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Poètes du monde (Lectures choisies), Pierre Tanguy (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Jeudi, 29 Février 2024. , dans La Une Livres, Anthologie, Les Livres, Critiques, Poésie

Poètes du monde (Lecture choisies), Pierre Tanguy, Editions Sauvages, janvier 2024, 140 pages, 16 €

 

Pierre Tanguy ou l’expérience poétique !

La poésie est le monde et Pierre Tanguy en est un des passeurs. Il passe de livre en livre, de continents en hémisphères, de nuages en feuilles. Il va dans tous les pays, visite toutes les traductions, fouine et fouille, il débusque, il attise et il nous comble. Après ses Poètes de Bretagne, ses Écrivains en Bretagne, voici donc, aux éditions Sauvages à Quimper, Poètes du monde.

Pierre Tanguy en est un, qui les connaît (presque) tous !

Il nous livre son anthologie discrète, douce, précise autant que cohérente. Un paravent dans les brouhahas, un ciré jaune par temps d’ondées médiatiques, un pare-toc sans plastoc !

Son sous-titre vient de l’antique : Lectures choisies avec des parenthèses autour !

Je cherche un homme, Hugo Chereul (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Jeudi, 25 Janvier 2024. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman

Je cherche un homme, Hugo Chereul, éditions Mané Huily

 

Le civet Chereul

 

Certains écrivent comme d’autres peignent.

Lisant Hugo Chereul, j’avais Jean Rustin en tête ou Paul Rebeyrolle en fond de rétine. Une peinture dure, une peinture des sens et du cri, de la matière fécale ou humorale. Rustin et Rebeyrolle, par exemple, nous disent de regarder et, en même temps, nous retournent le regard à l’intérieur. Viscéralement, tripaillhaineusement.

Chereul est de cette toile intérieure, de ce coup de pinceau, une écriture au couteau.

Correspondance 1968-1978, Pierre Pachet, Georges Perros (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Lundi, 15 Janvier 2024. , dans La Une Livres, Les Livres, Correspondance

Correspondance 1968-1978, Pierre Pachet, Georges Perros, Editions Le Bruit du temps, août 2023, 224 pages, 24 €

 

Deux géants minuscules Perros/Pachet

Entrer dans une correspondance tient de l’impudeur magnifique ! Quel étrange plaisir quand les épistoliers sont deux auteurs tant lus et relus, tant aimés, allez, déclarons notre flamme. Tant aimé Georges Perros, tant regretté Pierre Pachet.

Lire leurs courriers, c’est entrer dans leurs fabriques, leurs inquiétudes, voire aller jusqu’à la pointe de l’aiguille de leurs solitudes extrêmes. Soudain les abris intimes s’ouvrent un peu, à l’entrebail de soi et de l’autre.

PP à GP : Ma lettre est pleine de tout ce que je n’ai pas écrit. Je reste muet devant le papier, à rejeter des phrases.

La Danseuse, Patrick Modiano (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Mercredi, 29 Novembre 2023. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Gallimard

La Danseuse, Patrick Modiano, Gallimard, Coll. Blanche, octobre 2023, 112 pages, 16 € . Ecrivain(s): Patrick Modiano Edition: Gallimard

 

Modiano

Le livre d’entre

Si lire Modiano vous éloigne de tout, profitez ! Le dernier Modiano nous éloigne des pesanteurs du temps, des surcharges de l’espace et du zoo des autres.

Lire Modiano propulse en apesanteur !

Paradoxe : Modiano est l’écrivain le plus méticuleux à rendre le temps, l’espace et les autres, les brouillant dans un brouillard qui n’est pas si épais. Plutôt un voile qu’il soulève où chacun, les volontaires seulement, glissent.

Il y a, pour le lecteur, un volontariat à plonger dans l’univers de Modiano, et ce depuis des décennies, La place de l’étoile, via Pedigree, tout ce temps que Modiano nous donne à lire ça : l’épopée sans bruit de chaque mémoire. La ronde sans fin d’une nuit qui ne finit qu’en un jour si court, l’éclaircie.

À pied d’œuvre, Franck Courtès (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Jeudi, 23 Novembre 2023. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Récits, Gallimard

À pied d’œuvre, Franck Courtès, Gallimard, août 2023, 192 pages, 18,50 € Edition: Gallimard

 

 

Le choix de soi de Franck Courtès

À pied d’œuvre publié à la Nrf devait s’appeler Manoeuvre. Ça collait mieux. La Nrf avait déjà dans ce catalogue un livre sous ce beau titre.

Un brain-storming plus tard, Courtès a son titre !

Courtès est bel et bien le manœuvre qui se tape les étages, descend les charges, braque ses ménisques, abîme ses mains. En sang ses mains et à l’œuvre. Courtès est de ces prolétaires du stylo dont l’âme vole entre parts d’ange et d’encre.