum, juste bon à pomponner les rombières à la bichon maltais. Vous savez le temps que ça a pris pour concevoir cette image ? Je ne parle pas de la préproduction, dont j’ignore tout ».